Éditorial  :

A quoi sert un cadre?

Dans ce monde où nous sommes submergés de normes, cette question s’impose à nous et à la vie de notre Association. Si ce terme est assez large, il est la plupart du temps synonyme de Limite. Ainsi un cadre sert-il à fixer des limites, qu’il s’agisse d’un tableau que le cadre mettrait en valeur, ou à un groupe d’individus dont les cadres (d’un vestiaire par exemple) donneraient aux jeunes et aux nouveaux arrivants le champ d’action et d’intervention possible.

D’où la question : Une institution peut-elle vivre sans règles ? Sans limites ? Nous y reviendrons plus bas.

Tant de choses ont été réalisées au cours des 30 dernières années à l’ASEC Mimosas, qu’il n’est pas aisé de hiérarchiser les actes posés pour la grandeur de ce club. Certains verront dans le nombre record de trophées remportés en 29 saisons (1 Ligue des champions de la CAF, 1 Super Coupe d’Afrique de la CAF, 1 Coupe UFOA, 19 titres de champion de Côte d’Ivoire, 12 Coupes nationales, 12 Super Coupes de Côte d’Ivoire Félix Houphouët Boigny, 1 Coupe de la FIF et sans oublier 1 Coupe d’Afrique des clubs champions de basket-ball) comme le signe principal d’une grande réussite. La construction de Sol Béni serait pour d’autres, et Me Roger OUÉGNIN lui-même, « le plus beau des trophées ». Enfin, d’autres verront dans les résultats de l’Académie MimoSifcom, la plus belle preuve du succès de l’entreprise entamée il y a 3 décennies.

A l’heure où l’on parle de cahier des charges et d’organisation, nous nous arrêterons sur un aspect tout aussi essentiel pour notre Association et moins souvent évoqué : les textes qui la régissent et qui ont transformé le volcan ASEC Mimosas, toujours prêt à s’enflammer après la moindre déconvenue sportive dans les années 1980, en une institution stable et efficiente depuis l’avènement de son avocat-président en 1989.

Il s’est d’abord agi de donner une existence légale à l’Association en lui adjoignant des statuts adoptés en avril 1990 par l’Assemblée Générale de l’Association. Au fil des années, ces statuts ont été modifiés pour mieux s’adapter aux évolutions de la vie de notre Association et aux réalités sportives ivoiriennes. A ce texte original se sont ajoutés d’autres textes comme le règlement intérieur de l’ASEC Mimosas, le cadre juridique du CNACO, la charte éthique du CNACO, le règlement intérieur de l’AAFAAM …

La vie au sein de notre association est donc très encadrée. Mais pourquoi tant de textes finalement ? La liberté des amoureux de l’ASEC Mimosas de supporter leur club comme bon leur semble n’est-elle pas entravée ? Débat philosophique séculaire de la Loi contre la Liberté, la Loi étant pour certains une usurpation des droits des individus quand pour d’autres, sans la Loi, aucune vie sociale n’est possible.

Force est de constater que l’avènement des règles de vie et de gouvernance au sein de notre Association s’est conjuguée avec le calme, la stabilité et son développement. Il ne s’agit pas d’un hasard et ce cadre constitue un préalable indispensable à toute action coordonnée.

Le nouveau cadre juridique du CNACO qui a vu le jour récemment et a été adopté par l’Assemblée Générale Extraordinaire du 28 Janvier 2018 s’inscrit dans cette volonté de toujours adapter nos règlements aux nouvelles réalités. Ainsi, tous ceux qui veulent participer activement à la vie de notre Association sont invités à se l’approprier. Notre Association ayant plus que jamais besoin de toutes ses forces vives pour relever les défis qui s’annoncent, toutes les idées et initiatives sont les bienvenues.

 

Par Benoît YOU