Éditorial :

La Coupe et le triplé !

En ce dernier dimanche du mois de juin, la Coupe nationale nous a offert sa 55ème finale. En perdant sa date habituelle de célébration lors de la période des festivités de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, Dame Coupe a été, du même coup, déshabillée de la plupart de ses atours et s’est retrouvée bien défraîchie.

 

Le choix de faire disputer cet événement sur le petit stade de Marcory à la pelouse chaque jour un peu plus dangereuse pour les joueurs et pour le spectacle fut un premier indicateur sur la dimension que les organisateurs ont voulu donné à cette finale. A cela s’est ajoutée l’absence remarquée des plus hautes autorités du sport et du football en Côte d’Ivoire. Enfin, que dire du trophée offert aux valeureux vainqueurs Mimosas et des breloques qui l’accompagnaient ? C’est bien triste pour une si belle compétition dont l’histoire regorge de moments mémorables pour tous les ivoiriens amoureux du football.

 

Difficile pour les acteurs de produire un spectacle de qualité dans ces circonstances mais il convient de tous les féliciter pour leur détermination à ramener le « trophée » dans la besace de leurs clubs prestigieux. Nos Mimos se sont imposés avec courage pour la 20ème fois et ont réalisé, par là-même, un nouveau triplé national (le 4ème dans l’histoire du club).

 

Ils ne sont pas nombreux les clubs qui, dans le monde, ont réalisé cet exploit cette saison ! On peut citer le Paris Saint Germain qui a réalisé un quadruplé (Ligue 1, Coupe Nationale, Coupe de la Ligue, Supercoupe) et le Celtic de Glasgow. C’est assez rare pour être célébré par toute la communauté Mimosas qui peut être fière de son club et de ses joueurs. D’autant plus dans le contexte que l’on connait où l’on avait promis à notre club qu’il ne remporterait plus de trophée national jusqu’à nouvel ordre !

 

L’hégémonie de notre club sur le football national cette saison (et depuis 30 ans si l’on accepte de mettre les choses en perspective sur le long terme) est remarquable mais ne constitue pas forcément un bon signe pour notre football. Si cela démontre que nous travaillons bien, cela démontre également la faiblesse de nos concurrents qui peinent à se structurer et à offrir une opposition valable. Ce fut d’autant plus remarquable lors de la Coupe nationale où, pour des raisons de gestion de l’effectif et de calendrier, nous avons disputé la plupart des matchs avec une majorité de joueurs ayant peu joué cette saison. En d’autres termes, aucune équipe de Ligue 1 ou de Ligue 2 n’a pu nous empêcher de remporter ce trophée malgré l’absence de la plupart de nos titulaires.

 

Faut-il s’en réjouir ? L’absence d’adversité est certainement l’un des plus grands dangers pour notre club et pour le football ivoirien. Ce fait n’est pas nouveau mais il faut le constater et ce, malgré l’arrivée de nouvelles ressources (droits TV) qui n’offrent, on le voit, aucune garantie quant à la progression du niveau de notre Ligue 1 et de ses clubs.

 

Des solutions existent, elles sont connues et ont été maintes fois proposées. La nouvelle saison approche et nous verrons bien ce qu’il en sera à ce niveau avec des objectifs toujours plus élevés pour notre club. En attendant, célébrons ce triplé en espérant qu’il se transforme en quadruplé, ce qui serait, pour le coup, vraiment historique !

 

Maître Roger OUEGNIN