Éditorial :

La Tabaski et le roi Pelé

Nous vous annoncions dans notre dernière parution un réveil en douceur des activités de notre clubet ce- lui-ci se poursuit chaque jour un peu plus. L’annonce par la FIF des dates de la prochaine saisonde football est un autre signe d’un retour progressif à la normale et même si nous ne connaissonspas encore la date effective du 1 er match de la saison 2020-2021, l’on est heureux d’entrevoirpoindre à l’horizon une reprise du football professionnel.

 

De son côté, notre centre de formation, dont la plupart des activités sont toujours à l’arrêt, a, tantbien que mal, poursuivi sa mission de formation scolaire de nos jeunes élèves, apprentis footballeurs.Les résultats du BEPC, connus cette semaine et qui ont vu nos deux candidats reçus brillammentest une autre source de satisfaction en cette période si avare en bonnes nouvelles. C’est désormaisau tour de nos candidats ba- cheliers de relever le défi lancé par leurs camarades de 3 ème !

 

A l’heure de la fête de la Tabaski, profitons du peu d’actualité pour s’évader vers d’autres sentiers et vous offrir en cadeau ce texte de l’auteur chilien Eduardo Galeano sur celui que de nombreuxamateurs de football considèrent aujourd’hui encore comme le plus grand joueur de tous lestemps et dont l’évocation du nom fait encore rêver, un demi-siècle après ses exploits lors de sa 3ème coupe du Monde remportée au Mexique: Edson Arantes do Nascimiento, plus connu sous le nom de Pelé.

 

 

PELÉ

 

« Cent chansons disent son nom. A dix-sept ans, il fut cham- pion du monde et roi du football. Il n’en avaitpas encore vingt quand le gouvernement du Brésil le déclara trésor national et interdit son exportation. Ilremporta trois championnats du monde avec la sélection brésilienne et deux avec le club de Santos. Après sonmillième but, il continua à les additionner. Il joua plus de mille trois cents matchs, dans quatre-vingts pays, un match après l’autre, à un rythme infernal, et marqua en tout presque mille trois cents fois. Un jour, il arrêta une guerre : le Nigéria et le Biafra observèrent une trêve pour le voir jouer.

 

 

Le voir jouer, cela valait bien une trêve, et même davantage. Quand Pelé se lançait dans sa course, il passait à travers ses adversaires, comme un couteau. Quand il s’arrêtait, ses adversaires se perdaient dans les labyrinthesdessinés par ses jambes. Quand il sautait, il s’élevait en l’air comme si l’air était un escalier. Quand il tirait uncoup franc, les joueurs qui formaient le mur adverse voulaient se retourner, pour ne pas manquer ce but.

 

 

Il venait d’une famille pauvre, qui habitait une bourgade écartée, et il parvint au comble du pouvoir et de lafortune, où les noirs n’avaient pas le droit d’entrer. Hors des terrains, il n’offrit jamais la moindre minute de sontemps et jamais une pièce ne tomba de sa poche. Mais ceux qui, comme moi, ont eu la chance de le voir jouer, ont reçu des offrandes d’une rare beauté : des instants si dignes d’immortalité qu’ils nous permettent de croire à l’existence de l’immortalité »* .

 

 

Bonne fête de la Tabaski !

 

 

* Le Football, ombre et lumière, d’Eduardo Galeano. Lux 2014 (édition augmentée, préface de Lilian Thuram)- Traduit de l’espagnol par Jean-Marie Saint-Lu.

 

 

Benoît YOU