Éditorial  :

Le plus grand des défis !

Un vent de réforme souffle sur la FIFA depuis quelques mois. 

 

Lors d’une rencontre avec les Présidents des comités liés au Pôle numérique du CNACO, samedi dernier, à Sol Béni, l’un de ces responsables a interrogé le Président du Conseil d’Administration et Président du CNACO, Me Roger OUÉGNIN, sur les moyens de faire revenir le public lors des matchs de l’ASEC Mimosas comme ce fut le cas dans les années 1990.

 

Sempiternelle question à laquelle Me Roger OUÉGNIN a répondu en renvoyant la balle aux responsables des Actionnaires chargés de la mobilisation. Il a cependant fait un rappel historique de la mobilisation au cours des 40 dernières années qui pourrait se résumer ainsi :

 

              Des années 1980 avec des stades pleins, mais peu de titres pour l’ASEC Mimosas (1 titre de champion de Côte d’Ivoire, 1 Coupe nationale, 2 Coupes Félix Houphouët-Boigny),

 

              Des années 1990 exceptionnelles pour notre club tant sur le plan des résultats sportifs (1 Coupe UFOA, 1 finale de la Coupe d’Afrique des               clubs champions, 1 CAF-Ligue des champions, 1 Super Coupe d’Afrique, 8 titres de champion de Côte d’Ivoire, 4 Coupes nationales, 1 Coupe de la FIF et 5 Coupes Félix Houphouët-Boigny) que sur le plan de la mobilisation avec des stades pleins d’Actionnaires à chaque rencontre, mobilisés par un CNACO fort présidé par Me KONÉ Mamadou. 

 

              Depuis le début des années 2000, de bons résultats sportifs sur le plan national surtout (11 titres de champion de Côte d’Ivoire, 8 Coupes nationales, 7 Coupes Félix Houphouët-Boigny), mais une affluence en baisse régulière dans les stades.

 

Comment analyser ce phénomène de désertification ?

 

Depuis plus de 15 ans, chacun y va de son analyse.

 

Tout d’abord, il convient de circonscrire le problème. Est-ce un problème propre à la Côte d’Ivoire, à l’Afrique de l’Ouest, au continent ou à d’autres régions du monde ?

 

De façon générale, on observe, dans le monde, une marginalisation et une ringardisation de certains footballs face au « show hollywoodien de la Premier League, de la Ligue des Champions UEFA et des classicos nationaux * ». Ces footballs relégués sont tout autant ceux des championnats « mineurs » en Europe, en Afrique ou en Asie que les matchs des sélections nationales qui attirent de moins de moins l’intérêt des foules en dehors des phases finales.

 

Ainsi, depuis l’avènement de la télévision satellitaire et du numérique, l’accès pour tous et partout aux plus grands matchs internationaux a entraîné une concurrence féroce pour les autres compétitions à laquelle certains ont su faire face mieux que d’autres. Par ailleurs, le départ des meilleurs joueurs de plus en plus jeunes de ces championnats « mineurs » (on parle ici des championnats d’Afrique Sub-saharienne, sud-américains, mais également européens comme la France ou les Pays-Bas devenus des réservoirs pour les très grands clubs) a rendu le spectacle moins attractif qu’au cours des années 80-90 où les meilleurs joueurs de ces pays évoluaient dans leur championnat national.

 

On observe cependant que certains championnats et clubs ont été moins affectés qu’en Côte d’Ivoire. Ainsi peut-on voir des championnats très suivis en Afrique du Nord avec un fort sentiment d’appartenance, comme à l’Espérance de Tunis, au WAC de Casablanca, au Raja CA, Al Ahly d’Egypte ou encore l’USM Alger. Des clubs congolais tels le Tout Puissant Mazembe ou le Vita Club et le club ghanéen d’Asante Kotoko font figures d’exception en Afrique subsaharienne pour des raisons différentes.

 

En ce qui concerne la Côte d’Ivoire, aucun club n’échappe à ce phénomène même si l’ASEC Mimosas peut se targuer du soutien d’une base de fidèles, convaincus que l’ASEC MIMOSAS, c’est également EUX, les supporters. 

 

C’est ensemble que nous pouvons œuvrer à recréer les émotions que véhicule le football, facteur d’épanouissement et vecteur de cohésion sociale.  

 

Dirigeants, Actionnaires, Nouvelles générations, voilà le grand défi des prochaines années. Il est de taille, mais comme tout le monde le sait « impossible n’est pas Mimos ». 

 

 

 

*https://www.lemonde.fr/sport/article/2019/10/14/football-detester-la-treve-internationale-c-est-servir-l-agenda-des-clubs-riches_6015446_3242.html

 

Par Benoît YOU