EDITORIAL :

Se réinventer toujours …

Alors que le Comité de normalisation clôture la première phase de rencontres avec les clubs et les groupements d’intérêts ce jour, ayant ainsi permis à chacun de s’exprimer et de donner son point de vue sur la situation dans laquelle se trouve notre football, nous espérons que les premières décisions, notamment en ce qui concerne la reprise des compétitions nationales, fixée comme une priorité, seront annoncées très prochainement. 

Pendant ce temps, toute personne passant par Sol Béni pourra voir que tout notre club est à la tâche, de l’équipe professionnelle, à l’Académie MimoSifcom en passant par l’Hôtel Sol Béni, le service Communication ou encore les jardiniers ou les activités de sport-loisir. La ruche est en effet en pleine activité et l’on y prépare les prochaines échéances importantes de l’Association avec passion et beaucoup d’enthousiasme. Dans les périodes difficiles comme celle que nous vivons et comme celle que vivent des centaines de clubs de football ou d’entreprises dans le monde, seuls les plus prévoyants et ceux qui se seront donner du mal à penser l’avenir survivront.

J’échangeais récemment avec un dirigeant d’un club de Bundesliga (L1 allemande) qui m’informait des grosses difficultés des clubs allemands du fait de leur modèle économique basé sur un taux de remplissage très important des stades (près de 98%) et donc beaucoup plus affectés que leurs homologues anglais, espagnols, italiens ou français par le huis-clos imposé pour lutter contre la pandémie.  Cependant, il restait assez optimiste en s’empressant d’ajouter que, du fait de ce modèle économique moins dépendant des droits TV, ces mêmes clubs allemands seraient certainement les premiers à relever la tête dès lors que les mesures de huis-clos seraient levées.  Ce qui ne sera pas obligatoirement le cas pour les clubs d’autres pays qui n’ont pas eu le courage de réformer la structure de leurs clubs.

Dans le même ordre d’idée, des clubs comme l’Olympique Lyonnais ou Arsenal FC ont fait de lourds investissements pour construire leurs propres stades au cours des 10 dernières années et font partie de ces clubs qui ont su envisager l’avenir avec responsabilité en se projetant sur le moyen et le long terme. Ces lourds investissements ont eu un impact fort sur les résultats immédiats de ces deux clubs car cela les a obligés à réduire leur masse salariale ainsi que le budget dédié au recrutement de joueurs pendant que d’autres n’hésitaient pas à s’endetter fortement comme le FC Barcelone. Cependant, même s’ils n’ont pas gagné de Coupe d’Europe jusqu’à maintenant, il est indéniable que ces clubs seront récompensés de ces choix à plus ou moins longue échéance, tant sur le plan financier que sur le plan sportif.

En ce qui concerne notre association, celle-ci a depuis longtemps fait également fait le choix de la construction, dès 1989, avec notamment l’acquisition de Sol Béni, bien que la plupart des Actionnaires ne comprenaient pas vraiment ce choix à cette époque.

Près de trois décennies plus tard, voilà que notre club se relance dans un grand projet avec la construction d’un nouveau centre d’entraînement, dénommé « GBORO GBATA » (composé de 2 parcelles de 45 000 m² pour l’une et de 20 834 m² pour l’autre, soit un total de 65 834 m² ou 6,5 hectares), situé dans la commune de Bingerville. A quoi bon, se demandent certains, heureux que notre club dispose déjà de Sol Béni et pour lesquels la priorité est aujourd’hui de redevenir une place forte en Afrique ? A ceux-là dont nous comprenons les interrogations, nous répondrons que les victoires de demain se préparent aujourd’hui. Le football, la Côte d’Ivoire et le monde sont en perpétuelle évolution et gare à celui qui ratera le bon train. De nombreux grands clubs historiques ou de grandes entreprises n’ayant pas opéré les bons choix, ont perdu leur leadership ou ont totalement disparu. A ce sujet, nous vous conseillons la lecture de l’article de Mme Mahja Nait Barka (https://www.linkedin.com/pulse/nokia-et-kodak-quand-les-leaders-seffondrent-mahja-naitbarka/?originalSubdomain=fr portant sur les exemples de deux grands leaders dans leurs secteurs d’activité qui ont pratiquement disparu des radars :

 

                 – NOKIA qui régnait sur la téléphonie mobile avec 50% du marché des téléphones vendus dans le monde en 2007 et qui n’en vendait plus que 1% en 2019,

                 – KODAK, qui détenait 90% du marché du marché de la photographie (pellicules et appareils) jusque dans les années 1990, déposa le premier brevet d’appareil photo numérique et fit pourtant faillite au début des années 2010.

 

Ces histoires incroyables montrent la fragilité de toute entreprise et doivent attirer l’attention de tous les managers sur les erreurs à ne pas commettre pour ne pas quitter la scène plus tôt que prévu, même si l’on domine un secteur. Pour les éviter et rester dans la course, l’auteur conseille d’adopter certaines pratiques :

 

                 1) Soyez agile et sachez réinventer votre modèle économique,

« Les entreprises sont bien souvent aveugles à percevoir les forces perturbatrices affectant leur secteur. Leur échec est généralement une incapacité à sortir de leur zone de confort et à adopter un nouveau modèle économique parmi ceux ouverts par le changement perturbateur ».

 

                 2) Ne tombez pas dans le piège de la complaisance et de l’arrogance, soyez ouvert aux propositions,

« Historiquement, Kodak s’est construite sur une culture de l’innovation et du changement, mais, avec le temps, la voix des innovateurs ne portait plus suffisamment loin pour être entendue et écoutée au sommet ».

 

                 3) Ne prenez pas à la légère la culture d’entreprise et sachez la faire évoluer pour qu’elle ne devienne pas un frein au changement.

Voilà le défi qui se pose devant notre club : anticiper, innover, s’adapter, se réinventer toujours ou mourir à petit feu ! Notre choix est fait ! Le train est en marche pour se développer toujours plus et ainsi demeurer, pendant de nombreuses années encore, le leader du football ivoirien et in fine revenir sur le devant de la scène africaine.

 

 

 

Benoît YOU