Editorial :

Quel samedi !!!

Scène cocasse ce samedi à Yamoussoukro.

Vers 13h, la délégation de l’équipe U14 de l’Académie MimoSifcom, conduite par le Directeur Général du club et les anciens joueurs formés dans notre centre de formation KOFFI N’Dri Romaric et BEUGRE Hermann dit « Patceco », arrive dans la capitale politique ivoirienne pour déjeuner après une première halte effectuée à l’INPHB pour saluer les officiels de cette institution et leurs hôtes. Invitée par le groupe SIFCA, partenaire de cette manifestation sportive annuelle réunissant les meilleurs étudiants-athlètes du prestigieux institut, nos joueurs et leurs encadrants sortent du car climatisé flambant neuf de son fidèle partenaire UTB pour rejoindre le lieu du repas.

Par coïncidence, elle trouve, garé dans les alentours, un véhicule aux couleurs de l’Africa Sports et croise un groupe de personnes s’engouffrant dans le fameux moyen de locomotion mis à leur disposition par leurs dirigeants pour aller disputer le match de Ligue 1 contre la SOA.

Marck-Leblanc, journaliste du groupe de communication de notre club et fin connaisseur des effectifs des clubs de Ligue 1, ayant fait le déplacement avec la délégation Mimosas, est surpris de ne pas reconnaître les joueurs habituels de l’Africa Sports. Quelle ne fut pas notre surprise lorsque nous apprîmes que ce grand club avait dû faire appel à un centre de formation de Yamoussoukro pour jouer cette rencontre et espérer éviter le forfait et ses conséquences !

Quelle tristesse de voir un tel club être tombé  aussi bas, non pas sur le plan sportif car une « année sans » peut arriver à tout le monde, mais sur tous les autres plans et en particulier sur le plan de la morale sportive ! Par cette chute vertigineuse, c’est tout le football ivoirien qui est tiré vers le bas et malgré tous les efforts de ces  quelques clubs qui œuvrent  pour le maintenir à niveau, l’appel du fond est une équation bien difficile à résoudre, surtout lorsque la faîtière de notre football  en est un acteur très actif.

En effet, comme tous les observateurs et en tant que participants à cette compétition, nous nous interrogeons sur le fait que le commissaire au match et l’arbitre aient pu faire débuter ce match alors qu’aucun des joueurs évoluant sous les couleurs de l’Africa Sports d’Abidjan, ne figurait sur la liste des 30 joueurs qualifiés pour participer à cette compétition. Comment est-ce possible sans la complicité des officiels de la Ligue Professionnelle ? S’il ne s’agit pas de complicité, il faudra alors parler d’incompétence et c’est tout aussi grave ! Une réaction immédiate des instances de la LPF était attendue pour montrer son opposition claire et nette à de telles pratiques irrégulières et intolérables vis-à-vis de l’éthique et du Fairplay. Tant la Commission de Discipline (régulièrement constituée cette fois-ci) que la Commission d’éthique et de Fairplay de la FIF devaient se saisir en urgence de ce dossier au titre des articles 2 du Code Disciplinaire de la FIF qui stipule : « Le présent code s’applique à tous les matchs et compétitions organisés par la FIF.  En dehors de ce cadre, il s’applique lorsqu’une atteinte est portée à un officiel de la Fédération Ivoirienne de Football, de manière plus générale, lorsque des atteintes graves  sont portées aux buts statutaires de la FIF, en cas d’enfreinte à la règlementation de la FIF … » et  146 du même code : « La Commission d’éthique et de Fairplay est compétente  pour tout comportement portant atteinte  à l’intégrité et à l’image du football et de ses instances, et notamment les attitudes contraires à la loi, la morale et à l’éthique. Il se concentre  sur les comportements généraux au sein de la famille du Football, qui ne sont pas en rapport  – ou qui  sont peu  en rapport – avec des actions sur le terrain de jeu ». Au lieu de quoi, c’est à une réaction incroyable d’irresponsabilité du Directeur Exécutif de cette institution qui nous a été servie : «   Si l’Africa Sports ne partait pas jouer, c’était le forfait. Et le forfait est plus dangereux que ce qu’ils ont fait ».  Après avoir voulu escroquer l’ASEC Mimosas et le WAC de 24 Millions FCFA chacun lors de la saison 2017-2018 en voulant leur faire payer des frais de production à la RTI au mépris des textes de la CAF, ce dirigeant parachuté à la tête de l’Administration du football national sans en connaître ni les textes ni les valeurs, poursuit son entreprise de démolition du peu de crédit qui restait de la Fédération Ivoirienne de Football. Prôner la tricherie et mettre en danger des joueurs non assurés pour disputer un match officiel de Ligue 1 ! C’est à désespérer de notre football.

Poursuivant sa route, notre équipe U14 a disputé un match de gala contre des étudiants de l’INP HB qu’elle a remporté sur le score de 4 buts à 1 devant de grandes personnalités du football mondial comme Raymond DOMENECH, Bernard LAMA, Alain GOUAMENE ou encore Abdoulaye TRAORE dit « Ben Badi ». Quel contraste avec l’épisode précédent !

Pour accentuer encore plus ce contraste, notre équipe professionnelle réalisait, ce même jour, un bel exploit sur le plan international en disposant de son adversaire marocain, récent vainqueur de la Ligue des Champions, à l’issue d’un match plein et tout en maîtrise, se replaçant ainsi dans la course aux quarts de finale de la plus prestigieuse des compétitions de clubs sur le continent.

En quelques heures, le fossé abyssal qui sépare les deux anciens rivaux a été révélé à la face du monde. Et, ce jour-là, entre ces deux pôles, la FIF a fait le choix de soutenir la médiocrité et la forfaiture.  Quel samedi vraiment !!!

 

Maître Roger OUÉGNIN