Éditorial :

Laminés mais toujours vivants

Quelle entrée en matière !!! Encaisser 5 buts dans le même match, cela est une situation exceptionnelle pour notre club.

Sur la pelouse de Rabat, notre équipe a sombré face à un adversaire qui nous fut largement supérieur et sa large victoire est incontestable.

 

La seule chose à dire à nos joueurs est de travailler encore plus pour ne pas subir de telles déroutes humiliantes pour eux et notre club. Le respect du football oblige cependant tous ses acteurs à accepter les résultats obtenus sur le rectangle vert.  Le WAC n’était pas un adversaire quelconque puisqu’il est le récent vainqueur de cette compétition en 2017 et ses joueurs bénéficient d’une grande expérience de la Coupe d’Afrique, nettement supérieure à celle des nôtres.

 

Malgré tout, le coup est dur à encaisser ! Pour autant, la compétition ne fait que commencer. 5 matchs restent à jouer et 15 points à prendre. La 2nde journée prévue à Abidjan contre les Nigérians de Lobi Stars ce samedi sera capitale en ce qu’une victoire nous permettrait de nous repositionner dans la course à la qualification. Ce sursaut est indispensable et nous ne pouvons croire que nos valeureux joueurs restent sur cette cinglante défaite sans réagir.

 

Revenons néanmoins sur ce match et plus particulièrement sur les oppositions entre les pays du Nord et ceux de l’Afrique Sub-saharienne dont les commentateurs du football africain font souvent mention.  Dans ces régions, il y a effectivement plusieurs catégories de pays au niveau des clubs, correspondant à des réalités diverses.

 

 Cependant, une véritable analyse démontre que la réelle distinction n’est pas géographique mais économique, comme partout dans le monde. D’un côté, il y a les clubs qui sont capables de conserver leurs meilleurs joueurs et/ou d’en recruter dans d’autres pays africains et de l’autre, ceux qui ne sont pas en mesure de recruter ni de conserver les leurs. 

 

Ainsi, en ce qui concerne le Maroc et si l’on exclut les nombreux joueurs bi-nationaux marocains nés dans des pays européens, une grande partie des meilleurs joueurs formés au Maroc évolue dans les meilleurs clubs du royaume et notamment au Wydad Athletic Club, le club phare avec le RAJA. La même situation se reproduit en Tunisie avec l’Espérance de Tunis ou en Egypte avec Al Ahly. Vous noterez que ces 3 équipes sont les 4 finalistes des 2 dernières éditions de la plus prestigieuse compétition interclubs de la CAF

 

A l’inverse, très peu de clubs d’Afrique subsaharienne sont en mesure de conserver leurs meilleurs joueurs, à l’exception du TP Mazembe et de Mamelodi Sundowns (vainqueurs en 2015 et 2016). Ces deux clubs cités disposent de moyens financiers très importants qui leur permettent de rivaliser avec les clubs d’Afrique du Nord en conservant leurs meilleurs joueurs et en recrutant les meilleurs joueurs africains. Aucun autre club d’Afrique subsaharienne n’est en mesure de le faire, leurs budgets étant entre 10 et 20 fois inférieures à ceux de ces champions d’Afrique.

 

Un exploit est toujours possible, mais comme en Europe ou un tout petit nombre de clubs (5 ou 6) trustent les places en ¼ de finale de la Ligue des champions chaque saison. Les autres, dont l’ASEC Mimosas, se battent pour les places d’honneur.

Cela pose bien entendu la question du modèle économique des clubs. Si les grands clubs nord-africains se basent sur la popularité (et le soutien de l’Etat pour certains), le club congolais repose en très grande partie sur son mécène et celui d’Afrique du Sud sur les droits TV et commerciaux de ce pays à l’économie autrement puissante que ceux des autres pays d’Afrique subsaharienne.

 

Notre modèle a ses limites, mais il a fait ses preuves, car il est celui qui a permis à notre club d’être toujours là aujourd’hui, avec son patrimoine, son palmarès, ses partenaires fidèles et ses finances saines. Il permet d’envisager l’avenir avec confiance et optimisme.

 

 

Maître Roger OUÉGNIN