Éditorial :

Transpercer ou contourner

En football, un résultat est toujours à confirmer ou à améliorer. Rien n’est souvent définitivement acquis ou perdu, tant que les dés ne sont pas jetés dans un match ou dans une compétition. D’où l’idée très répandue qu’un match dure 90 minutes ou qu’une qualification se joue à fond et jusqu’au bout. Que ce soit au cours d’une rencontre ou durant une compétition, croire en ses chances et les défendre crânement sont des qualités indéniables chez soi ou chez l’adversaire.

 

Mais ces atouts ne sont pas les seuls à réunir pour aller au succès. La capacité à analyser une victoire ou une défaite, à regarder au-delà pour se projeter sont tout aussi indispensables que la foi et la combativité. La gestion des événements devient nécessaire. A ce niveau, celle des succès est plus difficile que celle des défaites. La joie qui suit la victoire rend peu regardant sur des détails qui auraient pu causer un insuccès. Cela joue souvent de mauvais tours par la suite. La douleur des défaites, en revanche, amène à rechercher les causes de la contre-performance, à les analyser sous toutes leurs formes, à tirer des leçons, à rectifier le tir. Les mauvais résultats entraînent forcément des efforts vers le succès.

 

A l’ASEC Mimosas, l’habitude de tirer des leçons des défaites, la volonté de se relever après une chute et l’ambition de faire toujours partie des meilleurs sont si évidentes qu’elles ont permis jusqu’ici de construire des succès éclatants après des échecs cuisants. En 1992, par exemple, après une défaite (1-2) à l’issue du quart de finale aller de la Coupe d’Afrique des clubs champions, à Abidjan, contre l’Asante Kotoko, l’équipe est allée se qualifier en l’emportant (2-3) à Kumasi, au Ghana. En 1995, elle avait aussi perdu (0-1) à domicile la manche retour et le trophée de la première finale de Coupe d’Afrique des clubs champions de son histoire, face à Orlando Pirates d’Afrique du Sud, alors qu’elle avait arraché un match nul avantageux (2-2) à Johannesburg, à l’aller. Mais après ce cuisant revers, le club avait su retrouver des forces pour reconquérir ce trophée, trois ans plus tard, à Abidjan, sous sa nouvelle dénomination de la Ligue des champions, devant Dynamos FC de Harare.

 

Nous nous limiterons à ces deux exemples pour dire qu’aucun défi sportif n’est trop grand pour l’ASEC Mimosas qui entretient la culture de la gagne et qui a la capacité de rebondir même s’il est vrai que les temps ont changé avec les joueurs. Mais l’ASEC Mimosas demeure un état d’esprit qui se perpétue de génération en génération. 

 

Passé l’émoi de la défaite (0-1) de la 3e journée des matchs de groupe de la Coupe de la Confédération contre le Raja CA, le club a tiré des leçons de cette contre-performance et regarde vers l’avant en préparant bien son prochain match de Casablanca. Il mobilise ses forces pour réagir. Bien que dernier de la poule A avec 3 points, il n’a que 2 unités de retard sur le Raja, premier avec 5 points. L’AS Vita Club, le deuxième et Aduana Stars, le troisième, totalisent 4 points chacun. La redistribution des cartes est toujours possible et notre club a son mot à dire. 

 

Au Complexe Mohammed-V, la balle roulera encore pour les deux équipes. Ce sera aux nôtres de savoir et de pouvoir la faire rouler à notre avantage, ce dimanche, et faire tourner la roue de la victoire en notre faveur. Cela n’a rien d’impossible si notre équipe joue crânement et provoque la chance.

 

Bien évidemment, les embûches seront de taille. Mais il faudra y croire et trouver le moyen d’y arriver comme nous l’enseigne cette citation du célèbre basketteur américain Michael JORDAN : « Si vous rentrez dans un mur, n’abandonnez pas. Trouvez un moyen de l’escalader, le transpercer ou le contourner ». Le moyen d’escalader, de transpercer ou de contourner le mur du Raja existe. A notre équipe de le trouver.

 

 

KONÉ Ismaël