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RETRO

Quarts de finale retour de la Coupe d’Afrique des clubs champions Asante Kotoko – ASEC Mimosas : 2 – 3

lundi 31 oct. 2016 - 15H39 - Consulté 2547 fois

Le capitaine Gadji Celi, toujours irréprochable, a guidé ses équipiers vers la victoire à Kumasi

Chaque lundi, ASEC.CI vous fait revivre  une date mémorable de l'histoire de l'ASEC Mimosas. Cette semaine, notre rubrique retro  nous replonge dans les quarts de finale retour de la Coupe d'Afrique des clubs champions Asante Kotoko-ASEC Mimosas: 2-3.
 

Défaite surprenante à Abidjan, puis qualification historique à Kumasi, le dimanche 20 septembre 1992

L’élimination, au Stade FHB, l’année précédente, en 1991, à l’issue de la séance des tirs au but (5-6), après un match héroïque (3-0), face à la redoutable équipe nigériane d’Iwuanyanwu National de Owerri, en quarts de finale retour de la Coupe d’ Afrique des clubs champions, avait été durement ressentie au sein du club jaune et noir. En 1992, avec une bonne équipe et un peu plus d’expérience, l’ASEC Mimosas repart à la conquête de l’Afrique. L’équipe jaune et noir élimine tour à tour l’EFO de Ouagadougou, en 16es de finale, le Horoya AC, en 8es, puis retrouve en ¼ de finale la formation ghanéenne de l’Asante Kotoko de Kumasi qu’elle avait éliminée 16 ans plus tôt, en 1976, dans la même compétition et au même stade. En 1976, les Ghanéens l’avaient d’abord emporté (2-1) au Stadium de Kumasi avant de s’incliner (1-0), au match retour, au Stade municipal de Bouaké. Pour leurs retrouvailles, en 1992, à l’aller, à la stupéfaction générale des Actionnaires et à la grande surprise des observateurs, l’Asante Kotoko s’impose (2-1) au Stade FHB.

Mais animés d’un optimisme extraordinaire, les Actionnaires se convainquent de la qualification de leur équipe pour les demi-finales et la suivent par dizaines de milliers à Kumasi, à l’occasion de la manche retour. Alors que l’Asante Kotoko croyait la qualification acquise pour elle, elle se fait surprendre par une formation extraordinaire de l’ASEC Mimosas, complètement survoltée, qui renverse totalement la situation, l’emporte (2-3) et se qualifie pour les demi-finales. Dès la 40e seconde, l’attaquant nigérian Ishaya JATAU ouvrait la marque pour l’ASEC Mimosas et en seconde période, quelques minutes après son entrée en jeu, TRAORE Abdoulaye dit Ben Badi, le redoutable buteur mimosas, marquait coup sur coup  (46e et 63e minutes) deux buts d’anthologie. Kotoko parvenait à réduire la marque grâce à deux réalisations de son attaquant Maxwell KONADU.

L’entraîneur Mimosas, Philippe Bernard TROUSSIER, surnommé « Le Sorcier blanc », et ses joueurs réussissent ainsi l’exploit d’arracher une qualification historique à Kotoko, éliminant pour la deuxième fois, en Coupe d’Afrique des clubs champions, les porcs-épics ghanéens. Les Actionnaires qui ont fait très nombreux le déplacement à Kumasi et des millions de supporters du club, restés au pays, célèbrent avec faste ce succès retentissant.

Ce dimanche 20 septembre 1992 restera à jamais gravé dans la mémoire collective des Actionnaires qui ont suivi cette opposition, 8 mois après le premier sacre des Eléphants à la CAN 1992, à Dakar, au Sénégal, avec quasiment la majorité des joueurs ivoiriens de l’ASEC Mimosas.

Philippe TROUSSIER (Entraîneur de l’ASEC Mimosas de 1989 à 1992)

 

« Contre Kotoko, à Kumasi, en 1992, nous étions dans notre match comme des soldats prêts à aller au combat »

Philippe TROUSSIER, quels souvenirs gardez-vous de votre passage à l’ASEC Mimosas, au début des années 1990 ?

