Éditorial  :

En plein dans le mille !

Le 21 Septembre 2018, la Commission de Discipline de la FIF prenait une décision à l’encontre de l’ASEC Mimosas et de son Président. Je me voyais alors infliger une interdiction de stade pendant 12 mois à compter du 24 Septembre 2018. Comme le prévoient les textes qui régissent la FIF, j’ai interjeté appel de cette décision dans les délais prescrits avec le dépôt d’un mémoire de recours en date du 3 Octobre 2018. Alors que ma suspension arrivera à son terme le mardi 24 septembre 2019, la Commission de recours de la FIF ne s’est toujours pas prononcée sur mon appel. L’absence de décision de la Commission de recours s’explique par sa composition illégale (tout comme celle de la Commission de Discipline) que j’avais dénoncée dans ce mémoire de recours. La politique du faux et de l’autruche plutôt que celle de la vérité !

 

Quel crédit peut-on accorder à des individus capables de bafouer ostensiblement les textes qui régissent l’institution dont ils ont la responsabilité temporaire de diriger ? Je confirme que nous avons affaire à un Comité Exécutif qui ment chaque jour à l’ensemble des acteurs du football et dont les méfaits doivent être dénoncés chaque jour. Ce n’est pas acceptable et je m’engage devant vous à ne jamais abandonner ce combat de la vérité, pour le développement du football ivoirien, en acceptant d’apparaître comme un vieux grincheux jamais content. Puisque ma suspension arrive à son terme, j’attends de pied ferme une nouvelle convocation de la Commission de Discipline pour avoir écrit que le Comité Exécutif actuel de la FIF et ses deux principaux responsables sont des MENTEURS.

 

Notre éditorial de la semaine dernière a eu son effet escompté, celui de faire réagir ceux dont nous dénonçons l’incompétence, les mensonges et les malversations. Ainsi, un communiqué signé du Directeur Exécutif de la FIF était publié le vendredi 13 Septembre 2019 sur le site Internet officiel de la FIF, suivi d’une interview du Président de la Ligue Professionnelle le mardi suivant. Que retenir des réponses qu’ils apportent aux problèmes que nous avons soulevés ?

 

     1) Retenons d’abord que sur la question du calendrier de la Ligue 1, ils sont restés tous les deux muets, signe 

     que nous  avons touché dans  le mille. En d’autres mots, l’absence d’anticipation et de coordination est criarde,  

    entraînant une interruption non prévue de 7 semaines après seulement 3 journées disputées et montre une 

     nouvelle fois, s’il en était besoin, l’incompétence de ces personnes  pour organiser et planifier une compétition.

 

     2) Sur la question des licences, on sent la volonté de la FIF de s’accrocher pour démontrer 2 choses :

  1. La suspension du système n’est pas de son fait, n’est pas liée à une absence de paiement mais plutôt à  

              une défaillance technique du système,

 

  1. Cette suspension n’est pas très grave car elle n’a pas empêché les compétitions de se dérouler,

 

Sur ces deux points, basons-nous sur les faits et les actions posées pour vérifier si les dires de la FIF sont exacts:

  1. Sur la responsabilité de la FIF quant à la suspension du système :
  2. Dès 2011, la FIFA a mis gratuitement à la disposition des Fédérations africaines, dans le cadre du 

                     programme «Gagner en Afrique avec l’Afrique », le système d’enregistrement des licences 

                     «LicensePlus » par le biais de la structure tunisienne NARSIL Technology.

 

  1. Les 6 et 7 septembre 2016, lors d’un séminaire de la FIFA à Yaoundé (Cameroun) auquel a participé  

                     le  Directeur Exécutif Adjoint de la FIF, la FIFA a informé les Fédérations africaines qu’elle arrêtait 

                     à la fin de l’année 2016 son contrat de service avec la société NARSIL Technology car le système 

                     avait été jugé peu fiable et peu performant par tous les acteurs. 

