Interview de Patrick LIEWIG (Ancien entraîneur de l’ASEC Mimosas de 2004 à 2009) :

« L’ASEC Mimosas m’a beaucoup apporté »

Patrick LIEWIG est l’entraîneur qui détient le record de longévité à la tête de l’encadrement technique de l’ASEC Mimosas sous le Président Roger OUÉGNIN. Il est resté à son poste pendant 6 ans (de 2004 à 2009) au cours desquels il a remporté 3 Ligues 1 (2004, 2005, 2006); 3 Coupes nationales (2005, 2007, 2008) ; 4 Coupes FHB (2005, 2007, 2008, 2009) et a disputé 1 demi-finale de Ligue des champions (2006). À 70 ans aujourd’hui, il vit des jours paisibles entre la région parisienne et la Bretagne. Il a accepté de nous parler de son passage au club jaune et noir. Interview.
Que devenez-vous, Coach Patrick LIEWIG ?
J’ai pris du recul pour des raisons familiales par rapport à mon travail et cela depuis 2019 après une dernière expérience au West African Football Academy (WAFA) du Ghana. Ma résidence principale est à Paris, mais je vis actuellement en Bretagne.
Pourriez-vous nous parler de cette dernière expérience au Ghana ?
J’ai travaillé de 2017 à 2019 au WAFA en bonne intelligence avec Sadik, l’entraîneur atitré de ce club que dirige Karel BROKKEN. J’apportais mon expérience à la fois à l’équipe professionnelle qui participe à la Premier League ghanéenne et au centre de formation.
Quel a été votre parcours après l’ASEC Mimosas ?
Après mes 6 années passées à l’ASEC Mimosas, j’ai entraîné le Stade tunisien, puis le Club Africain de Tunis. Dans ce deuxième club, j’ai entraîné d’abord l’équipe professionnelle, puis le centre de formation. Je me suis rendu ensuite en Algérie pour prendre en main le Mouloudia Club d’Alger. Après cette expérience algerienne, je suis retourné en Tunisie pour m’occuper d’EGS Gafsa avant de me rendre en Afrique de l’Est, précisément en Tanzanie, pour entraîner Simba SC qui est l’équivalent de l’ASEC Mimosas en termes de popularité. J’ai entraîné ensuite Stand United Acacia Gold Mine, une formation basée dans le nord de la Tanzanie et qui est sponsorisée par une entreprise minière.
Quelle a été la cuvée la plus forte de l’ASEC Mimosas que vous avez entraînée durant les 6 saisons passées au club ?
C’est l’équipe qu’on a construite de 2004 à 2006 avec laquelle on a disputé les demi-finales de la Ligue des champions 2006 contre Al Ahly SC du Caire. Celle-ci était composée de joueurs comme KABORÉ Mohamed, ALLI N’Dri Vincent, DOUMBIA Mamadou, Arthur KOCOU Valérie, DIÉ Fonéyé Vincent, KONÉ Kouamatien, KOUAMÉ Désiré Magloire, YA Konan Didier, KANTE Guyan, YAO Kouassi Martial, SORO Bakary et bien d’autres. C’est un groupe qui a progressé pour atteindre son meilleur niveau en 2006.
Quelle a été l’équipe qui vous posait le plus de problèmes au niveau national ?
C’est l’Africa Sports d’Abidjan à travers les derbies chauds et serrés qui nous opposaient même si nos différentes confrontations tournaient le plus souvent à notre avantage. Il y avait aussi les formations du Séwé Sport de San Pedro et de la SOA qui nous posaient des problèmes.
Et au niveau international ?
Je citerai sans hésiter l’équipe d’Al Ahly SC. Elle était composée de joueurs talentueux et expérimentés qui jouaient quasiment tous en équipe nationale d’Égypte. Al Ahly possédait en plus un redoutable attaquant en la personne d’Abou TREIKA qui tirait toujours son équipe vers le haut.
Peut-on connaître votre meilleur souvenir à l’ASEC Mimosas ?
Ce sont les poignées de mains avec le Président Roger OUÉGNIN après chaque qualification pour une nouvelle étape en Ligue des champions et après chaque titre glané dans les compétitions nationales. C’étaient pour moi des moments forts entre un Président et son entraîneur à chaque fois que les missions avaient été accomplies. Ces moments étaient également l’expression d’une confiance réciproque.
Et votre mauvais souvenir ?
C’est notre élimination en demi-finales de la Ligue des champions 2006 face à Al Alhy SC, à Abidjan.
Après notre défaite (2-0) à l’aller, au Caire, notre victoire (2-1), à Abidjan, a été insuffisante pour obtenir la qualification. On avait pourtant la possibilité de passer cette étape. Malheusement, mes joueurs ont manqué d’expérience et de réussite. Je n’ai jamais digéré cette élimination.
Avez-vous une anecdote que vous n’avez jamais osé raconter ?
C’était au cours d’un déplacement, à Port Harcourt, au Nigéria, dans le cadre d’un tour éliminatoire de la Ligue des champions. Lors d’un entraînement d’avant-match sur le terrain d’une compagnie pétrolière, une forte pluie s’était mise à tomber avec des éclairs et des tonnerres effrayants. On a dû arrêter la séance pour regagner notre hôtel. Malheureusement, non loin de l’hôtel, notre car a été piégé dans une inondation qui nous a contraints de descendre et rentrer à pied sous la forte pluie. Le PCA qui était à l’entrée du hall a été surpris de nous voir revenir à pied et complètement trempés. C’est une situation qui m’a marqué.
Que pouvez-vous dire pour clore cet entretien ?
L’ASEC Mimosas m’a beaucoup apporté à travers les moments forts qu’on a vécus, la confiance du Président Roger OUÉGNIN, nos activités à l’Académie MimoSifcom avec Pascal THÉAULT et le Directeur Général Benoît YOU. Je remercie tous les collaborateurs du PCA qui m’ont aussi soutenu sans oublier tout le personnel de l’ASEC Mimosas et les Actionnaires qui sont des supporters formidables. Mes souvenirs à l’ASEC Mimosas sont les meilleurs de ma carrière d’entraîneur.