30 !
Le chiffre a
quelque chose de majestueux. Trente. Rond, symbolique, presque monumental.
Dimanche dernier, à Yamoussoukro, l’ASEC Mimosas a inscrit une nouvelle ligne
dorée à son histoire en décrochant son 30e titre de champion de Côte
d’Ivoire. Un sacre de plus, certes, mais surtout une confirmation éclatante
d’une régularité et d’une domination qui traversent les générations.
Trente titres.
Derrière ce nombre se cachent des milliers d’entraînements, des saisons de
sacrifices, des générations de joueurs, d’éducateurs, de dirigeants et
d’Actionnaires qui ont tous contribué à bâtir cette institution unique. Ce
chiffre n’est pas seulement une statistique.
Il est le reflet d’une culture de l’excellence, d’une exigence
permanente et d’une ambition jamais reniée.
Depuis 1960, année
du premier championnat national après l’indépendance de la Côte d’Ivoire, le
football ivoirien a connu de grandes pages, de belles rivalités et des clubs
prestigieux. Mais une constante demeure : l’ASEC Mimosas y occupe une place à
part. En remportant ce 30e titre, notre club s’adjuge pratiquement
un championnat sur deux depuis la création de la compétition. Une performance
qui dépasse la simple suprématie sportive ; elle raconte une histoire de
constance là où tant d’autres n’ont connu que des cycles.
Un titre sur deux.
Cette formule résume à elle seule l’empreinte laissée par l’ASEC Mimosas sur le
football ivoirien. Pendant que nos adversaires se disputaient les miettes de
l’histoire, notre club écrivait la sienne avec méthode, patience et vision. Notre
poursuivant le plus proche compte 17 titres et n’en a plus remporté depuis une
quinzaine d’années. L’écart n’est pas seulement comptable, il est symbolique.
Il mesure la distance entre un club et une institution de référence.
Mais ce 30e
sacre ne doit pas être vu comme un aboutissement figé. Il est une étape, un
passage de témoin entre générations. Ceux qui ont gagné hier inspirent ceux qui
doivent gagner demain. À l’ASEC, le passé n’est jamais un refuge ; il est aussi
une responsabilité.
Ce titre est aussi
celui de la fidélité. Celle des supporters, des Actionnaires, de tous ceux qui
continuent de croire en ce maillot jaune et noir comme en un patrimoine commun.
Il récompense un groupe, un staff, une direction, mais aussi une identité forgée
depuis des décennies.
Trente titres, ce
n’est pas seulement un record. C’est une signature. Celle d’un club qui, depuis
plus de soixante ans, refuse la banalité et fait de la victoire une habitude.
Et à l’ASEC Mimosas, les habitudes ont souvent le goût de
l’histoire.
Benoît YOU