«Dans trois ans, l’ASEC fera parler d’elle sur le toît de l’Afrique»

Le Patron de l’ASEC Mimosas était face aux Internautes, le samedi 05 juillet dernier, pour répondre aux préoccupations de ceux-ci. Il a répondu sans faux fuyant à toutes les questions portant sur l’équipe professionnelle, l’Académie MimoSifcom, l’organisation et les infrastructures du club, les transferts des joueurs et les questions d’ordre général. Nous vous faisons revivre en intégralité, ce face-à-face passionnant, Me Roger Ouégnin-Internautes.

Equipe Web : Merci beaucoup Président de nous recevoir, C’est toujours un plaisir pour nous de venir vers vous. Malgré votre calendrier très chargé, vous avez accepté sans grands efforts de nous recevoir.
Me Roger Ouégnin : C’est un plaisir partagé, c’est mon devoir, de temps en temps, de me mettre à la disposition de nos amis Internautes, des Actionnaires ou des sportifs tout simplement qui ont une sympathie pour l’ASEC, pour donner des éléments de réponses à leurs préoccupations

Bahou Marou : Depuis deux ans, notre club enregistre beaucoup de matches nuls. Cela traduit-il un jeu délibérément défensif de notre équipe ? Le foot, c’est d’abord les buts. Qu’advient -il de notre slogan «les enfants s’amusent et gagnent…» ?
Me Roger Ouégnin : Oui, c’est une bonne question. D’ailleurs, nous-mêmes sommes surpris. Mais, rassurez-vous, les enfants s’amusent toujours et gagnent. Je pense que notre jeu est plaisant. On a de bons joueurs. Je pense qu’à l’ASEC, la tradition est toujours respectée. Seulement, les équipes adverses travaillent beaucoup aussi. Ce n’est pas nous qui voulons être défensifs, mais ce sont les autres qui adoptent un système hyper défensif lorsqu’ils jouent contre l’ASEC. En Ligue 1, lorsque les autres équipes nous rencontrent, elles refusent d’ouvrir le jeu et nos jeunes joueurs sont obligés de forcer les verrous. Un match nul contre l’ASEC est un match gagné pour les autres. Alors que pour nous, un match nul n’est pas le bienvenu. Il y a aussi l’état des terrains et des pelouses qui jouent contre nous. Mais rassurez-vous, les enfants continuent de jouer et de gagner. On est toujours là, on est constant.

Romaric : Que représente, pour vous, le championnat de Côte d’Ivoire, la Ligue 1 ? De loin, l’ASEC est la meilleure formation dans cette compétition, mais sur le terrain, nous avons l’impression que nos joueurs ne mettent pas le pied, eu égard aux différents matches nuls avec les « petites équipes » ?

Jean : Bonsoir, Président ! Pensez-vous que pour la Ligue des champions, nos garçons feront le poids, vu la série de matches nuls que nous enregistrons en ce moment?
Me Roger Ouégnin : Le championnat, pour l’ASEC, est très important et c’est l’objectif numéro un. Il n’est pas question de faire la part belle uniquement à la Ligue des champions. Nos priorités dans l’ordre sont le championnat et après la Ligue des champions. Il faut gagner le championnat et gagner la Ligue des champions.
A la question de savoir si nos garçons pourront gagner la Champions League, j’y crois fortement et pourquoi en douter ? Nous avons des joueurs de qualité issus des recrutements extérieurs et d’autres issus de l’Académie MimoSifcom.

Nous avons déjà gagné la Coupe d’Afrique des clubs champions en 1998 et nous pouvons le refaire. Sur les centaines d’équipes africaines, combien ont-elles déjà remporté cette Coupe ? Une dizaine à peine et nous en faisons partie. Il ne faut pas penser que nous ne faisons pas le poids, non, nous faisons partie du gotha, des meilleurs clubs africains. Depuis 1997, il y a eu douze (12) éditions de la Ligue des champions et nous avons été 9 fois dans le top 8, c’est un record que nous détenons dans toute l’Afrique, parmi des centaines d’équipes.

