Éditorial :

Éloge de la stabilité

A l’heure où Arsène Wenger s’apprête à disputer son dernier match sur le banc des Gunners d’Arsenal après 22 années de service et où Andres Iniesta portera pour un ultime récital le maillot Blaugrana du FC Barcelone qu’il a arboré de l’âge de 12 à 33 ans, il est intéressant de s’arrêter sur les parcours de ces joueurs, entraineurs ou dirigeants … qui ont pris le parti de s’inscrire dans la durée avec un club.

 

 

Il faut savoir que la durée de vie moyenne en 2017 d’un entraîneur des 5 grands championnats européens est de … 12 mois. Elle est encore bien inférieure en Ligue 1 de Côte d’Ivoire. Dans cet environnement, il est certain que les 260 mois d’Arsène Wenger à la tête d’Arsenal FC, les 320 mois de Sir Alex Ferguson à Manchester United ou les 42 années consécutives de Guy Roux à l’AJ Auxerre font figure d’exception.

 

 

Bien que l’existence d’une stratégie d’un club sur le long terme ne soit pas liée à la présence d’un coach pendant plus de 10 années sur le banc de l’équipe professionnelle, les exemples cités ci-dessus démontrent que dans un monde où tout va de plus en plus vite, il est parfois utile de pouvoir s’appuyer sur des Hommes forts qui s’inscrivent sur le long terme.

 

 

En termes de longévité, le cas des joueurs est quelque peu différent car si le départ des entraîneurs n’est souvent pas de leur fait, du côté des joueurs, c’est plutôt l’inverse. Ils sont de moins en moins fidèles à un club car ils sont en quête permanente d’un contrat plus intéressant. Pourtant, de qui se souvient-on ? De ces « hommes d’un seul club » dont les plus emblématiques restent bien évidemment Francesco Totti (AS Roma), Paolo Maldini (Milan AC), Carles Puyol (FC Barcelone), Sepp Maïer (Bayern Munich), Ryan Giggs (Manchester United) ou encore … Pascal Theault (SM Caen) ? Ou des autres ?

 

 

Cependant, plutôt que de longévité, nous ferons ici l’éloge de la stabilité

 

 

Les études de l’Observatoire du Football basé à Lausanne démontrent chaque année un peu plus la corrélation, dans tous les pays du monde, entre la stabilité et la performance sportive. Ce ne sera donc pas une surprise d’apprendre que le Bayern Münich et le FC Barcelone figurent parmi les équipes ayant le moins changé leurs effectifs entre 2009 et 2017, avec les résultats que l’on connaît. Face à cela, retenons que la meilleure recrue n’est certainement plus celle que l’on va chercher à prix d’or chez l’adversaire mais plutôt le joueur performant que l’on arrive à conserver dans son effectif.

 

 

L’ASEC Mimosas est un très bon exemple où stabilité rime avec performance. Stabilité au niveau de la tête mais pas uniquement. Elle est réelle dans tous les rouages du club, ce qui lui permet de s’appuyer sur des Hommes qui ont une bonne connaissance de son histoire, de ses pratiques et de ses valeurs. Ainsi, aux côtés de Me Roger Ouégnin, ils sont nombreux aujourd’hui ceux qui ont plus de 20 années au service du club jaune et noir. Que ce soit au Conseil d’Administration (avec notamment son frère ainé Francis Ouégnin, Achi Caroline, Dosso Tiémoko et Dosso Megnama), ou dans tous les autres secteurs du club (Hyacinthe Coulidiaty, Samake Siaka dit Ropero, Bamogo Boukary, Koné Ismael, Diakité Clément, Koné Oumar dit Sékou, Bara Brahima (jardinier de Sol Béni), Banse Ambroise Ahmed (gardien de Sol Béni) et bien d’autres …). 

 

 

Il s’agit-là aussi de l’une des clés de la réussite du club jaune et noir, même si des changements aux moments opportuns sont indispensables pour maintenir le niveau d’exigence requis et atteindre l’excellence.

 

Benoît YOU