PAROLES D'ANCIEN KOUAKOU N’Doua Patrick Irénée (Ancien milieu offensif de l’ASEC Mimosas 2004-2011) :

« J’ai pu réaliser mon rêve de jouer dans mon club de cœur »

L’ancien milieu offensif de l’ASEC Mimosas, formé à l’Académie MimoSifcom, KOUAKOU N’Doua Patrick Irénée, ‘’Techno’’ comme l’appellent affectueusement ses intimes, se souvient de ses années ASEC Mimosas. 

Que devenez-vous?

Je suis toujours footballeur mais sans club. En attendant, je developpe mes affaires, pour préparer mon après-football. 

 

Comment êtes-vous arrivé à l’ASEC Mimosas?

Mon arrivée à l’ASEC Mimosas a été un long fleuve tranquille. J’ai fait un premier test d’entrée à l’Académie MimoSifcom qui avait été apprécié. Arrivé en retard au second test, je n’avais pas été autorisé à y participer. Comme seule alternative il me fallait retourner au Centre de formation OSA où je suis resté un an et demi durant lequel, j’avais participé au championnat de jeunes organisé par Walter AMMANN, alors chargé de la formation et du développement du football des jeunes à la FIF. A l’issue de ce championnat, j’avais été sélectionné parmi les 23 joueurs pour le Tournoi International de Montaigu, en France. La préparation de ce tournoi prévu du 6 au 12 avril 2004 se passait à Sol Béni. Des pensionnaires de l’Académie MimoSifcom avaient entre-temps intégré la sélection et Pascal THEAULT avait l’œil sur ses joueurs. C’est ainsi qu’il avait décidé de me recruter. De retour de Montaigu, j’ai intégré directement l’Académie MimoSifcom. Après quatre années de formation, j’ai été promu en équipe première de l’ASEC Mimosas, en 2008. 

 

Quel a été votre parcours après l’ASEC Mimosas?

Après l’ASEC Mimosas, j’ai connu cinq clubs au Maghreb et en France. Tout a commencé par Hasania d’Agadir au Maroc où j’ai joué pendant deux saisons et demi, avant de me retrouver en Tunisie au club Sfaxien avec le Coach Philippe TROUSSIER. Avec ce club j’ai disputé la demi-finale de la Ligue des Champions en 2014. L’année suivante, j’ai signé dans le club algérien d’ASO Chlef. J’y ai évolué durant une saison avant de retourner au Maroc, au Moulidia d’Oujda. Ma dernière aventure à l’étranger a eu lieu en France, à l’US Granville qui évolue dans le championnat français en National.

 

Êtes-vous satisfait de votre carrière de footballeur?

Je suis satisfait de ce que j’ai pu vivre jusqu’à aujourd’hui. J’ai pu réaliser mon rêve de jouer dans mon club de cœur, l’ASEC Mimosas et de remporter de nombreux titres. J’ai eu la chance de livrer des matches de Ligue des champions et de jouer en équipe nationale, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Certes, j’aurais pu faire mieux, mais il faut toujours rendre gloire à Dieu pour le peu qu’Il nous accorde.

 

Quel a été votre coéquipier le plus fort à l’ASEC Mimosas?

Chacun de mes coéquipiers avait ses qualités. Dans un groupe, chaque qualité est importante. Avant moi, il y avait une équipe très compétitive avec YA Konan Didier, YAO Kouassi Martial, KOUAME Désiré Magloire et autres, chacun d’eux était bon dans son registre. DIOMANDÉ Ahmed Hervé, en défense centrale, SEKYERE Mark et ZAGABAYOU Hugues, au milieu, GOHI BI Cyriac, en attaque, étaient les meilleurs de mon époque. 

 

Quel est le vis-à-vis le plus fort qui vous posait des problèmes au niveau national?

Je n’en vois pas sincèrement. Je parlerai plutôt d’une équipe. Celle du Stella Club devant laquelle j’avais plus de problème, parce qu’en son sein il y avait des joueurs issus de l’Académie MimoSifcom qui avaient reçus la même formation que nous et donc, on se connaissait par coeur.

 

Et au niveau international?

Je dirai Moshine MOUTOUALI, milieu de terrain ou attaquant du Raja de Casablanca, trois fois meilleur joueur du championnat marocain, sacré meilleur buteur de son club en 2009 et 2010 puis meilleur passeur en 2009, 2011, 2014 et 2020. C’est un fabuleux joueur puisqu’il continue de jouer. Quand on jouait contre le Raja, MOUTOUALI faisait étalage de son immense talent qui éclaboussait tout le monde. 

 

Avec quel coéquipier vous entendiez-vous le plus sur le terrain?

