Interview COULIBALY Wonlo (Défenseur international de l’ASEC Mimosas) :

« Comment j’ai vécu ma première CAN »

Rentré d’Égypte où il a été l’un des meilleurs Eléphants de la CAN 2019, COULIBALY Wonlo, le défenseur international de l’ASEC Mimosas raconte sa première expérience de ce tournoi aux Actionnaires et aux sportifs ivoiriens. Voici ses confidences.

Vous êtes un très bon défenseur polyvalent et au regard des derniers événements on peut dire avec certitude que c’est l’ASEC Mimosas qui vous a propulsé en équipe nationale, n’est-ce pas?

Oui et je remercie les dirigeants de l’ASEC Mimosas de m’avoir fait venir dans le club et de continuer à me faire confiance. Rien que pour m’avoir enrôlé en sachant que j’étais blessé m’a beaucoup ému et cela a aussi décuplé ma motivation. Avec le travail, j’ai remporté mon deuxième titre de champion de Côte d’Ivoire à l’ASEC Mimosas et j’ai pu disputer ma première Coupe d’Afrique des Nations.

Comment avez-vous su pour la première fois que vous jouerez avec les Éléphants de Côte d’Ivoire et comment avez-vous vécu cela?

Tout le monde sait qu’il est difficile de nos jours pour un joueur de la Ligue 1 ivoirienne d’être appelé en équipe nationale A. Ce sont généralement les gardiens de but qui ont cette chance. J’ai appris ma première sélection lors d’un déplacement au Nigeria avec l’ASEC Mimosas. J’étais dans la chambre avec DIARRASSOUBA Daouda et OUATTARA Kalpi. C’était un jeudi. Je lisais les informations quand j’ai découvert que je faisais partie des joueurs présélectionnés pour jouer contre le Rwanda. J’ai sauté de joie et j’ai dit à DIARRASSOUBA Daouda que c’était une bonne occasion pour négocier une place pour ma première CAN.

Après la qualification des Éléphants pour la CAN, vous n’avez pas pu vous rendre à Chantilly (France) pour la préparation de ce tournoi pour un problème de visas. Que pensiez-vous à ce moment-là?

Sincèrement, je me suis posé beaucoup de questions et j’ai connu de grands moments de doute. La saison 2018-2019 venait de se terminer. Mais je continuais de m’entraîner en me disant que si mon destin était de participer à la CAN 2019, j’y serais, quel que soit ce qui pouvait m’arriver. Et puis, le soir de la fête du ramadan, j’ai reçu un appel du Coach KAMARA Ibrahim qui m’a dit qu’il avait transmis à N’GUESSAN Fabrice, l’entraîneur adjoint de l’ASEC Mimosas, un programme d’entraînement que je devais suivre. C’est ce que j’ai fait pendant une semaine avec le Coach Fabrice jusqu’au jour de mon départ pour Abu Dhabi aux Emirats-Arabes Unis. Je pars d’ici à 15h00 GMT pour arriver là-bas à 5h00 du matin (Heure locale) et le Sélectionneur ne me permet pas de me reposer. À 7h00, je fais un entraînement intense avec le groupe. L’ambiance était très bonne, tout le monde m’a accepté et je me suis senti bien dans le groupe.

Et puis, il y a eu ce premier match de groupe contre les Bafana Bafana d’Afrique du Sud que vous battez (1-0). Comment l’avez-vous vécu?

D’abord l’entraîneur m’annonce ma titularisation. Un grand moment d’émotion. Je me demande si je serai à la hauteur. Je me suis dit que j’ai toujours eu un bon comportement avec mon club dans les compétitions nationales et en Ligue des Champions de la CAF et qu’il fallait essayer simplement de faire la même chose lors de cette CAN. Ensuite, l’arrivée au stade, la sortie du tunnel pour le match, l’ambiance dans l’arène. J’ai essayé de jouer simplement. Après avoir réussi mes deux premières interventions, je me sens libéré. Nous gagnons ce premier match. Tout est parti de là.

Vous avez disputé aussi une bonne partie de ce match avec un maillot déchiré au cours d’un duel avec l’attaquant sud-africain LEBO Mothiba, de RC Strasbourg (France). Pourriez-vous nous en parler?

C’était sur une rentrée de touche. Je le marquais de très près. Il s’est mis à tirer mon maillot pour se défaire de mon marquage jusqu’à ce qu’il le déchire.

Les Éléphants perdent ensuite (1-0) leur deuxième match contre le Maroc, puis gagnent (4-1) leur troisième et dernier match de poule face à la Namibie. Ils éliminent ensuite le Mali en huitième de finale avant de tomber dans les tirs au but (1-1, puis 3 tirs au but à2) face à l’Algérie en quarts. Lequel de ces cinq matches a été le plus difficile pour vous?

C’est incontestablement celui que nous disputons en huitièmes de finale contre le Mali. J’étais fatigué vers la fin de la rencontre. Je devais défendre devant TRAORÉ Adama qui venait d’entrer en jeu à la place du capitaine Abdoulaye DIABY. TRAORÉ étant plus frais et me sentant fatigué m’a fait beaucoup courir. Mais j’ai su rester à la hauteur. Cette fin de match a été l’un des moments les plus difficiles pour moi.

Quel est votre meilleur souvenir de ces phases finales de la CAN 2019?

C’est notre premier match de poule contre l’Afrique du Sud. C’était aussi mon premier d’une phase finale de CAN et je le termine avec un maillot déchiré. Je conserverai précieusement ce maillot pour le montrer à mes enfants et petits-enfants et je leur dirai qu’il est celui de mon premier match d’un tournoi de la CAN, en 2019, en Égypte.

Quel accueil vous a-t-on réservé à votre retour à Abidjan?

Nous avons su, depuis l’Égypte, que les Ivoiriens nous soutenaient et priaient beaucoup pour nous. Depuis notre retour à Abidjan, tous ceux qui me reconnaissent me félicitent pour mes prestations et cela fait vraiment plaisir. Nous aurions voulu aller jusqu’en finale pour essayer de remporter la compétition et combler les Ivoiriens de joie. Nous essaierons de faire mieux en 2021.

Vous retrouvez votre équipe, l’ASEC Mimosas, avec un nouvel entraîneur et beaucoup de nouveaux joueurs…

Je suivais déjà l’actualité de l’ASEC Mimosas en Égypte. Je connais toutes les recrues que j’ai déjà vu jouer. Ce sont tous de très bons joueurs. L’entraîneur Julien CHEVALIER est un ancien technicien du club qui a été Responsable de la formation à l’Académie MimoSifcom. Je suis content de retrouver mes encadrants, mes coéquipiers et le cadre de Sol Béni pour participer activement à la préparation de la saison prochaine.

 

K.I. (Source RJN)