PAROLES D'ANCIEN :

SORO Bakary (Ancien défenseur central international de l’ASEC Mimosas de 2003 à 2006)

« Le titre de champion de Côte d’Ivoire 2003 reste le meilleur pour moi »

Valeureux capitaine de l’équipe de l’ASEC Mimosas de 2006 tombée les armes à la main face à la grande formation égyptienne d’Al Ahly SC du Caire, SORO Bakary, qui vit actuellement en France après avoir mis un terme à sa carrière professionnelle, a accepté de nous livrer ses souvenirs du club.

 

Que devenez-vous?

Je suis SORO Bakary à l’état civil. Je suis un ancien défenseur international et capitaine de l’ASEC Mimosas. Je suis aujourd’hui Éducateur Sportif à la mairie de Paris. C’est une nouvelle expérience qui me permet d’aider les jeunes à se frayer un chemin dans la vie à travers le sport. Je suis marié à une Ivoirienne d’Odienné et on a 2 enfants : Thymon-Kylian et Youssouf Ethan

 

Quand et comment êtes-vous arrivé à l’ASEC Mimosas?

J’étais dans un centre de formation dirigé par Copa BARRY et Xavier MINIGOU et on disputait plusieurs matchs amicaux à Sol Béni contre les équipes de l’Académie MimoSifcom. À l’issue de la saison 2001-2002, le Coach Pascal THÉAULT, qui venait de succéder à Jean-Marc GUILLOU à la direction de l’Académie MimoSifcom, avait organisé des tests de détection à travers des matchs amicaux. Mon centre de formation y avait été invité. J’ai été l’un des joueurs qui sont sortis du lot et j’ai été retenu pour faire partie de l’équipe réserve que Coach Pascal THÉAULT avait mise en place pour assurer la transition entre l’Académie MimoSifcom et l’équipe professionnelle de l’ASEC Mimosas. Lorsqu’AKA Kouamé est devenu l’entraîneur principal de l’équipe première en 2003, il m’a fait appel. Voilà comment je suis arrivé au club et je suis resté jusqu’en 2006.

Quel a été votre parcours après l’ASEC Mimosas? 

À la fin de la saison 2006, j’ai été transféré à Charlton AC, en Angleterre grâce au partenariat qui liait ce club à l’ASEC Mimosas. Mais je n’ai pas pu jouer là-bas parce que je n’ai pas pu obtenir un permis de travail. Charlton m’a prêté immédiatement au club de Germinal Beerschot, en Belgique où j’ai passé 6 mois (2006-2007). Après Germinal, je suis allé pour 2 saisons au FC Lorient (L1 ; 2007-2009), en France. Puis, j’ai signé à AC Arles-Avignon (2009-2013) avant d’émigrer en Turquie où j’ai évolué sous les couleurs d’Orduspor (2013-2014), d’Ankaraspor (2014-2015) d’Osmanlispor (2015-2016), d’Alanyaspor (2016) et enfin sous celles de Sanliurfaspor (2017) où j’ai mis fin à ma carrière professionnelle.

 

Êtes-vous satisfait de votre carrière de footballeur?

Quand je vois d’où je suis parti, je ne peux que remercier le Bon Dieu pour avoir permis de faire le parcours qui a été le mien. De mon quartier à Williamsville à où je me trouve actuellement, ne peux qu’être une grande satisfaction de ce que j’ai vécu.

 

Quel a été votre coéquipier le plus fort à l’ASEC Mimosas?

La plupart de mes anciens coéquipiers ont désigné YA Konan Didier comme le plus fort de notre génération. Ils n’ont pas tout à fait tort, car ce garçon a été un milieu offensif talentueux qui sortait du lot. Mais derrière lui, il y avait des travailleurs de l’ombre comme KOUAMÉ Désiré Magloire et KONÉ Kouamatien Emmanuel. Ce dernier faisait un gros travail dans l’entre-jeu. Il est donc pour moi le plus fort de notre génération.

