Éditorial :

Voyager pour revenir plus fort !

Les compétitions interclubs continentales, qu’elles soient africaines, européennes ou asiatiques, sont souvent le théâtre de rencontres indécises et d’histoires particulières. En Afrique particulièrement, pour diverses raisons, elles sont aussi et surtout, à chaque fois, des aventures au cours desquelles joueurs et encadreurs sont soumis à des péripéties incroyables, d’autant plus lors des déplacements à l’étranger. Écouter les membres de la délégation raconter leur périple est toujours un moment plein de surprises, d’émotions… et très souvent de fous rires ! Malgré cela, chaque saison, nous nous battons tous pour y accéder, tant son parfum est inégalé.

 

Gadji Celi chantait déjà dans les années 90, dans sa célèbre chanson « Attention, Mimos arrivent » :

 

        « On est fatigué de la coupe de chez nous.

        Aujourd’hui, on veut goûter la Coupe d’Afrique.

        Demain, on s’occupera du monde entier ».

 

Cette attirance pour l’ailleurs ne doit pas faire oublier que le visa d’entrée n’est accordé par la CAF que par les résultats des clubs dans leurs championnats locaux, en attendant la création de la future Superligue africaine, annoncée « fermée », c’est-à-dire que les 20 clubs retenus ne le seraient pas sur les résultats sportifs de la saison précédente. Difficile à accepter sur le plan moral, mais validé sur le plan financier qui guide aujourd’hui la plupart des décisions des instances internationales. Nous nous souvenons tous de l’âpreté de la lutte qui nous a permis d’obtenir ce précieux droit d’entrée, d’autant plus dur à acquérir que le classement de la Côte d’Ivoire ne nous accorde qu’une seule place en Ligue des Champions, au vainqueur de la ligue nationale !

 

Si ces déplacements ne sont pas des parties de plaisir, ils donnent aux joueurs, aux encadreurs et à tous les membres du club, la possibilité d’aller voir ailleurs, de sortir du cocon national et ainsi de mieux voir de quoi leur quotidien est fait. Ces allers-retours sont très utiles à tous pour appréhender le réel et devenir plus fort chez soi. Que ce soit au centre de formation ou en équipe professionnelle, notre club s’est forgé au fil des années, une culture du déplacement, pour permettre à nos joueurs et à notre staff d’être les mieux armés lors de ces joutes internationales. Prendre l’avion, affronter des climats différents dans des pays où l’on ne parle pas français et où la nourriture n’est pas celle à laquelle nous sommes habitués. Autant de difficultés à surmonter qui peuvent être un handicap à la performance lors de ces matchs décisifs si l’on n’y est pas préparé.

 

Il n’est jamais aisé de s’imposer à l’extérieur en Ligue des Champions. L’attitude et le comportement de nos joueurs lors du match aller du Tour préliminaire de la Ligue des Champions disputé samedi dernier à Thiès contre TEUNGUETH FC a montré que, malgré le peu de vécu de certains joueurs dans cette compétition, ce groupe dispose d’une bonne dose de maturité et de confiance. Voilà un bon signe pour la saison à venir même si cela devra, bien évidemment, être confirmé lors du match retour de ce dimanche à Abidjan pour obtenir le sésame vers le 2e tour prévu au mois d’octobre prochain.

 

Benoît YOU