Éditorial  :

Quel drôle de métier !

Le métier d’entraîneur de football est bien ingrat et cruel. Un jour au sommet et le lendemain au fond du trou avec les mêmes méthodes, les mêmes compétences mais pas avec les mêmes résultats sportifs et comptables. 

 

Revenons sur ce métier qui a beaucoup évolué au fil des années. L’image de l’entraîneur en survêtement, sifflet à la bouche disposant ses plots sur le terrain et dont la mission essentielle était d’animer la séance d’entraînement et le match du week-end a bien changé. Ces 2 moments forts rythment toujours la semaine de l’entraîneur avec le match comme aboutissement. Cependant son rôle et sa mission sont devenus beaucoup plus larges. 

 

Tout d’abord, il convient de distinguer plusieurs métiers totalement différents au sein de cette corporation : il y a en effet peu de similitudes entre la vie d’un entraîneur principal de club, celle de son adjoint, celle d’un sélectionneur d’une équipe nationale ou celle d’un formateur. Tous sont bien des techniciens du football qui interviennent dans l’encadrement de joueurs de football mais les compétences requises pour les exercer et leurs quotidiens ne sont pas du tout semblables.

 

Ce qu’il y a de commun à tous ces encadrants aujourd’hui, c’est qu’en plus d’avoir à manager un groupe de joueurs, ils doivent également animer un staff de plus en plus étoffé au service de l’équipe et de la performance. Si la décision finale revient au technicien, il a, à sa disposition, toute une équipe qui lui fournit de plus en plus d’informations afin de l’aider à prendre la meilleure décision : préparateur physique, entraîneur des gardiens, médecin, kinésithérapeute, ostéopathe, nutritionniste, analyste vidéo, analyste statistiques, psychologue, préparateur mental, jardiniers … auxquels s’ajoutent toute une batterie d’outils et d’indicateurs de plus en plus sophistiqués (GPS, indice de performance, …).

 

Cette « équipe derrière l’équipe » est une source inépuisable d’informations et il s’agira pour le technicien de bien les analyser afin d’en tirer l’essentiel.

 

Depuis sa création, l’ASEC Mimosas a connu 31 entraîneurs pour diriger son équipe première. Au cours des 30 dernières saisons (depuis 1989), 17 entraîneurs se sont succédé sur son banc pour remporter 19 titres de champions de Côte d’Ivoire. Certains sont restés une saison quand l’un d’entre eux y a officié pendant plus de 5 saisons ou un autre aura porté cette casquette à 2 reprises. L’une des constantes dans la gestion des entraîneurs sous la présidence de Maître Roger OUÉGNIN est qu’il se sépare très rarement de son entraîneur en cours de saison. Question de principe et de confiance envers ses collaborateurs qui servent leur club avec dévouement, passion et compétence. Une autre constante est le tremplin que constitue notre club pour tous ces techniciens une fois qu’ils sont partis sous d’autres cieux. L’expérience unique acquise en notre sein et le prestige que confère le fait d’avoir été l’entraîneur principal de l’ASEC Mimosas leur permettent très souvent de rebondir dans de bons clubs pour la suite de leur carrière.

 

AMANI Yao Lambert César, l’actuel entraîneur principal de l’ASEC Mimosas n’est pas un novice en la matière. Plusieurs fois élu meilleur entraîneur de Côte d’Ivoire et l’un des rares entraîneurs à avoir conquis le titre de champion de Côte d’Ivoire avec deux clubs différents (AS Tanda et l’ASEC Mimosas), il a fait ses preuves. A la baguette la saison dernière avec la réalisation d’un triplé (Super Coupe, Ligue 1 et Coupe nationale), notre club connait avec lui des difficultés au cours de cette saison pour réitérer les mêmes performances. Comme cela se passe dans la plupart des clubs du monde, cette absence de résultat entraîne un déferlement de critique et de haine contre celui que nous adorions il y a quelques mois.

 

L’entraîneur est très souvent le fusible parfait à faire sauter pour calmer les supporters et espérer faire repartir la machine en créant un déclic parmi les joueurs. Les statistiques ne sont pas si formelles et la séparation avec un entraîneur en cours de saison n’a pas pour conséquences automatiques l’amélioration des résultats. 

 

Actionnaires, ayez confiance en votre Président pour faire les bons choix pour notre club et en votre entraîneur pour tout donner afin de redresser la barre. Restons sereins et unis malgré la tempête. C’est la marque des grands clubs.

 

 

Benoît YOU