INTERVIEW de TAPSOBA Abdoul Fessal (Attaquant du Standard de Liège) :

« Grandir et apprendre au maximum »

Depuis son transfert en Belgique en 2019, TAPSOBA Abdoul Fessal n’avait plus remis les pieds à Abidjan. Le jeune attaquant international burkinabé du Standard de Liège, formé à l’Académie MimoSifcom et passé par l’équipe professionnelle de l’ASEC Mimosas, a profité des fêtes de fin d’année 2020 pour retrouver la Côte d’Ivoire et son club formateur. Nous l’avons rencontré.

 

 

Après seulement une saison passée en équipe première de l’ASEC Mimosas, vous avez été prêté en septembre 2019 au Standard de Liège. Comment vous êtes-vous adapté à ce nouvel environnement ?

 

À mon arrivée en Belgique, j’étais plutôt tranquille dans la tête. Le seul problème qui m’a un peu déstabilisé, c’est que je pensais que je partais pour jouer directement avec l’équipe première. La réa- lité était tout autre puisque j’ai été mis à la disposition de l’équipe réserve dans un premier temps. J’étais déçu parce que j’avais l’impression d’avoir rétrogradé. Je m’entraînais avec l’équipe première puis je jouais avec la réserve et les U18. Au fil du temps, je me suis fait une idée claire. Je me suis rendu compte que cette situation m’avait aidé à bien m’intégrer et surtout à bien prendre mes marques dans le football belge.

 

Les choses se passent plutôt bien pour vous, puisqu’en juillet 2020, le club belge décide de lever l’option d’achat et de vous transférer définitivement. De Marcory, Zone 4 à Liège, c’est un extraordinaire envol, n’est-ce pas ?

 

Exactement ! Mais bien avant de signer, c’était compliqué par rapport à la crise sanitaire, tout était à l’arrêt. Donc je ne savais pas comment les choses allaient se passer. J’étais inquiet, je ne savais pas si j’allais signer ou pas. Plus tard, mes dirigeants m’ont annoncé que j’allais enfin signer. J’ai alors appelé la famille pour lui annoncer la bonne nouvelle. C’était un grand moment.

 

Quelles sont vos relations avec vos coéquipiers du Standard Lièges ?

 

Au tout début c’était un peu difficile. Avec le temps, je me suis bien adapté. Aujourd’hui tout se passe très bien, ils sont tous formidables.

 

Saviez-vous qu’avant vous, il y a eu GOHI Bi Cyriac qui est passé de l’Académie MimoSifcom au Standard Liège ?

 

Absolument. Suivre les traces de GOHI Bi Cyriac qui a marqué le club fait partie de mes objectifs. J’ai le devoir de perpétuer cette confiance du Standard de Liège envers l’ASEC Mimosas. Je fais un coucou au passage à GOHI BI Cyriac.

 

Vous faites vos débuts en championnat le 8 août 2020, face au Cercle Bruges … Suivra ensuite votre première titularisation en Jupiler Pro League contre Charleroi, comment avez-vous vécu ces moments ?

 

Ce n’était pas facile parce que je ne m’y attendais pas du tout. Je venais juste d’intégrer le groupe professionnel. Lors de la 1 ère journée, j’ai commencé sur le banc et je suis entré en cours de jeu. J’étais un peu surpris. Surtout que le coach ne m’avait rien dit auparavant. Mais, je suis assez mature pour com- prendre ce genre de situation. J’ai fait mon entrée, j’ai joué mon football sans me mettre en difficulté.

 

Vous vous sentez bien au Standard et ça se ressent sur le terrain. Vous avez inscrit votre premier but avec le club en Europa Ligue…

 

Déjà avant ce premier but je faisais des entrées remarquées. Du coup, quand le but est arrivé, tout le monde était content. Ce but était magique. Dommage qu’il n’y avait pas de supporters, pour le célébrer avec moi. Après le match, j’ai reçu beaucoup de messages qui m’ont fait chaud au cœur. On joue au football pour vivre ces moment-là.

 

 

En 3 matchs vous inscrivez 2 buts en Europa Ligue. On imagine que cela vous a mis en confiance.

Comme je l’ai dit, à chaque fois que je suis sur le terrain, je donne tout pour l’équipe.

 

 

Aujourd’hui, vous vous imposez de plus en plus dans l’effectif du club, vous avez disputé en tout 9 matchs en 19 journées. Quels sont vos objectifs personnels avec le Stan- dard Liège ?

 

Cette saison, mon objectif est de grandir, apprendre au maximum, tactiquement, techniquement et physiquement. Je me donne le temps de bien m’adapter et m’intégrer dans ce championnat pour espérer confirmer la saison suivante et monter en grade.

 

Vous êtes international burkinabé U20 et vous avez déjà été convoqué chez les seniors mais vous avez manqué d’honorer la sélection. Pouvez-vous nous expliquer les raisons ?

 

Cela me fait malheureusement deux convocations manquées. Lors de la première, j’étais encore à l’ASEC Mimosas mais pour des raisons administratives, je n’ai pas pu y aller. La deuxième a été empêchée par la pandémie de la COVID-19. Mais, espérons qu’en mars prochain, je pourrais enfin honorer cette convocation en sélection nationale.

 

Que pensez-vous du groupe actuel de l’ASEC Mimosas ?

 

Julien CHEVALIER est un bon coach. Les jeunes sont bien intégrés dans des conditions optimales. Même s’ils n’ont pas été sacrés champions la saison dernière, il y avait de la qualité. L’ASEC Mimosas a tout ce qu’il faut pour retrouver son meilleur niveau.

 

 

Votre dernier mot …

 

Je voudrais m’adresser aux jeunes joueurs. Si je peux leur donner un conseil, c’est de travailler et de continuer de croire en eux. Parfois les gens pensent que vous n’avez pas le niveau, mais il faut faire fi de cela et continuer à se battre. Ce n’est pas forcément le plus talentueux qui réussit parce que le talent seul ne suffit pas.

 

Flora AGNÉRO