Editorial :

De la constance en toutes circonstances

Dans notre monde en évolution permanente et dans lequel la vitesse des changements est exponentielle, il est réconfortant de s’appuyer sur certaines constantes. Nous en avons retenu quelques-unes dans l’actualité de ces derniers jours.

 

Il s’agit tout d’abord d’une heureuse anomalie dans le football ouest-africain actuel : la présence toujours massive des supporters de l’Asante Kotoko dans les tribunes du stade Baba YARA de Kumasi. Alors que leurs homologues de l’ASEC Mimosas, de Hearts of Oak ou de l’ASC les Jaraaf ont déserté les travées des stades depuis plusieurs années, les joueurs du club des « Porcs épics » continuent d’évoluer dans un stade comble lors de la plupart de leurs matchs comme ce fut le cas, dimanche 26 mai 2019, contre notre club à l’occasion des cérémonies de célébration du 20e anniversaire de l’accession au trône du Roi des Ashantis, Nanan OTOUMFUO Osei Tutu II. Comment expliquer cette ferveur alors que les résultats de ce club ne sont pas particulièrement bons depuis plusieurs saisons (dernier titre de champion du Ghana obtenu en 2014 et aucune participation aux phases de groupes d’une Coupe africaine des clubs depuis 2008) ? Cette exception dans le paysage du football ouest-africain est un mystère et il faut certainement chercher dans ses racines identitaires l’explication d’un tel phénomène. Un autre mystère réside dans la pauvreté des résultats obtenus par ce club, tant au niveau national qu’international depuis plus de 10 ans alors qu’il dispose d’un tel public et donc de ressources importantes (Entrées au stade, nombreux sponsors attirés par une telle popularité…). Il est certain que l’expérience vécue, lors de cette rencontre, par nos jeunes joueurs ayant évolué pour la plupart cette saison avec notre équipe réserve, leur sera fort utile lors des prochaines saisons s’ils intègrent notre équipe professionnelle et disputent des compétitions africaines.

 

La présence de 4 joueurs de l’ASEC Mimosas dans l’équipe-type de la saison 2018-2019, dont le meilleur joueur de la Ligue 1 (COULIBALY Wonlo) auxquels il convient d’ajouter 2 joueurs évoluant dans d’autres équipes, mais ayant été formés à l’Académie MimoSifcom (GBE Vigori Jean-Jaurès et DOSSO Abou) démontre également que notre club demeure au sommet du football ivoirien avec un effectif composé des meilleurs joueurs. Il s’agit bien d’une constante, car lors des 3 dernières saisons, l’ASEC Mimosas a toujours eu, au minimum, 4 joueurs dans le 11-type de la saison (4 en 2016-2017 avec le meilleur joueur et buteur Aristide BANCE et 6 lors de la saison 2017-2018). Notre équipe disposait, à n’en point douter, cette saison encore, du meilleur effectif de la Ligue 1, mais les circonstances n’ont pas tourné en notre faveur, notamment du fait du calendrier qui nous a vu jouer 21 mois sans interruption.

 

Enfin, une dernière constante pour cette semaine est la continuité dans nos valeurs et dans nos convictions. Depuis 30 ans et l’avènement de Me Roger OUÉGNIN à la Présidence de l’ASEC Mimosas, notre club est entré dans l’ère de la légalité. L’un de ses premiers actes fut de créer des statuts pour notre Association qui en était dépourvue jusque-là. Depuis ce jour, notre association a fait du respect des textes et des Lois un principe non-négociable. On ne s’arrange pas avec la Loi, surtout lorsqu’elle ne nous convient pas, au risque de lui ôter toute valeur et d’entrer dans le règne de l’anarchie. Le refus de Me Roger OUÉGNIN d’accepter l’amnistie proposée par le Président du Comité Exécutif de la FIF lors de la dernière Assemblée Générale de la FIF tenue, samedi 25 mai 2019, à Yamoussoukro, va dans ce sens. Comment pourrait-il accepter d’être amnistié dès lors que la sanction qui lui a été infligée est illégale et n’est donc pas fondée ? En ne se rendant pas au stade depuis sa condamnation en 1ère instance, le Président du Conseil d’Administration de l’ASEC Mimosas a respecté la décision de la Commission de discipline de la FIF. En faisant appel de cette décision, jeudi 4 octobre 2018 (il y a 237 jours), il est également dans son droit. Par contre, en ne donnant pas suite à cette requête fondée, la Commission de recours de la FIF opère un déni de justice. Tout puissant qu’il est, le Comité exécutif de la FIF n’est pas au-dessus des lois. Bien au contraire, il en est le garant et il devrait s’attacher en premier lieu à faire appliquer strictement les textes qui régissent notre football. Pour le bien de tous.

 

 

Benoît YOU