Henri : Bonsoir, Président ! Pourquoi nos recrues n’ont-elles jamais satisfait à nos attentes ? Que fait la cellule de recrutement ?
Me Roger Ouégnin : Henri, vous me posez une question pertinente. Mais ce que je puis vous dire, c’est que la cellule de recrutement existe et travaille. Je reconnais que ces temps-ci, nous n’avons effectivement pas eu la main très heureuse dans les recrutements effectués. Nous mettons tout en oeuvre pour rectifier le tir et j’espère que le recrutement réalisé lors de ce mercato nous apportera un plus. Cependant, beaucoup de choses entrent en ligne de compte pour qualifier de réussite, un recrutement : l’intégration , la charge de travail, le niveau de la compétition ….
Nos techniciens sont partout et observent beaucoup de joueurs à tous les niveaux, même au niveau régional. Nous venons de recruter un jeune prometteur en compétition régionale. Cependant, ce n’est pas lui qui nous donnera tout de suite des victoires. Il faudra être patient. Je prends ici le pari avec vous que l’effectif que nous construisons actuellement nous conduira sur le toit de l’Afrique dans les deux ou trois prochaines années.

Nasser Eddy : Pourquoi le recrutement de l’ASEC n’est-il pas plus ouvert à la sous-région et même à l’Afrique, quand on sait que la valeur des joueurs étrangers est sensiblement égale financièrement à celle des joueurs recrutés dans le championnat ivoirien ?
Me Roger Ouégnin : Avant, c’était beaucoup plus facile. Mais aujourd’hui, beaucoup de choses ont changé. Tous les jeunes veulent aller en Europe et utilisent des clubs comme l’ASEC Mimosas comme tremplin. De plus, le recrutement sous-régional n’a pas que des avantages : Il est, d’une part, plus cher que le recrutement local et, d’autre part, lorsqu’un joueur est appelé en sélection nationale de son pays, l’ASEC Mimosas est pénalisée, car son absence peut durer plusieurs semaines. Nous avons vécu cette expérience l’année passée avec de nombreux joueurs et le bilan n’est pas positif. Cependant, nous ne nous interdisons pas de recruter un joueur étranger, mais ce sera une exception. Vous savez, en effet, comme moi, que la Côte d’Ivoire est un formidable melting-pot où sont nés et vivent des Maliens, des Togolais, des Béninois, des Guinéens, des Burkinabés, des Ghanéens , des Sénégalais … Il serait absurde de ne pas les recruter et de se priver de leur talent à l’ASEC Mimosas, un club lui-même créé par des dirigeants issus de ces pays.

Rima : Pourquoi ne pas faire jouer les matches de la Ligue des champions à Bouaké ?
Me Roger Ouégnin : C’est une très bonne question ! Malheureusement, plusieurs problèmes se posent. Vous savez que la CAF doit donner son accord pour les stades en respectant des critères tels que la sécurité des équipes et des spectateurs, l’état des pelouses, les tribunes, les vestiaires … Je vous informe d’ailleurs que les matches de Champions League se dérouleront cette année au Stade Robert Champroux de Marcory (d’une capacité de 2500 places !!!) car le stade FHB doit être rénové totalement pour pouvoir accueillir le CHAN, en Février 2009. Tout est à refaire au stade municipal de Bouaké, car il n’a pas les infrastructures requises pour accueillir la Ligue des champions. Dans le cadre du CHAN 2009, le comité d’organisation a ordonné la réfection du stade de Bouaké avec l’installation d’une pelouse synthétique.

