Éditorial :

La professionnalisation et le respect des règles

Un vent de réforme souffle sur la FIFA depuis quelques mois. 

 

Ainsi a-t-on vu tour à tour de nouvelles règles du jeu apparaître, à commencer par la controversée VAR (Assistance vidéo à l’arbitrage) mais aussi des règles relatives aux fautes de main, aux remplacements, aux coups francs, aux penalties et à la mise en jeu du ballon sur un coup de pied de buts.

 

Seront soumises pour approbation à la prochaine réunion du Conseil de la FIFA prévue le 24 Octobre prochain à Shanghai, un ensemble de nouvelles règles visant à mieux encadrer les mouvements de joueurs avec l’objectif affiché de lutter contre un marché « dicté par la spéculation et non par la solidarité ». Il s’agira donc de plafonner les commissions des agents, de rétablir la licence des agents (supprimée en 2015), d’augmenter l’indemnité versée aux clubs formateurs et de limiter le nombre de prêts de joueurs par club.

 

La FIFA cherche donc à s’adapter en permanence aux réalités mouvantes du football professionnel afin de garantir l’intérêt de tous ses acteurs et du jeu.

 

En ce qui concerne la mise à disposition des joueurs par les clubs aux sélections nationales, les règlements (annexe 1 du règlement de la FIFA sur le statut et les transferts de joueurs) ont évolué au cours des 20 dernières années mais les grands principes sont restés identiques :

 

La FIFA établit un calendrier des périodes de matchs internationaux sur une période de plusieurs années (actuellement le calendrier est prévu pour la période 2018-2024) pendant lesquelles les clubs ont l’obligation de mettre leurs joueurs à la disposition des équipes nationales,

En dehors de ces périodes, les clubs n’ont pas l’obligation de libérer leurs joueurs au profit des sélections nationales.

Les Fédérations qui sollicitent les joueurs des clubs doivent respecter des délais de convocation et de retour en club après les matchs.

 

Afin de bien comprendre l’esprit de cette règlementation, revenons sur sa genèse.

 

Pendant de très nombreuses années, les Fédérations toutes puissantes faisaient appel quand bon leur semblait aux joueurs sans vraiment tenir compte des programmes des clubs. Au fil des années, les clubs, employeurs des joueurs, se sont organisés pour défendre leurs intérêts vis-à-vis des Fédérations. Et progressivement, les règles 

ci-dessus mentionnées ont été établies et sont applicables à toutes les parties. A celles-ci s’ajoute le paiement de contreparties financières par la FIFA aux clubs mettant des joueurs à la disposition de leur équipe nationale pour la phase finale de la Coupe du Monde. Une autre avancée a vu le jour récemment avec la prise en charge par la FIFA 

(et ses compagnies d’assurance), des salaires des joueurs blessés pendant les rassemblements des équipes nationales A et ce, pendant toute la durée de leur indisponibilité.

 

On observe donc qu’avec le temps et la concertation des parties prenantes du football, un net rééquilibrage s’est opéré entre les intérêts des équipes nationales, des clubs et des joueurs. 

 

Tout est donc très clair et réglementé sur le sujet.

 

La récente polémique relative à l’absence des joueurs de l’ASEC 

Mimosas au Tournoi de l’UFOA n’a donc pas lieu d’être en ce sens que ce tournoi ne se déroule pas pendant une période de mise à disposition obligatoire. Ce problème se pose déjà avec d’autres clubs pour la mise à disposition des joueurs de notre équipe nationale U23 qui disputera la phase finale de la CAN « Egypte 2019 » du 8 au 22 Novembre prochain, celle-ci se tenant en dehors d’une période de mise à disposition obligatoire de la FIFA. 

 

L’histoire de l’ASEC Mimosas et de l’équipe nationale de Côte d’Ivoire ne date pas d’hier et cette relation a permis, sans contestation possible, sauf mauvaise foi, d’écrire les plus belles pages du football ivoirien.  Cette alliance se poursuivra ainsi.

 

Par Benoît YOU