Éditorial :

La locomotive

En 1997, la CAF a créé le Ligue des Champions en remplacement de la Coupe d’Afrique des Clubs Champions (introduite en 1964). Depuis le lancement de cette nouvelle formule, notre club a participé à 11 phases de groupe de cette compétition (1998 – 1999 – 2001 – 2002 – 2003 – 2005 – 2006 – 2007 – 2008 – 2016 et 2019).

Puis, en 2004, la CAF a créé la Coupe de la Confédération, née de la fusion de la Coupe des clubs vainqueurs de Coupe (créée en 1975) et de la Coupe de la CAF (créée en 1992). Notre club a participé à 3 phases de groupe de cette compétition (2011 – 2014 et 2018).

Ainsi, au cours des 22 dernières années, notre club a été présent lors de 14 phases de groupe toutes compétitions confondues, soit environs 2 années sur 3.

Au cours de la même période, la présence des autres équipes ivoiriennes a été très maigre puisque toutes équipes et toutes compétitions confondues, le total s’élève à 5 participations (2 fois en Ligue des Champions pour l’Africa (2000 et 2004), 2 fois pour le SEWE Sport (en 2013 en Ligue des Champions et en 2014 en Coupe de la Confédération) et une fois pour le WAC (en 2018 en Coupe de la Confédération). Espérons que le FC San Pedro augmentera ce total en se qualifiant pour les phases de groupe de la Coupe de la Confédération 2019. Il faut en effet le souhaiter car si chaque équipe joue pour son propre compte, ses résultats ont un impact pour les autres équipes ivoiriennes puisqu’ils permettent d’établir le classement des pays pour l’attribution du nombre de places en Coupe d’Afrique.

Ainsi, la participation de l’ASEC Mimosas et du WAC en phases de groupe de la Coupe de la Confédération la saison dernière a permis à la Côte d’Ivoire d’engranger 10 points et de conserver in extremis la 12ème et dernière place du classement (avec 17.5 points contre 17 pour le Mozambique !) permettant d’aligner 4 équipes en Coupe d’Afrique (2 en Ligue des Champions et 2 en Coupe de la Confédération) lors de la saison prochaine 2019- 2020.

Les résultats de la campagne africaine que nous venons de démarrer auront quant à eux un impact sur la compétition 2020- 2021 et la présence de l’ASEC Mimosas en phases de groupe de la Ligue des Champions assure déjà les 4 places à la Côte d’Ivoire.

Ainsi, par ses performances africaines, l’ASEC Mimosas œuvre pour elle-même mais également pour les autres clubs ivoiriens et le rayonnement de tout le football ivoirien.

Sans attendre aucun trophée de la part des autorités fédérales pour ces exploits sans cesse renouvelés, nous attendons cependant qu’elles respectent leurs obligations vis-à-vis de tous les clubs (et notamment de leur locomotive) pour leur permettre d’obtenir de meilleurs résultats. L’une de celles-ci est de régler aux clubs qualifiés en Coupe d’Afrique les sommes prévues dans son budget. Pour la campagne africaine 2018-2019 démarrée le 28 novembre 2018, la FIF était redevable envers l’ASEC Mimosas de la somme de 25.000.000 (vingt-cinq millions) FCFA et de 5.000.000 (cinq millions) FCFA par tour afin de couvrir certaines charges liées à ces matchs qualificatifs, soit un total de 35.000.000 (trente-cinq millions) FCFA. Selon les propres termes de la FIF, cette somme était « exigible » avant le début de la compétition. A ce jour, la FIF a réglé 15.000.000 (quinze millions) FCFA et reste redevable envers notre club de la somme de 20.000.000 (vingt millions) FCFA. Nous imaginons qu’il en est de même pour les autres clubs ivoiriens. Comment espérer qualifier plus d’équipes et ainsi assurer un meilleur classement à la Côte d’Ivoire si la FIF, dont l’une des missions est de « défendre les intérêts du football ivoirien partout où besoin sera » (article 6.1.2.c des statuts de la FIF), se plait à ne pas respecter ses obligations dans les délais ?

 

Maître Roger OUÉGNIN