 

Quel est le vis-à-vis le plus fort qui vous posait des problèmes au niveau national?

L’attaquant qui m’a vraiment posé des problèmes a été le Nigérian UMOH Emmanuel quand il évoluait à la JCA Treichville. Il était fort physiquement, bon de la tête et efficace devant les buts.

 

Et au niveau international?

C’est l’ancien attaquant angolais d’Al Ahly SC du Caire, Flavio Amado Da Silva. Il jouait constamment en mouvement en faisant beaucoup d’appels de balle. Il avait aussi beaucoup de vista dans son jeu. Défendre contre lui était très difficile.

 

Avec quel coéquipier vous entendiez-vous le plus sur le terrain?

Je m’entendais bien avec DOUMBIA Mamadou dit Doum-2. On se comprenait bien sur l’aire de jeu et on était très proche dans la vie.

 

Quel est celui qui avait le plus l’esprit professionnel?

Tout le monde était consciencieux, ambitieux, discipliné et travailleur. Il y avait une raison à cela. On venait presque tous des quartiers défavorisés et on voulait réussir dans la vie à travers le football. Tout le monde travaillait donc avec sérieux et faisait preuve de professionnalisme. Et l’ASEC Mimosas nous mettait dans d’excellentes conditions pour réaliser nos ambitions.

 

Quel était votre coéquipier le plus sympathique?

Le plus sympathique pour moi, c’est KOUAMÉ Konan Désiré Magloire. On a toujours gardé de bons rapports et on continue de s’appeler régulièrement.

 

Y a-t-il un coéquipier que vous avez perdu de vue et que vous aimeriez revoir?

C’est mon cousin germain SORO Taïna Adama dont je n’ai plus de nouvelles depuis que je suis parti de l’ASEC Mimosas. Il peut, par le biais de cette interview, entrer en contact avec vous pour me donner son numéro de téléphone ou prendre le mien pour qu’on puisse communiquer. Cela me fera vraiment plaisir.

 

Et l’entraîneur qui vous a marqué le plus à l’ASEC Mimosas?

C’est vrai que le Coach Bazer (AKA Kouamé Basile) est celui qui m’a donné ma chance en 2003. Mais les entraîneurs qui m’ont marqué au club sont Patrick LIEWIG et GOUAMÉNÉ Maxime avec lesquels on a réussi de grandes et belles saisons.

 

Quel est le meilleur souvenir de votre passage à l’ASEC Mimosas?

Sans discussion, c’est notre titre de champion de Côte d’Ivoire, en 2003. Personne ne misait un sou sur nous. Mais on a pu relever ce défi en l’espace de 3 matchs et en une semaine. Ce premier titre national a plus de valeur pour moi que tous les autres que j’ai remportés à l’ASEC Mimosas.

 

Et votre plus mauvais souvenir?

C’est notre injuste élimination en 16es de finale de la Ligue des champions de la CAF contre l’Asante Kotoko, à Kumasi (Ghana), en 2004.

 

Avez-vous une anecdote que vous n’avez jamais raconté  à quelqu’un?

Je suis encore émerveillé par notre état d’esprit en 2003, avant les 3 derniers matchs du championnat national qu’on a finalement gagnés pour remporter le titre de champion de Côte d’Ivoire. On se réunissait tous les soirs dans une chambre pour se motiver. On se disait qu’il fallait montrer à nos dirigeants et à nos supporters qu’on méritait de porter le maillot de l’ASEC Mimosas. On le faisait à l’insu de nos dirigeants et de nos encadrants techniques.

 

Quel est votre mot de fin?

Je remercie le PCA Me Roger OUÉGNIN, ses collaborateurs du Conseil d’Administration, tous les encadrants techniques et médicaux. Je n’oublierai pas les médias du club qui se sont fait l’écho de nos performances. J’ai aussi une belle pensée pour tous nos défunts du club. Je souhaite de beaux jours à l’ASEC Mimosas.