Éditorial :

A la recherche de la formule magique !

A l’heure de la mondialisation, des réseaux sociaux et du tout numérique, les défis majeurs du 21ème siècle pour toutes les entreprises de spectacle sont de capter l’attention et l’intérêt du plus grand nombre, dans le monde entier, le plus longtemps possible. Pour cela, tous les organisateurs et diffuseurs sont à la recherche de la formule magique et doivent en permanence s’adapter à l’évolution de la demande, toujours plus volatile, notamment chez les jeunes générations, qui peuvent en même temps regarder d’un œil un match de football à la télévision, chatter sur leur smartphone avec l’autre œil et (avec un troisième œil certainement !) acheter leur repas ou toute autre chose sur leur ordinateur portable.

 

Ainsi, dans le cadre de son projet de Super Ligue européenne qui a fait l’actualité du football la semaine dernière, le Président du Réal Madrid disait que « le football doit évoluer comme tout le reste de la société. Il faut s’adapter. Aujourd’hui, le football perd de son intérêt. Les audiences baissent. Les droits TV aussi. 40% des jeunes de 16 à 24 ans ne sont pas intéressés par le football, car il y a trop de matchs de mauvaise qualité. Les adolescents sont plus intéressés par les jeux vidéo et toutes les autres distractions numériques (Netflix, Facebook, Instagram …) que par le football et nous devons faire quelque chose pour les y ramener ».

 

Si le projet de Super Ligue n’était certainement pas la bonne formule, il ne faut surtout pas prendre la popularité du football pour acquise. Au temps de la Rome Antique, le grand Jules César pensait lui aussi que la plus grande attraction de l’époque, la course de chars, existerait pour toujours. Or les chars sont depuis longtemps dans les musées ! Dans le même ordre d’idées, qui aurait pu imaginer, dans les années 1990, alors que l’ASEC Mimosas et l’Africa Sport remplissaient les stades, que nous jouerions dès le début des années 2000 dans des stades au public clairsemé ?

 

Tous les sports doivent faire preuve de créativité et tentent de s’adapter soit en modifiant certaines règles (Introduction de l’assistance vidéo en Rugby, football ou tennis – Introduction de la ligne des tirs à 3 points au Basket – Passage de 2 mi-temps de 20 mn à 4 quart-temps de 10 mn au Basket – Balle plus grosse au Tennis de Table pour qu’elle se voie mieux à la télévision et que le jeu soit moins rapide …). On crée aussi  de nouveaux formats de compétition (les Coupes des clubs champions devenues des Ligues des Champions, la création de la Ligue des Nations ou la mise en place de systèmes de play-offs …). Une autre approche  consiste à proposer des variantes au sport de référence (Beach soccer, Futsal, Beach volley, Basket à 3, …). C’est une question de survie et si toutes les idées ne sont pas bonnes, elles ont le mérite de faire réfléchir à l’avenir de chaque discipline.

 

Pour faire le lien avec l’actualité footballistique ivoirienne, le format de la Ligue 1 cette saison, imposé par la durée de la compétition, est une belle illustration de cette recherche permanente de la formule la plus attractive. En effet, en rendant son résultat final indécis le plus longtemps possible, cette formule en fait une compétition  passionnante à suivre, laissant peu de place aux calculs, chaque équipe ayant quelque chose à gagner ou à perdre à chaque match.

 

Cela ne sera pas suffisant pour remplir les stades (surtout en cette période de huis-clos !) mais cela sera utile pour tenir en haleine les amoureux du ballon rond jusqu’au coup de sifflet final de la dernière journée. Et c’est déjà un excellent début avant que nous trouvions au fur et à mesure d’autres solutions pour notre football.

 

Benoît YOU