Éditorial :

« Là-haut, il fait froid ! »

Plusieurs sentiments ont étreint les Actionnaires ce dimanche à l’issue du match nul (2-2) ayant opposé notre club au Racing Club d’Abidjan. Certains étaient satisfaits de la qualification pour la Superdivision quand d’autres étaient irrités par le scénario de ce match au cours duquel les Mimos menaient 2 buts à 0 avant de se faire remonter dans les derniers instants du match.

 

Revenons sur ce match et son contexte. Après un beau parcours dans cette compétition si particulière, notre club se retrouvait, après 10 matchs disputés, en tête de la poule B dont les deux premiers seront qualifiés pour disputer la compétition décisive, celle qui attribuera le titre de champion de Côte d’Ivoire. Deux matchs restaient à jouer et un résultat nul contre l’adversaire du jour, classé 3e de la poule, assurait la qualification de notre équipe avant même la dernière journée à disputer contre l’AS Tanda. De nombreux clubs auraient aimé se trouver dans cette situation plutôt que dans celle du RCA qui devait obligatoirement l’emporter pour garder une chance de passer à l’étape suivante. Les données étaient donc claires dès le début du match et la pression se trouvait beaucoup plus sur les épaules de notre adversaire que sur les nôtres. Malgré cette obligation de victoire de notre adversaire, notre équipe menait 2 buts à 0 après 46 minutes de jeu et la qualification semblait acquise. Des faits de jeu ont entraîné la réduction du score et l’égalisation du RCA dans le temps additionnel sur deux buts assez litigieux validés par l’arbitre. Nous comprenons que certains Actionnaires soient déçus de ce résultat en y voyant des signes de faiblesse qui peuvent nous être fatals en Superdivision pour remporter le titre, mais à quelle place préfèrent-ils être aujourd’hui ? À la nôtre ou à celle du RCA, champion sortant d’une saison tronquée et qui a péroré toute la saison en se déclarant comme le nouveau club de référence du pays ? Ils ne sont pas les premiers à le faire après quelques coups d’éclat : Le SÉWÉ Sport de San Pedro, aujourd’hui en Ligue 2 est passé par là, tout comme le WAC qui s’affichait comme un futur grand et a retrouvé le SÉWÉ au purgatoire. Quant à l’AS Tanda, notre adversaire de ce jour, il n’a pas réussi non plus à poursuivre sur sa lancée et n’est pas très fringant actuellement à la dernière place de la poule.

 

Construire un club est un très long et très difficile processus qui demande beaucoup de travail, de sacrifice et d’humilité. L’ambition est une valeur noble et notre football a besoin d’hommes et de femmes visionnaires et investis dans de tels projets. Mais le résultat d’un match ni même d’un championnat n’est pas le seul juge de paix. C’est le temps ou plutôt la capacité à répéter, dans la durée (10 ans, 20 ans, 30 ans…), de bons résultats, de bons parcours, de former de bons joueurs et de bons cadres qui permet de juger de la pérennité et de la force d’un club.

 

« Là-haut, il fait froid », dit souvent notre Président du Conseil d’Administration pour illustrer la difficulté de gravir la montagne, mais surtout de rester au sommet. Et quand on y est, il faut beaucoup plus que des mots pour se réchauffer !

Benoît YOU