Éditorial :

En temps de crise !

Alors que nous vivons une grave crise mondiale, nous vous proposons de revenir sur la notion de crise, la gestion particulière de ces périodes et les méthodes pour en sortir.

 

Étymologiquement, le mot « crise » vient du grec « krisis » qui signifie « décision ». Il peut se définir comme «  un événement social ou personnel qui se caractérise par un paroxysme des souffrances, des contradictions ou des incertitudes, pouvant produire des explosions de violence ou de révolte. La crise est une rupture d’équilibre».

 

Les crises peuvent être de plusieurs ordres : individuelles (crise de paludisme, d’appendicite, cardiaque, de larmes ou de nerfs…) ou collectives (politique, économique, sociale ou sanitaire…).

 

En situation de crise, un équilibre établi est donc rompu et sa gestion consistera à traverser l’épreuve («le monde du pendant») en limitant au maximum les dégâts en vue de rétablir l’ordre ancien (revenir au « monde d’avant ») ou de trouver un nouvel équilibre («le monde d’après»). Cette gestion se passe à tous les niveaux : du plus haut niveau de l’État jusqu’au foyer familial entraînant la prise de décisions souvent difficiles en vue de survivre à la crise.

 

Si les crises sont souvent de terribles moments à vivre, elles peuvent parfois être des vecteurs de changements et laissent apparaître leur double visage : à la fois un risque, mais aussi une chance : risque de régression et chance de progression. Les meilleurs managers en temps de crise sont donc ceux qui réussissent à passer cette étape sans trop de dégâts et à transformer ce danger en une opportunité. Ainsi a-t-on pu lire cette semaine la tribune de Mme Malado KABA, l’ancienne Ministre de l’économie et des finances de Guinée-Conakry intitulée : « COVID-19 en Afrique : À toute chose malheur pourrait-il être bon ? » (https://afrique.latribune.fr/think-tank/tribunes/2020-05-25/covid-19-en-afrique-a-toute-chose-malheur-pourrait-il-etre-bon-848440.html) dans laquelle elle écrit : «Chez les Grecs anciens, la crise n’a pas cette connotation négative que nous lui connaissons. C’est un moment de « décision » et de « jugement ». Et cette pandémie, malgré ses conséquences négatives, est un moment clé, qui nous offre l’opportunité de préférer à l’immobilisme et l’inertie, l’innovation et l’action pour une transformation durable et positive de nos sociétés et nos économies. Sommes-nous prêts à faire le bon choix?»

 

En ce qui concerne cette crise du COVID-19, elle est de plusieurs ordres. Initialement sanitaire, ses conséquences se traduisent déjà sur d’autres plans, notamment économiques et sociaux. Elle aura peut-être aussi des conséquences politiques dans le monde ou dans certains pays, à l’heure où l’on parle de possible « guerre froide » entre la Chine et les États-Unis.

 

Pour l’industrie du sport professionnel, elle entraîne déjà d’importants dégâts et pose de nombreuses questions sur son modèle économique, basé, en partie, sur l’accueil du public rendu impossible pendant certainement plusieurs mois.

 

Le monde du sport professionnel est un laboratoire intéressant pour les chercheurs travaillant sur les crises. En effet, en football notamment, la crise rôde en permanence autour d’un club, à l’affut d’une série de défaites pour ébranler tout le système, renverser l’entraîneur et parfois les dirigeants. À ce sujet, Arsène WENGER définit le grand entraîneur comme celui qui a la capacité de «réduire les temps de crise». Ainsi, durant ses 22 ans comme Manager du club anglais d’Arsenal FC, il n’a jamais connu une série de plus de 2 défaites. Il s’agit certainement d’une des raisons de sa longévité.

 

La crise : vecteur de changement? Certains acteurs du sport professionnel qui reprend timidement ont commencé à le mettre en pratique. Ainsi a-t-on vu, dans certains stades de football en Allemagne, lors de la reprise de la Bundesliga à huis-clos, des sièges occupés par des mannequins en carton pour donner l’illusion de présence de public associée à une bande sonore qui simule les chants des supporters.

 

On ne sait pas si rien ne sera plus comme avant. Ce qui est certain, c’est que celui qui saura le mieux s’adapter à la nouvelle réalité aura une chance de sortir de cette crise, mettant en pratique la théorie darwinienne de l’évolution. Quant aux autres, tels les dinosaures à la fin de la période du Crétacé, il y a 65 millions d’années, ils risquent d’être engloutis et de disparaître.

Voilà l’un des prochains défis pour notre club. Ne pas être les dinosaures de cette première moitié du 21e  siècle ! S’appuyer sur ses solides fondations tout en étant capable de se réinventer et de trouver de nouveaux leviers pour construire l’ASEC Mimosas de demain.

Rien n’est jamais acquis !

 

Notre riche histoire a montré que nous avons toujours su rester debout dans la tempête. Montrons tous (Actionnaires, joueurs, dirigeants, salariés…) que nous en sommes encore et toujours capables.

 

Benoît YOU