                        Elle les a également informées à cette occasion de la mise à disposition gratuite d’un nouveau système 

                    d’enregistrement des licences, nommé FIFA Connect, utilisable dès la saison 2017-2018.

 

                    iii. Le contrat de service entre la FIFA  et la société NARSIL Technology s’est  effectivement terminé 

                     le 31 décembre  2016 (voir le courrier de la FIFA  adressé aux Fédérations ci-contre à la page 3 de 

                     ce magazine).

 

  1. Un programme de transition du  système LicensePlus vers FIFA Connect est proposé aux 

                     Fédérations  avec des séminaires de formation et des solutions de migration avant le début de la 

                     saison 2017-2018.

 

  1. A compter de la saison 2017-2018, les Fédérations africaines ont donc le choix entre :

 

  1. Migrer vers le système d’enregistrement des licences gratuit développé par la FIFA,

 

  1. Poursuivre avec l’ancien système d’enregistrement des licences  (LicensePlus), payant et 

                            qui, de l’avis de tous, notamment des Secrétaires Généraux des clubs, était défaillant et 

                            peu performant.

 

Qu’ont fait les Fédérations africaines ?

 

      – La plupart des Fédérations africaines ont logiquement fait le choix du système gratuit et performant FIFA  

     Connect,

      – La FIF a fait le choix, en dépit du bon sens, de conserver le système payant et peu performant, LicensePlus,  

     au motif suivant selon le communiqué de la FIF publié le 13 septembre 2019 :

              o « En 2018, suite à cette décision de rupture de contrat de la FIFA, il revenait à chacune de ces 

                fédérations, de se doter, à sa charge, d’un système d’enregistrement des licences.

                En raison de ce que la décision de la FIFA soit intervenue en cours de saison sportive d’une part 

               et d’autre part, que la migration des données sur une autre plateforme d’enregistrement 

               s’avérait complexe voire longue, la FIF a choisi de continuer temporairement avec NARSIL 

               Techlogy afin de ne pas perturber les clubs dans leur enregistrement de licences ».

     -Vous conviendrez aisément que ces argments communiqués plus de 2 ans après la décision, sous la pression 

     née de nos révélations, ne peuvent pas être acceptés, en ce que :

              o La FIF évite volontairement et malicieusement de mentionner qu’un système gratuit développé 

               par la FIFA est disponible,

              o La décision de la FIFA est intervenue au cours de la saison 2016-2017 pour une application 

               au début de la saison 2017-2018, ce qui laissait tout le temps pour sa mise en place,

              o De très nombreuses fédérations africaines l’ont installé dès la saison 2017-2018 sans que cela ne 

               cause  aucun problème pour les clubs,

              o Si le choix de poursuivre avec NARSIL Technology était temporaire, pourquoi ne pas avoir migré 

               vers FIFA Connect en 2018-2019 ou en 2019-2020 ?

 

 

Si la raison du non-fonctionnement du système d’enregistrement des licences LicensePlus devait être technique, la responsabilité de la FIF serait grande car elle aurait pour origine, encore une fois, un mauvais choix, en pensant qu’elle aurait raison seule contre toutes les autres Fédérations en ne faisant pas le bon choix de FIFA Connect.

 

En ce qui concerne les questions financières, le Directeur Exécutif de la FIF nous a transmis de croustillantes informations sur les relations avec le prestataire tunisien :

     – La facture pour la saison 2018-2019 aurait été payée le 22 mars 2019, soit plus de 6 mois après le début 

    de la saison et de la prestation. 

     Pourquoi payer si tard si on n’a pas de problème financier comme l’affirme le Président de la Ligue ?

     – La facture pour la saison 2019-2020 aurait été payée le 08 août 2019 alors que le système était déjà bloqué.  

