Éditorial :

Confiance et management

Quelques jours après avoir pris la tête de l’AS Monaco, le nouvel entraîneur Thierry HENRY déclarait le week-end dernier que la priorité pour son équipe était de « retrouver de la confiance ». Rien d’exceptionnel dans ces propos mais ils traduisent le sentiment de l’entraîneur qui voit son équipe en plein doute après un début de saison catastrophique.  Au même moment, notre équipe chutait à Yamoussoukro et ces mêmes mots trottaient certainement dans la tête du coach AMANI Yao.

 

En effet, comment expliquer qu’une équipe et un staff si peu remanié à l’intersaison, champion de Côte d’Ivoire et meilleure attaque lors de la saison 2017-2018, puisse avoir tant de mal à marquer des buts et à remporter ses matchs? Les joueurs ont-ils tout à coup perdu leurs qualités pour n’inscrire que 0,75 but en moyenne par match quand la saison dernière, ils en inscrivaient 2,07? 

 

Nous savons qu’il n’en est rien et que le problème se situe ailleurs, plus dans la tête que dans les pieds de nos joueurs !

 

Nous avons tous, sportifs et non sportifs, connu, à un moment ou à un autre de notre vie, la sensation que tout nous réussit, où on a le sentiment que rien ne peut nous atteindre, sans savoir trop pourquoi. Mais aussi ces périodes où tout va mal, au cours desquelles on a l’impression d’être au fond du trou et quoi que l’on fasse, on n’arrive pas à s’en sortir. 

 

La confiance est une notion impalpable et il est difficile d’en connaître tous les paramètres. L’apparition depuis quelques décennies de psychologues, sophrologues ou autres préparateurs mentaux au sein des staffs des clubs professionnels n’est pas anodine.  Elle part du principe que « le niveau d’une performance sportive est naturellement liée à l’entraînement physique, technique et tactique. Il est aussi largement influencé par la meilleure connaissance de soi, l’apprivoisement de ses émotions (gestion du stress), le rapport à sa concentration, sa motivation et la capacité de persévérance.

 

Il s’agit d’une dimension sportive tout autant sinon plus importante que la maîtrise technique et qui représente un facteur décisif dans le fait de gagner ou de perdre, de dépasser ou de ne pas dépasser les objectifs fixés ».

 

Les observateurs qui suivent les matchs des Mimos avec un œil objectif (où ceux qui prennent le temps d’analyser les statistiques de nos matchs) notent tous que notre équipe se crée de nombreuses occasions (et plus que leurs adversaires) au cours de chacun de ses matchs. Malheureusement, faute d’efficacité suffisante, cela ne se traduit pas au tableau d’affichage. Qu’en eut-il été du score final si nous avions pu transformer en buts une ou deux des cinq occasions franches que nous nous sommes procurées contre la SOA au cours des 25 premières minutes ? Bien sûr que l’on peut refaire le monde et les matchs de football avec des « si » mais nous sommes convaincus qu’il en eut été autrement. En enchaînant les échecs devant le but, nos joueurs, déjà dans le doute, n’ont fait qu’accentuer leur perte de confiance. 

 

L’importante question que l’on se pose tous désormais est celle de savoir comment renverser la vapeur, comment faire repartir la machine dans le bon sens ? Et là, c’est tout l’art du management que de savoir faire sentir à nos joueurs et à notre staff que nous avons confiance en eux tout en leur faisant sentir le poids de leurs responsabilités à jouer dans un club comme l’ASEC Mimosas. 

 

Souvent, un simple déclic suffit à relancer la machine. Cela peut être une victoire, un but ou un évènement. A nous tous de le créer pour que nous vivions une fin de saison palpitante et tout aussi belle que la précédente. 

 

 

Benoît YOU