« Mes années ASEC ont été les meilleurs moments de ma vie »

DANSOKO Mamadi dit Madinho a fait partie de la première promotion de l’Académie MimoSifcom qui a remporté brillamment (3-1) la Super Coupe d’Afrique des clubs, le 7 février 1999, au stade FHB, face à la talentueuse et expérimentée formation de l’Espérance Sportive de Tunis. Madinho a porté les couleurs de l’ASEC Mimosas de 1999 à 2004. Il a accepté de nous raconter ses souvenirs au club jaune et noir.

 

Que devenez-vous, Madinho ?

Je vis aujourd’hui en Bretagne, précisément à Rennes (France), avec mon épouse Ingrid KACOU et mes trois enfants (1 garçon et 2 filles). Le garçon est l’aîné. Il s’appelle Ilan (14 ans)et joue avec les jeunes de son âge au Stade Rennais. Les filles s’appellent Nalia (11 ans) et Lina (11 mois). Après ma carrière, j’ai ouvert et géré un restaurant avec mon épouse durant 4ans. Depuis 2015, on s’est reconverti dans la sous-traitance de la livraison des produits de grands groupes économiques à leurs clients. Cette activité me plaît beaucoup, on s’en sort bienet on a même acheté un bel appartement.

 

Votre nom est DANSOKO Mamadi à l’état civil. Pourquoi vous a-t-on surnommé Madinho ?

En fait, mon nom à l’état civil est DANSOKO Mamadou. Je préfé- rais qu’on m’appelle Mamadi parce que ma mère aime m’appeler ainsi. Quant à mon surnom Madinho, il m’a étédonné par l’un de nos encadrants de l’époque, un Brésilien du nom de Joël Carlos GUSTAVO qui, en accord avec Jean-Marc GUILLOU, l’ancien responsable de l’Académie MimoSifcom,avait décidé de donner un surnom brésilien à chacun de nous en rapport avec nos prénoms. C’est comme ça qu’il a transformé Mamadi en Madinho, en ce qui me concerne.

 

Comment êtes-vous entré à l’Académie MimoSifcom ?

J’y suis entré en 1994, à l’âge de 12 ans. Avec des amis de quartier, on avait été sélectionné à la demande de SAMAKÉ Siaka dit Do Ropero, l’intendant de l’ASEC Mimosas, pouraller disputer un match amical contre l’Académie MimoSifcom à Sol Béni. Au cours de cette partie, on a été laminé 15-5. C’est après cette opposition que j’ai été le seul à avoir étéretenu. J’ai passé 5 saisons à l’Académie MimoSifcom (De 1993-1994 à 1998-1999), puis 5 autres saisons en équipe professionnelle de l’ASEC Mimosas (De 1998-1999 à 2003-2004). Ces 10saisons furent les meilleurs moments de ma vie. À Sol Béni, j’ai appris à cultiver des valeurs comme la solidarité et l’esprit de famille. On ne jouait pas pour gagner de l’argent, mais pournotre plaisir, pour la grandeur de l’ASEC Mimosas qui avait fait de nous des stars. On formait une famille. Aprés chaque match, on partageait nos primes avec tous les camarades de lapromotion. Ces années ont été aussi les plus belles sur le plan sportif parce qu’on a remporté beaucoup de titres et atteint même les demi-finales de la Ligue des champions, en 2002.

 

Quel a été votre itinéraire sportif après l’ASEC Mimosas ?

De l’ASEC Mimosas, j’ai été transféré au FC Lorient (L1 Française), en juillet 2003. J’y suis resté jusqu’en 2006 avant de signer à la mi-saison à l’AS Cherbourg qui évoluait en National.Je suis revenu ensuite au FC Lorient, en 2007, avant de partir pour les Émirats Arabes Unis dans le club d’Al Hissan. La saison suivante, je suis revenu en France dans le club de TrelissacFC, en National 2, puis j’ai posé mes valises à Saint Quentin (National 2, en 2009). J’ai signé ensuite au FC Chambly avant de terminer ma carrière à l’US Chantilly, en CFA 2,en 2014. Je changeais régulièrement de club à cause des blessures à répétition aux ligaments croisés. Il m’était impossible de faire 4 mois de compétition sans me blesser de nouveau.C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai décidé d’arrêter définitivement de jouer.

 

Pourquoi n’êtes-vous pas resté dans le milieu du football ?

