Interview Bilan…AMANI Yao Lambert-César (Entraîneur principal) :

« Mes joueurs ont été exceptionnels »

La saison est terminée au niveau national. L’entraîneur AMANI Yao Lambert César dresse le bilan de son groupe. Pour lui, la riche saison que son équipe vient de vivre au plan local est le résultat d’un travail collectif dans un environnement sain. Dans cet entretien, il partage avec les lecteurs d’ASEC Mimosas Magazine les secrets de cette réussite. Interview.

Quel est votre sentiment général sur le brillant parcours de votre équipe qui a réalisé le triplé au niveau national en remportant la Supercoupe FHB, le Championnat et la Coupe nationale ?
Le quatrième triplé de l’histoire de l’ASEC Mimosas que nous venons de réaliser constitue une grande satisfaction et une immense fierté pour tout le club, l’ensemble du staff technique et médical ainsi que pour tous les joueurs qui ont contribué à cette performance.

Si vous deviez dresser un bilan, que diriez-vous ?
Je dirai que nous avons progressé lentement, mais sûrement jusqu’à trouver notre rythme de croisière. A partir de là, nous avons franchi tous les obstacles les uns après les autres. Nous sommes allés de record en record en alignant 16 victoires d’affilée, en décrochant les palmes de la meilleure attaque et de la meilleure défense. Le seul hic a été notre élimination en Ligue des Champions, même si nous avons été reversés en Coupe de la Confédération.

Vous attendiez-vous à une telle performance après des débuts difficiles avec une défaite d’entrée (1-0) contre l’AFAD, puis un nul blanc devant le WAC ?
Au regard de la qualité de notre effectif, tout le monde nous voyait déjà écraser nos adversaires journée après journée. Mais nous avons débuté la Ligue 1 en moteur diesel avec une défaite, puis un match nul. Les Actionnaires se sont rendu compte que rien ne nous était acquis d’avance. C’est à partir de la troisième rencontre que nous avons remporté notre première victoire (3-0) face à l’USC Bassam. Nos deux revers des premières journées ont eu l’avantage de nous maintenir en éveil et cela a été la meilleure chose qui nous soit arrivée.

D’habitude, les nouveaux ont du mal à s’adapter à l’environnement du club. Curieusement, ce ne fut pas le cas cette saison. Qu’avez-vous fait pour éviter ce problème ?
Dans notre effectif, ceux qui ont régulièrement joué, hormis quelques-uns comme YAO Kouamé Alphonse, SAMAKÉ Gaoussou et BÉLEM Boukary, sont tous des joueurs confirmés qui ont fait leurs preuves dans d’autres clubs. Ces derniers ont une longue expérience de la Ligue 1 et plusieurs d’entre eux ont évolué avec différentes sélections nationales ivoiriennes ou de leur pays. C’est la raison pour laquelle la plupart de nos recrues n’a pas connu de difficulté d’adaptation à l’environnement professionnel de l’ASEC Mimosas.

Pour la constitution de l’effectif actuel, vous avez donc mis en avant l’expérience en plus des qualités physique, technique et l’intelligence tactique des recrues ?
L’ASEC Mimosas est un club ambitieux. Chaque saison, son équipe professionnelle doit relever plusieurs défis au niveau national et continental. Il lui faut les meilleurs joueurs pour réaliser ses ambitions. Forcément dans le choix de ceux-ci, à chaque début de saison, les dirigeants doivent tenir compte des qualités techniques, physiques, de la culture tactique, mais également du vécu des recrues pour étoffer l’effectif. Nous n’aurions pas pu dominer la dernière Ligue 1 comme nous l’avons fait si nous n’avions pas un effectif conséquent. Notre équipe qui a disputé les derniers matchs de la Ligue 1, puis remporté la Coupe nationale comprenait plusieurs éléments qui n’ont pas beaucoup joué durant la saison, mais qui, grâce à leur vécu et à leur potentiel, ont su se montrer à la hauteur quand nous leur avons donné leur chance.

Y a-t-il un compartiment de l’équipe qui a répondu le plus à vos attentes ?
Tous les compartiments de l’équipe m’ont donné satisfaction. Comme je vous l’ai dit tantôt, nous avons la meilleure attaque et la meilleure défense de la Ligue 1. TOURÉ Ahmed est notre meilleur buteur. Mais derrière, il a des coéquipiers qui défendent bien et lui donnent de bonnes balles de but. ANGBANDJI Alex, notre latéral droit est le meilleur passeur de l’équipe. Il est suivi par BADIÉ Gbagnon qui est un milieu de terrain. Le football est un tout. Tous les joueurs et tous les secteurs de notre équipe ont bien tenu leur rôle et ont répondu à nos attentes même si je reconnais qu’il y a des choses à améliorer.

