Éditorial  :

À chacun son rythme

La crise liée à la pandémie du COVID-19 se poursuit dans le monde à des rythmes différents selon les pays. Si la Chine, la pre- mière touchée, semble s’en éloigner (pour l’instant), de même que la plupart des pays d’Europe qui sont entrés en phase de décon- finement progressif, il serait dangereux de croire que le risque a disparu partout et pour toujours. Les exemples nord et sud- américains (Etats-Unis et Brésil notamment) illustrent bien que la situation de chaque région du monde est indépendante de celle des autres.

 

Dans notre monde ultra-connecté, dans lequel les informations du bout du monde nous arrivent parfois plus rapidement que celle du bout de notre rue, le plus difficile reste de faire le tri et de juger ce qui nous concerne ou pas. Le déconfinement à Madrid ou à Marseille n’est pas synonyme d’amélioration de la situation à Abidjan ou à Accra. Les derniers chiffres connus de l’évolution de l’épidémie en Côte d’Ivoire entraîne d’ailleurs de l’inquiétude chez certains spécialistes qui y voient peut-être le signe d’une reprise trop rapide et d’une certaine imprudence de la part des populations.

 

En ce qui concerne le football professionnel, chaque pays, chaque fédération et chaque confédération agit en fonction des informa- tions dont il dispose pour participer à l’effort de lutte contre la propagation du virus.

 

Ainsi, voit-on à travers le monde, des championnats reprendre, comme en Allemagne, au Burundi ou en Tanzanie. D’autres, plus nombreux, ont décidé d’arrêter purement et simplement toutes les compétitions amateurs et professionnelles (France, Belgique, Pays-Bas pour l’Europe et l’Angola, la Guinée, le Burkina Faso, le Cameroun, le Rwanda, l’Ethiopie, le Niger, le Togo, la Gambie …). Enfin, d’autres ont annoncé vouloir reprendre la compétition dès lors que la situation sanitaire et les gouvernements le permet- tront (Espagne, Angleterre, Mali, Algérie, Tunisie, Maroc …).

 

A chacun son rythme donc et cela se fait dans la clarté et la trans- parence !

 

Que le football ivoirien suive son propre rythme, nous n’avons rien à y redire. Par contre, l’absence de visibilité totale dans la- quelle se trouvent les acteurs de notre football vis-à-vis de la fin de la saison sportive est fort préjudiciable, tout à fait incompré- hensible et totalement irresponsable de la part des dirigeants de la FIF. Sans cap fixé, comment prévoir, anticiper et s’organiser? Nous espérons rapidement une position claire de la part de la FIF car ajouter de l’incertitude à la situation actuelle n’est pas très respectueux vis-à-vis de ceux qui se battent chaque jour pour se maintenir tant bien que mal à flot.

 

Enfin, en cette période de vaches maigres, des informations sur l’utilisation des fonds reçus par la FIF de la part de la FIFA et de la CAF (700 000 US $, soit plus de 400 Millions FCFA) seraient également les bienvenues. D’autant plus, si l’institution fédérale ivoirienne imitait ses nombreux homologues africains qui ont im- médiatement redistribué ces fonds aux acteurs du football natio- nal (clubs, joueurs, groupements d’intérêts …) pour les soutenir dans cette épreuve.

 

Dans ce contexte, notre association, modèle reconnu en Côte d’Ivoire, continue, à son rythme, de chercher sa voie, entre sa- gesse, prudence et volonté de redémarrer ses activités avec le principe de responsabilité comme guide. Nous ne dévierons pas de ce principe, tout comme nous resterons fidèles à celui de trans- parence dans la gestion, en vigueur depuis maintenant 3 décen- nies, et qui se traduit par la publication des états financiers de notre association pour l’année 2019 dans ce numéro.

 

A chacun son rythme, sans toutefois renier les principes essentiels de bonne gouvernance que sont la transparence et la communica- tion. Voilà un bon programme !

 

Benoît YOU