 C'était ma première expérience à l'étranger. Je n'aurais jamais imaginé que SOL BÉNI allait me donner des ailes pour devenir un entraîneur reconnu mondialement. Je dois tout à la Côte d'Ivoire. Je dois tout à Maître Roger OUEGNIN. Je dois tout aux joueurs qui ont su traduire sur le terrain la philosophie du système à trois défenseurs. Je remercie les Actionnaires qui m'ont soutenu tout au long de mon aventure ivoirienne. Le « Sorcier Blanc » est né en Côte d’Ivoire.

L’un de vos plus hauts faits d’armes avec l’ASEC Mimosas fut le match retour des ¼ de finale en Coupe d’Afrique des clubs champions, Asante Kotoko-ASEC Mimosas, en 1992. Que vous dîtes-vous en repensant à ce match ?

 Repenser à ce match me rend définitivement philosophe. Je me dis qu'impossible n'est pas ASEC, que l'important était d'avoir tiré les enseignements de la défaite du match aller, que l'échec est une opportunité de démarrer à nouveau de façon plus intelligente, et qu’il ne faut jamais s'arrêter devant l'obstacle. C'est justement parce que c'est difficile que c'est merveilleux. Je garde aujourd'hui la même démarche philosophique avec, en plus, de l'expérience.

Comment expliquez-vous, aujourd’hui, la défaite (1-2) du match aller à Abidjan ?

Jouer le Kotoko, en 1992, n'était pas une mince affaire compte tenu de la réputation et de l'expérience de cette équipe ghanéenne. C'était une grosse affiche proposée à la jeune et inexpérimentée équipe de l’ASEC Mimosas, qui était en train de se reconstruire sur la scène internationale. Notre échec au match aller était lié à notre inexpérience, à la pression qui entourait ce match, aux attentes de tout un peuple, mais aussi à la qualité de cette équipe du kotoko. Sans démériter, nous avions raté notre match aller. Nous en étions conscients, c'était déjà une façon d'être dans le match retour.

Etiez-vous convaincu de pouvoir renverser la situation, deux semaines plus tard, chez l’adversaire, à Kumasi, au Ghana ?

 Ce serait trop présomptueux d’avouer que nous étions convaincus, à cette époque, que nous pourrions gagner à Kumasi. Nous étions conscients de l’importance de l’obstacle, mais nous étions convaincus que si nous jouions sur nos valeurs, nous serions capables de renverser la situation et de nous qualifier. Nous avions des certitudes dans notre jeu, nous avions un groupe de joueurs qui me permettait d’envisager différents scénarios et différents plans de jeu. Enfin, nous étions animés par la rage de réparer notre prestation ratée du match aller. Notre confiance venait du fait que, comme à l’habitude, nous avions préparé toutes les solutions pour résoudre les contraintes que pouvait nous imposer notre adversaire, mais également ce que nous pouvions subir dans cet environnement étranger (terrain, supporters ghanéens hostiles, arbitrage, etc.). Nous étions prêts !

Quels étaient vos plans pour réaliser cet exploit ?

