Éditorial :

Jusqu’à quand ?

Voilà huit mois (plus de 250 jours) que le dernier match de football de Ligue 1 s’est disputé en Côte d’Ivoire et en scrutant l’horizon, nous ne voyons toujours rien venir. Arrivera-t-on à une année entière sans football en Côte d’Ivoire ? On n’en est pas très loin et il s’agirait d’un triste record. Effet immédiat, les clubs et les équipes tuent le temps, en s’entraînant, en disputant des matchs amicaux, puis en s’arrêtant pour reposer leurs finances.

 

Pendant combien de temps encore pourrons-nous continuer ainsi ? C’est à la fois un miracle d’être encore en vie, mais c’est surtout une catastrophe à tous les niveaux, car un club de football professionnel sans compétitions n’a plus beaucoup de raison d’être et, si l’on s’amuse aux jeux des comparaisons, c’est un peu comme, « le jaune sans le noir », « Mimos sans Sifcom (et SIFCA) », « Un match de l’ASEC Mimosas sans Actionnaires », « une semaine sans le magazine Mimosas », ou encore, « une bière sans bulles » ou « du riz sans sauce et sans piment » !

 

C’est possible, mais c’est bien triste ! Et pourquoi pas bientôt, des matchs sans joueurs ou sans ballons !

 

Le seul motif d’espoir est de voir cette année 2020, qui marche sur la tête, sur le point de tirer sa révérence. Personne ne la regrettera alors qu’elle fût annoncée, avec tambours et trompettes, comme une année 20/20 !

 

Pendant ce temps et puisque nous parlons de chiffres ronds, notre magazine poursuit sa route et publie cette semaine son 1500e numéro, anniversaire qui démontre la persévérance de notre Association malgré les difficultés du secteur de la presse écrite en Côte d’Ivoire et dans le monde. 1500 semaines à informer, analyser, disséquer l’actualité de notre club pour les Actionnaires. Si cette mission n’est pas aisée en cette période pauvre en évènements sportifs, elle oblige nos équipes à se creuser les méninges pour maintenir allumés la flamme et l’amour des Actionnaires envers leur club.

 

Cette flamme, il en était un qui l’avait allumé dans sa jeunesse à Abidjan et qui la fit briller de mille feux pendant de nombreuses années dans le grand nord de la Côte d’Ivoire, à Ferkessédougou. Dans son fief, l’un des tout premiers ingénieurs agronomes de Côte d’Ivoire s’était fait fort d’être, chaque année, le meilleur comité d’Actionnaires. Il s’en est allé, mais le feu brille toujours chez lui où, dès le portail jaune et noir franchi, l’on découvre, dans son salon, de nombreuses photos et objets démontrant son amour éternel pour le club jaune et noir. Edi Kouadio Georges ne lira pas ce 1500e numéro, mais à l’heure de le mettre en terre, nous savons que son souvenir restera à jamais dans la mémoire de notre Association.

Qu’il repose en paix, la flamme ne s’éteindra jamais !

 

Benoît YOU