Le football, fabricant d'émotions
Pendant que le Mur Jaune célébrait avec
passion les nouveaux titres de champions de Côte d'Ivoire de nos équipes
masculines et féminines, et que nos différents staffs techniques poursuivent la
préparation de la prochaine saison, le cœur du football mondial continue de
battre de l'autre côté de l'Atlantique.
Depuis plusieurs semaines, l'Amérique du
Nord vit au rythme de la Coupe du Monde. Avec trois ou quatre rencontres chaque
jour, son lot d'exploits, de surprises et de scénarios improbables, la
compétition offre aux amoureux du ballon rond un spectacle permanent. Une
véritable fête du football où chaque journée apporte son corollaire d'émotions
et de rebondissements.
Les supporters ivoiriens ne sont
d'ailleurs pas en reste. Après deux journées de compétition, les Éléphants nous
ont déjà fait voyager à travers toute la palette des sentiments que seul le
football est capable de provoquer. Il y eut d'abord la joie et la fierté après
cette belle victoire face à l'Équateur. Puis vint la frustration, presque la
cruauté, après cette défaite concédée dans les derniers instants face à la
sélection allemande.
Car ce match avait tout d'un grand film
d'action. Pendant plus d'une heure, les rêves les plus fous semblaient permis.
Face à l'un des géants du football mondial, nos représentants tenaient tête,
mieux encore, faisaient douter leur prestigieux adversaire. Certains, emportés
par l'enthousiasme des soixante premières minutes, n’hésitaient plus à imaginer
un destin de champion du monde à cette équipe ivoirienne.
Puis le football a rappelé sa nature
profonde.
À la 87e minute, lorsque Nicolas
Pépé s'échappait avant de
servir Simon Adingra,
l'espoir paraissait immense. Quelques instants plus tard, tout basculait. Les
Allemands renversaient la situation et plongeaient des milliers de supporters
dans l'incompréhension et la déception. Entre ces deux moments, à peine
quelques minutes s'étaient écoulées. Quelques minutes qui résument à elles
seules toute la magie de ce sport.
Et ce n'est certainement pas terminé.
Les plus belles histoires restent encore
à écrire. Certaines sélections verront leur aventure s'arrêter prochainement.
D'autres poursuivront leur rêve. C'est la loi du sport et c'est ce qui rend
cette compétition si captivante.
Au-delà des résultats, cette Coupe du
Monde démontre également qu'élargir l'accès à la compétition n'était peut-être
pas une si mauvaise idée. Certes, l'augmentation du nombre de participants a
suscité des interrogations. Mais elle permet aujourd'hui à des nations parfois
méconnues du grand public de se faire connaître, de raconter leur histoire et
de faire vibrer tout un peuple derrière un ballon.
Et lorsque le
football offre de la fierté, de l'espoir et du bonheur à des millions de
personnes à travers le monde, alors il a déjà réussi sa mission.
Benoît YOU