Romaric : A quand notre second titre de champion d’Afrique ? Et quels sont les moyens mis en place pour reconquérir ce trophée ? Proposition : Ouvrir dans les différents supermarchés des espaces « boutique Mimosas » pour vendre des Gadgets ASEC …
Me Roger Ouégnin : Pour répondre à votre proposition de mettre en place des boutiques ASEC Mimosas dans les supermarchés, il faut bien regarder la situation du pays et de ses habitants. L’ASEC, qui est le club du peuple, vit dans un contexte difficile du fait de la rupture du pays en deux et du fait aussi que la grande majorité des Actionnaires se trouve de l’autre côté dans les plus grandes villes du Centre et du Nord de la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, à cause de la guerre, les Ivoiriens sont démunis. Nous avons remis ces projets initiés dans les années 90 dans nos tiroirs et attendons une période plus propice pour les remettre en place.
Concernant notre second titre, je vous dirai que nous travaillons à cet effet. Mais vous devez savoir que pour la Ligue des champions, le budget de l’ASEC est à peine de 200 millions de francs CFA alors que des clubs comme Al Ahly ou le Zamalek ont des budgets de 8 milliards de francs CFA. Al Hilal du Soudan a 4 milliards de francs CFA et même Enyimba s’offre un budget de 2 milliards de francs CFA. Il faut comprendre donc que, chaque année, l’ASEC fait des miracles pour maintenir la Côte d’Ivoire parmi les grandes nations du football africain, croyez-moi. Continuez d’y croire et de nous faire confiance.

Michel : Quelles sont vos ambitions pour notre club, l’ASEC Mimosas, pour les cinq prochaines années ? Au regard de l’effectif actuel, tout optimiste que je suis, je ne vois pas notre club brandir le trophée de la Champions League, cette année, ni l’année prochaine. Quand pensez-vous, en faire un objectif majeur ?
Me Roger Ouégnin : Pourquoi être si pessimiste, Michel ? Vous êtes trop pessimiste ! On a déjà brandi le trophée de la Champions League, une fois. Soyez donc patient, ça vient; moi je suis optimiste, car l’effectif que nous avons peut nous permettre de gagner la Ligue des champions, même cette année. Tout à l’heure, je prenais le pari avec l’un de vos amis Internautes que dans les deux ou trois prochaines années, nous allons nous asseoir, pour la seconde fois, sur le toit de l’Afrique. Michel, conservez votre optimisme.
Nous avons aussi d’autres ambitions parce que j’ai la direction d’un grand club et cela regroupe beaucoup de volets. Le développement des infrastructures, la formation des jeunes et des cadres techniques font partie de notre programme de développement.
Enfin, nous avons aussi un outil de travail qui est Sol Béni, ce lieu mythique que nous devons continuer de développer pour qu’il devienne un lieu de pèlerinage pour les vrais Actionnaires que vous êtes. Vous devez venir à Sol Béni et voir cet endroit mythique, le toucher du doigt et apprécier le travail qui est fait et qui explique la nature et l’ampleur de nos ambitions.

Bonsieu Joseph : Pourquoi gardez vous l’entraîneur de l’équipe professionnelle de football, alors que 90% des Actionnaires souhaitent son départ, au vu des résultats de ces deux dernières saisons ?
Me Roger Ouégnin : La passion du supporter n’est pas celle qui doit animer un dirigeant. Vous parlez de 90% des Actionnaires, mais moi je n’ai pas ces statistiques. Ce que je puis vous dire, c’est que j’ai un entraîneur qui a un bon état d’esprit et qui correspond à ce que je recherche pour gérer mon équipe professionnelle. Je dis donc aux Actionnaires, supportez l’équipe et laissez-moi diriger. Je crois en mon entraîneur, je crois en Patrick Liewig. Il partira quand lui et moi ne serons plus d’accord sur l’organisation de l’équipe professionnelle. Et comme je suis là pour 50 ans encore ( !!!), je vous demande de vous armer de courage, de soutenir l’équipe, de soutenir mon entraîneur, de soutenir notre programme, car contrairement à ce que vous pensez, il fait du très bon boulot. Je vous demande de venir voir, de ne pas vous contenter des résultats actuels qui ne sont d’ailleurs pas si mauvais que ça. Il n’est pas encore l’entraîneur de l’équipe nationale, mais il faudrait que les gens y pensent parce que ceux qui viennent ne font pas mieux que lui.

