Éditorial  :

Suivre la cadence !

VAR, transferts internationaux, tierce propriété des joueurs, utilisation des nouvelles technologies, paris sportifs, statistiques, indice de performance, … Le football avance, chaque jour à un rythme de plus en plus élevé, tentant de suivre la marche d’un monde qui devient « une course folle à laquelle chacun est sommé de participer, dont nul ne sait quelle est la ligne d’arrivée mais qui n’a d’autre finalité que d’être rapide et de rendre obsolète tout ce qu’il y avait avant » … et d’éjecter ceux qui ne sont pas en mesure de suivre la cadence.

 

 

Lors d’une récente visite à Zürich où se trouve le siège de la FIFA, j’ai été impressionné par l’activité qui règne dans le « Home of FIFA » conçu par l’architecte suisse Tilla Theus.

 

 

Au cours des échanges avec les responsables de la faîtière du football mondial, il m’est apparu clairement qu’elle met tout en œuvre pour suivre l’évolution du monde du football en perpétuelle accélération. Pour répondre aux immenses défis de l’avenir, elle réunit régulièrement toutes les familles du football (les clubs avec l’ECA, les joueurs à travers la FIFPRO, les ligues avec l’EPFL, les fédérations, les confédérations, les agents, les arbitres, les médecins …), aux intérêts souvent divergents, afin de trouver un consensus sur des questions essentielles. Les riches débats portent sur des thèmes aussi variés que le statut des agents, le transfert des mineurs, l’égalité dans les compétitions, la transparence dans les règlements, la redistribution des revenus des transferts aux clubs formateurs, le développement du football féminin, l’évolution de l’arbitrage, les questions d’ordre éthique, le dopage …

 

 

Au niveau de la CAF, on note également des évolutions importantes pour l’avenir du football africain. La CAN reste bien évidemment le fer de lance de cette institution mais les clubs ne sont pas en reste avec des compétitions inter-clubs qui ne cessent de progresser dans leur organisation et dans leurs cahiers des charges. La nette augmentation des revenus attribués aux clubs qualifiés pour les phases de groupe en est l’illustration et cela ne fait que commencer.

 

 

Dans ce monde si compétitif, notre club n’est pas en reste et demeure un modèle continental. Consulté régulièrement par les plus hautes instances citées plus haut (FIFA, CAF …), il est, depuis sa création en 2008, l’unique club non-européen ayant la qualité d’observateur au sein de l’ECA (Association des Clubs Européens), une institution dont le pouvoir ne cesse de s’accroître au sein de la grande famille du football. C’est à souligner à l’heure où la Côte d’Ivoire n’est plus tellement présente dans les instances du football mondial.

 

 

La confirmation de l’organisation de la CAN par la Côte d’Ivoire en 2023 avec de nouvelles installations sportives apparaît, dans ce contexte, comme une lueur d’espoir pour les joueurs, encadreurs, dirigeants et supporters des clubs de Ligue 1. On espère qu’à l’avenir, cela évitera que nos joueurs aient à disputer des matchs de la plus relevée des compétitions nationales (la Ligue 1) sur des terrains vagues plus propices à y planter des ignames qu’à y jouer des matchs de football. 

 

 

Dans tous les cas, le contraste sera saisissant pour nos joueurs lorsqu’ils pénètreront ce vendredi sur la belle pelouse du stade Loftus Versfeld pour y disputer un match capital contre un des derniers vainqueurs de la Ligue des Champions, Mamelodi Sundowns, à Pretoria.

 

 

Benoît YOU