Éditorial :

Un club, une histoire !

La grande Histoire de l’ASEC Mimosas est jalonnée d’une multitude d’histoires individuelles, toutes plus émouvantes les unes que les autres et nos médias tentent de vous les faire revivre chaque semaine en donnant la parole à toutes ces personnes au sang jaune et noir. L’histoire de HOUESSOU Koffi César publiée dans le dernier magazine a fortement ému les Actionnaires qui ont réagi en grand nombre à la lecture de cet article.

 

Nous revenons dans ce numéro sur celles de deux hommes qui ont marqué leur passage sur terre en servant le club Mimosas plus que de raison. Des hommes aux destins liés, car tous les deux sont nés loin de la Côte d’Ivoire et de l’ASEC Mimosas, sont arrivés en terre d’Éburnie au début des années 1950 (en 1953 précisément tous les deux) et ont participé, chacun à sa manière, à faire de l’ASEC Mimosas, le club qu’il est aujourd’hui dans l’imaginaire national. Lequel des deux aurait pu penser que près d’un siècle après leur naissance, ils seraient réunis dans ce texte pour évoquer l’histoire d’un club qui n’existait pas encore lorsque l’un naissait sous le soleil de Mauritanie et l’autre dans le sud de la France des années folles ?

 

L’on ne sait d’ailleurs pas grand-chose de la vie de ces deux hommes avant leur arrivée sur le sol ivoirien. HACMAN AHMED Ould Sidi occupa pendant de nombreuses années un poste de vigile aux Grands Moulins d’Abidjan. Ce nom ne dira pas grand-chose aux Actionnaires puisque c’est sous le surnom de « Vieux Mimos » qu’il restera dans les mémoires du club, du fait de son âge et de sa passion inconditionnelle pour notre club.

 

Guy FABRE arriva quant à lui à Abidjan à l’âge de 26 ans en provenance de sa ville natale (Sète) et prit très vite les rênes de l’ASEC Mimosas en devenant son entraîneur à l’intersaison 1953-1954. Grâce à ses résultats (3 finales de la Coupe de l’AOF (Afrique Occidentale Française) disputées et malheureusement toutes perdues en 1954, en 1956 et en 1958), mais surtout au style de jeu qu’il inculquera à son équipe, il marquera l’histoire de notre club en faisant naître, pour toujours, la légende des « enfants s’amusent ».

 

Ayant fait le choix de vivre et de travailler en Côte d’Ivoire, ils y sont morts 27 ans après son arrivée pour l’un (en 1980, au cours de la saison 1979-1980 alors qu’il avait repris la tête de l’encadrement des Jaune et Noir) et 36 ans pour l’autre (en 1989) et reposent tous les deux sous la terre du cimetière de Williamsville.

 

Si l’on dit souvent que l’on nait ASEC, les histoires de ces deux hommes montrent qu’on peut le devenir et même mourir Mimos !

 

30 et 40 ans après leur départ, il revient à notre club par l’intermédiaire de ses dirigeants d’entretenir leur légende et la décision du Conseil d’Administration de rénover les tombes de ces deux serviteurs dont les familles sont demeurées éloignées, est un nouveau signe fort de l’importance que notre club accorde à tous ceux qui ont participé à sa construction. Il s’agit également d’une nouvelle pierre ajoutée à la définition de ce qu’est un véritable CLUB, bien au-delà des résultats sportifs.

 

ASEC Mimosas, plus qu’un club ? Indéniablement !

 

Benoît YOU