Tanoh : Après la première génération d’Académiciens, on n’a plus retrouvé de joueurs talentueux ou du moins pas comme leurs prédécesseurs. Ce fait n’est – il pas lié à la qualité des formateurs qui ont succédé à Jean-Marc Guillou ? Est ce pour cela que vous n’avez pas renouvelé le contrat de Pascal Théault ?
Me Roger Ouégnin : Je n’ai jamais mis en doute les qualités des formateurs de l’Académie MimoSifcom. Chaque entraîneur a ses qualités et sa science qu’il développe selon un programme bien défini.
Nous avons connu des moments dorés à l’Académie MimoSifcom, mais je vous rappelle que cette réussite est due à un contexte bien particulier : l’Académie MimoSifcom était presque seule à faire de la formation d’élite et avait pu recruter les meilleurs joueurs du pays. Ce qui est plus difficile aujourd’hui. De plus, Sol Béni et les structures de l’ASEC MIMOSAS ont permis à ces jeunes de se former dans les meilleures conditions. Jean-Marc Guillou a sa part dans cette réussite, mais à regarder les structures qu’il a mises en place, depuis à travers le monde, on s’aperçoit qu’il n’a pas connu la même réussite.
Pascal Théault est parti non pas parce que nous mettons en doute ses qualités de formateur, mais parce que nous avons décidé de changer de stratégie.

Gervais : Quels sont vos rapports aujourd’hui avec les ex-Académiciens ? Nous avons du mal à comprendre l’attitude de certains parmi eux envers vous qui frise l’ingratitude, car dans les reportages, ils ne font référence qu’à Jean-Marc GUILLOU, oubliant de vous citer, vous et l’ASEC.
Me Roger Ouégnin : Vous savez, l’ingratitude, fait partie de la nature humaine. Mais rassurez-vous, j’ai de très bonnes relations avec la plupart des ex-Académiciens. Des garçons comme Kolo, Aruna, Baky, Copa Barry, Yaya, Zézé, Tony, Diaky, Chico, Kalou Salomon et tous ceux qui ont une très belle trajectoire, viennent souvent nous voir et nous soutenir.

François Arnal : Qui avez-vous choisi pour manager l’Académie MimoSifcom ?
Me Roger Ouégnin : Bonsoir mon ami François. Je suis heureux d’échanger avec toi par Internet. J’espère que tu vas bien.
C’est Walter Ammann qui a été nommé Directeur de l’Académie MimoSifcom. Je le connais depuis 1997, quand il est arrivé en Côte d’Ivoire. Il a travaillé quelques temps avec Jean-Marc Guillou à l’Académie MimoSifcom. Mais à un moment donné, Jean-Marc Guillou m’a demandé de me séparer de lui «parce qu’il ne peut y avoir deux télévisions dans une même maison !» J’ai souvent regretté de m’être séparé de lui, à l’époque, parce que Walter, au moins, a un bon esprit. J’ai eu l’honneur de le proposer à la Fédération Ivoirienne de Football où il a effectué du très bon travail jusqu’en 2005. Il est donc l’homme de la situation.

Nasser Eddy : Où en sommes-nous avec l’affaire des 700 millions avec J-M Guillou ?
Me Roger Ouégnin : Certains amis et collaborateurs de Jean-Marc Guillou qui avaient attaqué l’ASEC MIMOSAS et son Académie devant les tribunaux français ont désormais compris que la réalité que Jean-Marc Guillou leur avait décrite était totalement fausse. Ils sont donc venus vers nous pour un règlement à l’amiable, ce que nous avons accepté. Leurs avocats ont donc ordonné une main-levée sur les sommes qu’on nous doit tel qu’en a décidé le Tribunal Arbitral du Sport (T.A.S.). Je pense qu’il s’agit désormais d’une question de jours ou de semaines pour que nous rentrions en possession de notre dû.