Incontestablement DIOMANDÉ Ahmed. On a passé plus de temps ensemble. Il était certes défenseur mais il me trouvait les yeux fermés sur le terrain avec ses passes lumineuses qui me mettait en lumière et me permettaient de faire la différence. Je citerai aussi le ghanéen FRIMPONG Yaw, un joueur de couloir dont les passes en retrait me profitaient. 

 

Quel est celui qui avait le plus l’esprit professionnel?

Ils sont deux. Il s’agit de nos deux milieux récupérateurs : ZAGBAYOU Hugues Evrad et SEKYERE Mark. Ils étaient des joueurs de devoir et donnaient l’envie à tout le groupe de se surpasser sur le terrain. 

 

Quel était votre coéquipier le plus sympathique?

DIOMANDÉ Ahmed et moi avions des affinités. Après, il y avait le gardien ANGBAN Vincent de Paul. Il était le plus âgé mais il savait se fondre dans le groupe. Il nous faisait tout le temps rigoler. Avec lui, j’ai gardé de bons rapports. 

 

Quel est celui que vous avez perdu de vue et que vous aimeriez revoir?

Après toutes ces années passées ensemble, chacun a suivi son chemin. C’est la vie. Mais j’aimerais bien revoir OUÉDRAOGO Abdoul Karim et KOUADIO Konan Serges, des joueurs avec lesquels, j’ai passé de bons moments à l’Académie MimoSifcom.

 

Et l’entraîneur qui vous a le plus marqué à l’ASEC Mimosas?

J’ai vécu les meilleurs moments de ma carrière à l’ASEC Mimosas avec GOUAMÉNÉ Maxime comme entraîneur. Je vous rappelle que c’est avec cet entraîneur que j’ai explosé jusqu’à être désigné en fin de saison meilleur joueur du championnat en 2010. Cela marque forcément. Pour être juste, Maxime GOUAMÉNÉ a surfé sur le travail du Coach Patrick LIEWIG qu’il a remplacé suite à notre élimination en Ligue des Champions contre Monomotapa United FC de Hararé, en 8es de finale, en 2009.

 

Quel est le meilleur souvenir de votre passage à l’ASEC Mimosas?

Beaucoup de bons souvenirs défilent dans mon esprit…Il y a eu des matchs que j’ai débloqué par des buts mais en gros, je retiendrai la saison 2010, où en plus du titre de champion, j’avais décroché celui du meilleur joueur du championnat ivoirien. 

 

Et votre plus mauvais souvenir?

Ce sont les 8es de finale de la Ligue des Champions, ASEC Mimosas-Monomotapa United FC en 2009. C’était le dernier virage avant les matchs de poules. Après notre victoire 1-0, à Abidjan, sur un penalty de YAO Kouassi Martial, il fallait aller négocier la qualification au Zimbabwe. Le dimanche 03 mai 2009, on s’est arraché pour ramener la qualification mais malheureusement, on est tombé 2-0, à Harare. On avait eu très mal mais le PCA avait trouvé les mots justes pour nous aider à relever la tête.

 

Avez-vous une anecdote à raconter que vous n’avez jamais dite à quelqu’un?

Rire. Le Coach GOUAMÉNÉ venait d’être nommé par le PCA, Me Roger OUEGNIN à l’approche d’un derby comptant pour la 8ème journée en retard de Ligue 1 délocalisée à Bouaké contre l’Africa Sports. On menait 1-0 et l’Africa avait égalisé. Au moment où l’arbitre suppléant indiquait les 3 mn additionnelles, le coach décidait de me faire entrer avec des consignes. Je lui avais répondu en ces termes : « Coach, quelles consignes tu veux me donner à 3 mn de la fin ?…Qu’est-ce que tu veux que je fasse ?…Y a pas de consignes à donner ici ». Avec une rage au ventre, je suis rentré et sur un service de FRIMPONG Yaw, je donnais la victoire à mon équipe d’une frappe lourde. A la fin du match, le PCA, Me Roger OUÉGNIN et le président délégué Francis OUÉGNIN s’étaient étreints dans la tribune officielle. Pour mieux manifester sa joie, le PCA s’était retrouvé dans la main-courante pour me porter en triomphe. C’était un coup de poignard à l’Africa Sports.  

 

Quel est votre mot de fin?

L’ASEC Mimosas reste une famille. Vous me donnez là l’occasion de dire merci à toutes les composantes de ce grand club et à toutes les bonnes personnes qui ont contribué à ma réussite dans le football. Grand merci au Coach Pascal THEAULT.

Bonne et sainte année 2021 à tous les sportifs ivoiriens.