La composition de l'équipe de départ de l’ASEC Mimosas mentionnait la non-titularisation de Abdoulaye TRAORE dit Ben Badi, c'était déjà, pour l'équipe de Kotoko, un gros point d'interrogation qui a entraîné, j'en suis convaincu, un petit dérèglement dans leur plan de départ. Ils ont été déstabilisés par la composition de départ. Je dois avouer que, compte tenu du contexte, il  m'a fallu du courage, du cœur et de l'intuition pour prendre cette décision tactique. Ensuite sur le terrain, il fallait jouer notre va-tout en début de match. Avec une grosse pression offensive dans l'utilisation du ballon et une grosse pression athlétique par la titularisation de Jonathan SOGBIE. Ce scénario nous a permis d'ouvrir rapidement le score, remettant ainsi les pendules à l'heure, mais surtout installant le doute dans les rangs ghanéens et par voie de conséquence la confiance dans nos rangs. La cerise sur le gâteau est venue, comme prévu, de l'entrée en jeu, dès le début de la seconde mi-temps, d'Abdoulaye TRAORE. Il a tué le suspense de façon magistrale, comme seul  Ben Badi savait le faire. Ce jour-là, nos initiatives étaient toutes bénies des dieux du football à l'image d'Abdoulaye TRAORE, qui par son talent, nous délivra définitivement en marquant deux buts coup sur coup. Il a bien fallu, évidemment, faire valoir notre force défensive jusqu'à la fin du match qui semblait durer et durer, pour empêcher notre adversaire de revenir dans la course. Nous étions invincibles, ce jour-là. Je n'oublierai jamais ce moment de joie intense dans lequel je suis allé jusqu'à porter en triomphe, et cela malgré son poids (Rires), Abdoulaye TRAORE, notre héros du jour.

Peut-on connaitre le message que vous avez tenu à vos joueurs ?

 À ce stade de la préparation du match, le message conventionnel de l'entraîneur n'avait pas sa place. Nous étions dans notre match comme un soldat prêt à aller au combat. Il suffisait de lire dans les yeux de chaque joueur, de chaque encadreur, mais également au regard de l'énorme soutien et de l'amour que nous témoignaient nos Actionnaires, pour comprendre que, ce jour-là,  rien ne pouvait nous arrêter. C’était ça, l'ASEC Mimosas de 1992 (But Ooooohh, but !!!!!)…

 Les Actionnaires étaient convaincus que vous et vos joueurs alliez vous qualifier à Kumasi et ils ont effectué très nombreux le déplacement au Ghana pour aller vous soutenir. Comment jugez-vous, aujourd’hui, leur apport dans cette qualification historique pour la 3e demi-finale du club en Coupe d’Afrique des clubs champions ?

L’ASEC Mimosas est une grande famille qui s'amuse. Nous faisions corps, nous faisions un. Notre force était comparable à une grande vague jaune et noire qui emportait tout sur son passage. Sans le soutien des Mimosas, nous n'aurions jamais réalisé cet exploit à Kumasi.

Que retenez-vous finalement de ce fameux match ?

Ce match marquera de toute façon une étape de la vie sportive du club, puisqu’il lui a permis de gravir les échelons de l'expérience, ensuite de continuer son chemin jusqu'à la consécration suprême de 1998, quand les mimosas ont levé enfin le trophée tant convoité. 1998 marquera également pour moi un moment symbolique, car j’étais à la tête des Bafana-Bafana pour disputer leur première Coupe du monde en France. Moi à la tête d'une équipe africaine pour un mondial en France ? Qui l'eût cru? Je me revois encore à mon arrivée en Côte d'Ivoire, en novembre 1989, à la descente de l'avion UTA, en provenance de Paris, et accueilli par une délégation composée d’Idriss DIALLO, DIENG Ousseynou, Lamine DJIBO, Francis OUEGNIN dit Bernard Tapie et évidemment Maître Roger OUEGNIN, et je mesure le chemin parcouru grâce à l’ASEC Mimosas.

Que direz-vous pour clore cet entretien ?

Évidemment, je remercie sincèrement, du fond du cœur, tous ceux qui m'ont permis de grandir pour devenir un entraîneur reconnu et respecté. Je rends hommage à Maître Roger OUEGNIN pour son œuvre à la tête du club des Actionnaires, fidèle au poste malgré les aléas et les accidents qui ont frappé le peuple ivoirien, toujours vaillant pour défendre le blason et porter haut les couleurs jaune et noire. Je suis fier d'être Ivoirien.

Interview réalisée par KONE Ismaël.

 Extrait du N° 1297 de ASEC Mimosas magazine paru le jeudi 27 octobre 2016.

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