Magloire : Pourquoi ne faites-vous pas appel aux Académiciens en plein doute en Belgique comme vous l’avez fait au temps des Gadji Céli et Ben Badi ?
Me Roger Ouégnin : Magloire, qui vous dit que ces Académiciens sont en plein doute en Belgique et qui vous dit qu’ils veulent revenir à l’ASEC Mimosas ? Moi, je n’ai pas d’informations sur ce point. On apprend par contre qu’ils sont sous contrat avec des clubs, que certains sont mariés là- bas et qu’ils gagnent bien leur vie.

Adou Aka : Mon Président, à quand la finition de la Maison Excellence qui est une autre fierté pour l’ASEC Mimosas ?
Me Roger Ouégnin : Merci Adou Aka ! A quand la finition ? Honnêtement, moi-même je ne le sais pas. Parce que nous nous sommes lancés dans un projet immense, gigantesque et nous sommes toujours freinés par ces années d’instabilité en Côte d’Ivoire où les finances se font rares. Le projet de la Maison Excellence est en deux phases. Il y a le côté sportif et hébergement qui est presque fini et le côté administratif (construction du siège de l’ASEC Mimosas) qui n’a pas encore été entamé. Nous attendons de bonnes opérations de transfert ou l’aide de certains partenaires pour achever ce projet. Nous prions aussi pour que l’atmosphère socio-politique du pays nous permette de terminer ce projet au plus vite.
Nasser Eddy : La radio Mimosas n’a toujours pas vu le jour. Pouvons-nous savoir où vous en êtes, concernant ce projet ambitieux?

Bienvenu : Où en sommes-nous avec la réalisation du stade de l’ASEC et de la radio JN
Me Roger Ouégnin : Parlant du stade, il m’est certainement arrivé, un jour, de parler du stade de l’ASEC Mimosas, mais avec la situation actuelle du pays et l’environnement sportif ivoirien, ce projet n’est vraiment pas une priorité pour notre club. Au niveau de l’organisation du club, nos priorités restent la Maison Excellence, les infrastructures à Sol Béni, et la Radio JN.
La Radio JN est un projet initié depuis bien longtemps. Mais nous rencontrons beaucoup de problèmes dans sa mise en œuvre. Certaines personnes ont peut-être peur que nous ayons notre radio. Tout est prêt pour que cette radio fonctionne, seule manque l’autorisation d’émettre de la part des autorités. Cette radio, nous l’aurons, soyez en certains !

Lyse : Président, je voudrais juste savoir pourquoi les contrats des joueurs de l’ASEC Mimosas qui partent pour l’étranger sont gardés comme des secrets d’état ?
Me Roger Ouégnin : Tous les joueurs de l’ASEC MIMOSAS ont des contrats en bonne et due forme qui sont confidentiels. Je n’ai pas à en divulguer le contenu.
Connaissez-vous beaucoup de gens qui divulguent leur contrat de travail à leur famille, à la presse et au monde entier ?

Bonsieu Joseph : Nous avons appris, dans la presse, le départ prochain de DEBLE Serge, le meilleur attaquant de l’ASEC. Est -ce Vrai ?
Me Roger Ouégnin : Serges DEBLE a signé un contrat avec le club Anglais de Charlton AFC, en janvier 2008 et il appartient donc depuis 6 mois déjà à CAFC. Il a joué pendant la première partie de la saison avec l’ASEC MIMOSAS. Mais son club a décidé de le prêter à un autre club, en France. Ce sera le club de Ligue 2 française le SCO d’Angers.
Nous lui souhaitons bonne chance pour la suite de sa carrière.

Nasser Eddy : Le partenariat avec Charlton Athletic Club ne nous est-il pas en fin de compte défavorable vu que ce club nous prend, chaque année, nos meilleurs joueurs ?
Me Roger Ouégnin : Je ne pense pas que le partenariat avec CAFC soit défavorable à notre club, bien au contraire, il nous est très utile pour aider au fonctionnement de notre club et pour permettre à certains de nos joueurs de trouver un club en Europe. CAFC a, en effet, le droit de prendre trois joueurs de l’ASEC MIMOSAS, par an, et cela nous aide beaucoup. Je vous rappelle que les transferts représentent une part importante de notre budget et sans cela, il serait bien difficile à notre club de fonctionner.