C’est le rêve que devrait entretenir tout footballeur. Mais, ce ne fut pas mon cas. Parce que les blessures à répétition qui ne m’ont pas permis de connaître une brillante carrière commeje l’espérais ont suscité en moi une grande amertume. Cela m’a tellement déçu que lorsque j’ai raccroché les crampons, j’ai décidé de couper carrément avec le football et de ne plus y penser.

 

Quel a été votre coéquipier le plus fort ?

Chacun de nous avait ses qualités et brillait dans son rôle. On avait un beau collectif qui jouait bien et gagnait en donnant du plaisir au public.

Quel a été votre adversaire le plus fort au niveau national ?

Je n’en ai pas connu. Cependant, je reconnais que c’est l’équipe de l’Africa Sports qui nous posait des problèmes avec deux bons joueurs comme Kader KEITA et KONÉ Ibrahim.

 

Et au niveau international ?

Ah là, j’en ai connu un. C’est Maher KANZARI, un ancien milieu de terrain de l’Espérance Sportive de Tunis. Il était très vif, agressif et combatif. Il avait aussi une bonne visionde jeu et une précision de passes incroyable.

 

Quel a été votre coéquipier le plus sympathique ?

J’étais l’un des plus jeunes et le plus taquin. Je provoquais très souvent Copa BARRY qui me pourchassait à chaque fois pour me donner une petite « correction ». Mais c’est KOUTOUANNantcho Antonin « Tony » qui avait toujours des histoires drôles à raconter pour faire rire le groupe.

Et celui avec lequel vous vous entendiez bien sur le terrain ?

Je m’entendais bien avec deux coéquipiers dans l’entre jeu. Ce sont BEUGRÉ Ahiba Hermann dit Pacheco et le capitaine, DJIRÉ Abdoulaye « Junior ». Les deux m’épargnaientles tâches défensives et Pacheco avait des relances propres. C’était un régal de jouer avec eux.

 

Quel est le coéquipier que vous avez perdu de vue et que vous aimeriez revoir ?

C’est AMUAH Diaky Ibrahim. Depuis qu’on s’est quitté aux Émirats Arabes Unis, on ne s’est plus jamais revu.

 

Quel est celui qui avait le plus l’esprit professionnel ?

On avait tous l’esprit professionnel, mais BARRY Boubacar Copa et TOURÉ Kolo Abib m’impressionnaient par leur acharnement au travail. Tout était carré chez Copa qui secomportait avec une grande rigueur. Quant à Kolo TOURÉ, sa motivation et son envie de réussir étaient très grandes.

 

Quel est l’entraîneur qui vous a marqué le plus ?

C’est incontestablement Michel DECASTEL. Avec lui, une place de titulaire n’était jamais assurée. Il fallait travailler d’arrache-pied pour espérer disputer les matchs. Cela m’amenait à me surpasser à chaque entraînement pour faire partie des meilleurs.

 

Peut-on connaître le meilleur souvenir de votre carrière ?

C’est un but que j’ai marqué une fois, en championnat national, à Bouaké, contre l’Alliance Club d’une superbe reprise de volée.

 

Et votre mauvais souvenir ?

C’est la demi-finale retour de la Ligue des champions 2002, à Casablanca, contre le Raja CA qu’on a perdue 4-0 et qui a éliminé l’ASEC Mimosas après notre victoire (2-0) à Abidjan.C’est aussi au cours de ce match que j’ai contracté la blessure au genou qui a gâché ma carrière.

 

Avez-vous une anecdote que vous n’avez jamais osé raconter ?

J’en ai une qui concerne une scène qui s’est passée au cours d’un match de l’équipe nationale A. Je ne l’ai jamais racontée à quelqu’un. Comme elle est un peu gênante, je la garderai pour moi.

 

Que pouvez-vous dire pour terminer cet entretien ?

L’Académie MimoSifcom est une belle et grande institution qui a contribué à former de très bons joueurs et à élever le niveau de notre football. Je souhaite qu’à travers cette Académie, l’ASEC Mimosas continue d’aider les jeunes à réaliser leurs rêves de devenir des footballeurs de renom. Je remercie le PCA, Me Roger OUÉGNIN pour ce qu’il a faitpour la première promotion de l’Académie MimoSifcom dont je fais partie. Merci à tous les Actionnaires qui nous ont aimés, soutenus et encouragés.

 

 

Interview réalisée par KONÉ Ismaël