Les week-ends se suivent mais ne se ressemblent pas toujours
En faisant visiter Sol Béni à un ami en ce
début de semaine, celui-ci est tombé sur le dernier numéro de notre magazine.
Parcourant rapidement les pages, il s’arrêta sur le titre de l’éditorial : «
Un week-end plein de promesses ». Avec un sourire teinté d’ironie, il me
lança : « Voilà un optimisme courageux… au vu du week-end que vous venez de
vivre. » Il faisait évidemment référence à la récente défaite de notre
équipe professionnelle, un revers douloureux que personne au club n’élude. Je
lui ai alors précisé que l’édito évoquait le week-end précédent, celui qui
avait vu la victoire de nos deux équipes le même jour, illustrant une dynamique
collective positive.
Cette anecdote en dit long sur la vitesse à
laquelle l’actualité sportive se consume. Dans le football plus que partout
ailleurs, un résultat en chasse un autre. Les émotions se succèdent à un rythme
effréné. Les certitudes d’un jour deviennent les doutes du lendemain, et
inversement. Une victoire convaincante installe la confiance ; une défaite la
fragilise aussitôt. Le temps médiatique ne laisse que peu de place au recul, à
l’analyse, à la perspective.
Pourtant, la réalité d’un club comme l’ASEC
Mimosas ne se résume jamais à quatre-vingt-dix minutes, aussi marquantes
soient-elles. Une saison est une trajectoire faite de hauts et de bas, de
périodes fastes et de passages plus délicats. Ce qui compte, ce n’est pas
l’instant isolé, mais la constance dans l’engagement, la rigueur dans le
travail quotidien et la capacité à rester fidèle à ses principes lorsque
survient l’adversité.
Nos joueurs et nos joueuses savent que
l’exigence est permanente. Ils savent aussi qu’il est rare qu’une équipe, même
la plus ambitieuse, ne gagne tous ses matchs. Le très haut niveau impose
humilité et persévérance. Un championnat ne se remporte ni en septembre, ni en
janvier, ni au détour d’un seul week-end. Il se construit dans la durée, par
l’accumulation de performances solides, par la gestion des temps faibles et par
la capacité à rebondir après les contretemps.
Les week-ends se suivent, effectivement, mais
ne se ressemblent pas toujours. C’est là toute la beauté et toute la rudesse du
football. À nous de ne pas nous laisser emporter par l’émotion immédiate,
qu’elle soit euphorique ou décevante. À nous de garder le cap, de continuer à
travailler avec méthode et conviction.
Car
au bout du compte, ce sont la continuité dans l’effort et la fidélité à notre
projet qui font les grandes saisons — et les grands clubs.
Benoît
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