Salomon Boua : Etes-vous toujours le conseiller du Président Laurent GBAGBO ?
Me Roger Ouégnin : Je suis effectivement toujours le conseiller pour le sport et les loisirs du Président de la République. Il est vrai que la situation socio-politique de notre pays n’a pas permis au Président de mener des actions fortes en faveur du sport, mais j’espère que la situation s’améliorant, une réflexion sera menée pour donner à notre pays des infrastructures et les moyens de rivaliser avec les plus grands pays du monde.

Nasser Eddy : Avez-vous un remède à l’exode massif des jeunes footballeurs africains en général, mais surtout ivoiriens, vers les championnats asiatiques et européens ?
Me Roger Ouégnin : Eddy, non ! Je n’ai pas de remède. Tous ces jeunes courent vers l’eldorado et cela est dû à l’appauvrissement de nos pays africains. Je n’ai pas de solution. Le problème que vous soulevez est réel et cela est favorisé par l’écart du niveau de vie entre les pays européens et nos pays africains. Il est difficile, je pense, d’empêcher le départ d’un jeune talentueux, s’il a une très bonne proposition en Europe. Nous faisons l’effort de mettre les garçons de l’ASEC Mimosas dans de très bonnes conditions, mais nous ne serons jamais en mesure de leur offrir ce qu’ils pourraient gagner en Europe ou en Asie.

Bernard : Après les sanctions de la FIF, les rencontres contre l’Africa étaient fermées au public. Est-ce que les autres équipes ont reçu des contreparties financières ?
Me Roger Ouégnin : La Fédération Ivoirienne de Football et la Ligue de Football professionnelle travaillent effectivement sur une compensation pour les clubs ayant joué contre l’AFRICA SPORTS à huis clos en raison des sanctions prises à son encontre. Une décision devrait être prise dans les prochains jours.

Bonsieu Joseph : Pourquoi les sports de mains sont-ils délaissés par le Conseil d’Administration, alors que les équipes qui dominent ces sports ne sont pas plus nanties que l’ASEC Mimosas ?
Me Roger Ouégnin : Ce sujet revient régulièrement et je pense y avoir déjà répondu. Tant que les fédérations de ces sports (Basket-ball, volley-ball, handball) ne seront pas organisées pour permettre aux clubs d’avoir un retour sur investissement, je ne souhaite pas investir un franc dans ces sports. Après notre victoire en Coupe d’Afrique de Basket-ball en 2000, tous les joueurs de l’ASEC sont partis sans que notre club ne perçoive aucune indemnité de transfert. Or nous avions à l’époque déboursé près de 100 Millions de francs CFA pour cette section. Vous comprendrez qu’en ces temps difficiles, nous n’ayons pas 100 Millions de francs CFA à jeter par les fenêtres !!!

Equipe web : Président, quel est votre mot de la fin ?
Me Roger Ouégnin : A nos amis Internautes, aux supporteurs de l’ASEC et aux Actionnaires internautes, mais aussi à l’ensemble des sportifs, je voudrais leur dire d’être optimistes et que je suis à la barre pendant de longues années encore, parce qu’on a un long programme à mettre en place. Je resterai à la barre jusqu’à ce que tous les grands projets soient mis en place et après cela, je pourrai partir tranquillement avec la bénédiction de tous. Donc, je suis en bonne santé, toujours ferme dans mes convictions, toujours à la barre et je reste un combattant redoutable. Je vous demande de l’être aussi, des supporteurs et des Actionnaires accrochés à leur club. Dans les deux ou trois prochaines années, l’ASEC Mimosas vous fera plaisir et pour cela, je prends le pari avec vous. Ayez confiance, dans les deux ou trois prochaines années, on fera parler de nous et je l’espère ensemble, sur le toit de l’Afrique.

Interview réalisée par l’équipe web
de l’ASEC Mimosas

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