Que pensez-vous de vos gardiens de but ?
Si nous avons obtenu la palme de la meilleure défense, c’est parce que nous avons aussi de grands gardiens de but qui ont su très souvent se montrer décisifs dans les moments difficiles pour nous éviter d’encaisser des buts.

Vous venez d’entrer dans l’histoire pour avoir contribué à remporter le premier triplé du club en 1990, quand vous étiez joueur, puis le quatrième, cette saison, en tant qu’entraîneur.
Qu’est-ce que cela vous inspire quand vous y pensez ?
Je me dis que j’ai beaucoup de chance d’avoir été là en 1990, puis cette saison, quand le club a réalisé ces performances pour la première et la quatrième fois.

Les résultats de votre équipe donnent le sentiment que tout a été facile dans la gestion de votre groupe. Est-ce vraiment le cas ?
Oui. Nous n’avons pas véritablement connu de difficulté dans la gestion de notre effectif grâce à l’esprit positif de mes joueurs. Chaque fois que j’ai fait confiance à un élément qui jouait peu ou presque pas, il a répondu présent. C’est grâce à ce bon état d’esprit que nous avons pu aller jusqu’au bout pour remporter la Coupe nationale après la Ligue 1, malgré de nombreux blessés dans nos rangs. Je suis particulièrement content du fait que tous mes joueurs sont heureux et fiers d’être à l’ASEC Mimosas. J’ai vraiment eu la chance, cette année, d’avoir un groupe exceptionnel avec un état d’esprit exceptionnel.

Comment avez-vous réussi à maintenir en éveil et à motiver tous vos joueurs ?
Maintenir les joueurs en éveil et les motiver a été le résultat d’un travail collectif. Cela a nécessité l’implication de tout le monde. A commencer par le PCA Me Roger OUÉGNIN. Il suit toujours tout de près. Il est à l’écoute et n’hésite pas à intervenir, à mettre l’encadrement technique, médical et les joueurs dans de bonnes conditions pour donner le meilleur d’eux-mêmes. Le Premier Vice-président, Francis OUÉGNIN, continue d’assister à toutes nos séances d’entraînement et à tous nos matchs. Sa présence et ses encouragements font du bien à l’équipe. Baky KONÉ, Responsable de la Section football professionnel, ne lâche pas non plus le groupe. Il s’implique à fond dans la vie de l’équipe et il prête une oreille attentive à toutes nos préoccupations. Quand il sent des relâchements chez certains joueurs, il les approche et essaie de les aider. Il est présent et essaie de résoudre les problèmes à son niveau. Il y a également mon adjoint, N’GUESSAN Fabrice et le médecin Docteur KOUAMÉ Yves Narcisse qui me remontent des informations sur les joueurs. Cela nous permet de connaître leurs problèmes. TRAORÉ Siaka dit Gigi vient souvent à nos entraînements ou dans les vestiaires lors de nos matchs pour nous apporter sa contribution. Sans toutes ces personnes, je n’aurais pas pu tout cerner. J’ai vraiment eu beaucoup de chance de bénéficier d’une grande cohésion, d’une collaboration franche et totale au sein et autour de l’encadrement technique que je dirige. Cela a entretenu la motivation au sein du groupe et l’a maintenu en éveil.

Comment expliquez-vous les blessures de plusieurs titulaires qui auraient pu constituer un sérieux handicap pour l’équipe vers la fin des compétitions nationales ?
Tous nos joueurs qui sont à l’infirmerie souffrent de blessures ligamentaires. Cela peut arriver à tous les athlètes durant une saison. Aucun d’eux ne souffre d’une blessure musculaire. Si c’était le cas, j’aurais pu penser qu’il y a eu des défaillances dans notre préparation physique. Mais on peut se féliciter que ce ne soit pas le cas.

Les compétitions nationales sont terminées. Il ne reste plus que la Coupe de la Confédération. Comment voyez-vous les chances de votre équipe dans cette épreuve ?
Lundi dernier, lors de la reprise des entraînements, j’ai dit à mes joueurs qu’il ne nous reste plus que la Coupe de la Confédération pour clore la saison. Nous sommes deuxièmes. Nous aurons une double
confrontation avec le Raja. Nous devrons tout donner pour arracher les trois points du match chez nous, à l’aller, avant de nous rendre au Maroc pour obtenir au moins un point chez l’adversaire. Il est important pour nous de sortir de cette phase de poules pour accéder à l’étape à élimination directe qui sera une autre compétition. Nous devons tout faire pour aller le plus loin possible dans cette compétition. J’ai confiance en mes joueurs.

Que pensez-vous du soutien des Actionnaires, cette saison ?
Ils ont été enthousiastes. Ils nous ont soutenus et cela nous a donné des ailes dans les moments difficiles. Je leur demande de nous soutenir de plus en plus. Nous allons continuer de travailler pour aller le plus loin possible en Coupe de la Confédération

 

réalisée par K.I