     Dans un échange de courriers électroniques, le Président de la Ligue nous affirme le lendemain de ce 

     règlement (le 09 août 2019) qu’il vient « de parler à ses services.  Les dispositions sont prises pour une reprise 

    normalement cet après-midi », pensant certainement que le règlement de la somme de 6.000 US$ 

     permettrait le déblocage souhaité. Ne fonctionnant toujours pas le 10 août 2019, il nous écrit le 

    12 août 2019 : 

      « Nous avons essayé de les joindre par téléphone mais sans suite. Certainement en arrêt du fait de la fête 

     de Tabaski.  Nous les relançons dès demain et espérons régler cette question au plus vite. Tous nos regrets»

     Comment comprendre le non-déblocage, si les comptes de la FIF sont à jour ? Le paiement du 08 août 2019 

     réglait-il tous les impayés vis-à-vis de NARSIL Technology ? 

     – Le clou du spectacle arrive en lisant la suite du communiqué : « Le Directeur Exécutif de la FIF, en 

     mission en Tunisie du 28 au 31 août 2019 à TUNIS, a tenté vainement, avec les hauts responsables de la 

     Fédération Tunisienne de Football, de rencontrer les responsables de NARSIL Technology ».

     Ainsi, le chef de l’Administration de la Fédération Ivoirienne de Football, malgré l’appui des « hauts 

     responsables de  la Fédération Tunisienne de Football », n’a pas réussi à obtenir un rendez-vous avec 

     les responsables d’un de ses prestataires. 

     Qui peut croire qu’un prestataire, avec lequel le Comité Exécutif de la FIF est en  relation depuis 2012, 

     puisse refuser de rencontrer un partenaire si les relations entre eux sont saines ? Inimaginable, s’agissant 

     de l’instance fédérale de football de la Côte d’Ivoire !!!

 

     Ajoutons quand même que le Directeur Exécutif et le Président de la Ligue mentent encore (et sont pour 

     une fois d’accord) en déclarant que « vendredi soir (13 septembre) les licences sont sorties » et que le système 

     fonctionnerait. Il est FAUX de déclarer que l’ASEC Mimosas est entré en possession des licences de ses 

     joueurs à ce jour. Quant aux 9 licences qui auraient été imprimées, l’ont-elles été avec le logiciel LicensePlus 

     de NARSIL Technology ? 

 

  1.   En ce qui concerne la gravité de la suspension du système :

 

     Le fait de jouer avec des « feuilles volantes », bien que ridicule de nos jours, n’est pas très grave, en soi. 

 Ce qui est grave, c’est de ne pas avoir accès à la base de données, qui permet de suivre le parcours d’un 

     joueur, de vérifier qu’un joueur qualifié n’a pas déjà été qualifié avec une autre identité … C’est très grave, 

     car le risque est grand qu’apparaissent de gros problèmes lorsque l’enregistrement dans le logiciel sera 

     possible. Que fera-t-on lorsqu’on découvrira qu’un joueur qui a joué un match de Ligue 1 cette saison 

     avait été qualifié par le passé et figurait dans la base de données avec une identité différente ? 

     L’équipe qui aura un joueur qualifié irrégulièrement aura-t-elle le match perdu ?   

     Et si cela concerne plusieurs équipes, qui sera tenu responsable ? Les clubs, comme toujours, ou la FIF 

     assumera-t-elle un jour les conséquences de ses actes inconséquents ?

 

Arrêtons-nous là ! La coupe est pleine, déborde et on risque l’inondation ! Nous conseillons cependant au Comité Exécutif de la FIF de rapidement prendre la sage décision de revenir à la raison en migrant vers le Programme FIFA Connect, pour le bien de tous les acteurs du football ivoirien en souffrance !

 

Nous espérons que ces éléments permettront à chacun de se faire une opinion de ce que vivent les clubs dont l’instance faîtière fait preuve d’autant de légèreté, d’incompétence et d’opacité dans sa gestion. Quant à ceux qui ne veulent rien voir …

 

 

Par Maître Roger OUÉGNIN