Éditorial :

Coupe ou Ligue ?

Avez-vous remarqué qu’on ne parle plus que très rarement de championnat ou de Coupe mais plutôt de Ligue ? Qu’il s’agisse de la Ligue des Champions, de la Ligue 1 ou de Premier League.

 

Comment s’est opéré ce changement et s’agit-il seulement d’une question de vocabulaire ?

Revenons quelques années plus tôt où l’on disputait le championnat de 1ère division, la Coupe d’Afrique des Clubs Champions ou la Coupe d’Europe des vainqueurs de Coupe.

 

Jusque dans les années 90, un championnat opposait un certain nombre d’équipes en matches aller-retour et l’équipe qui disposait du plus grand nombre de point était déclarée championne. Du côté des Coupes (qu’elles soient nationales ou continentales), il s’agissait de compétitions avec des matchs à élimination directe disputés sur un match unique ou en aller-retour.

 

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Le mot « championnat » a été remplacé par le terme « ligue » mais en réalité, peu de changement sont à noter même si certains pays ont mis en place des systèmes de « Play-off » en fin de championnat pour créer de l’incertitude et donc du spectacle pour les supporters, diffuseurs et annonceurs.

 

Ce qui a le plus changé, ce sont les anciennes coupes, elles-mêmes devenues Ligues. Qu’elle soit africaine ou européenne, la Ligue des champions (depuis 1997 en Afrique) est devenue un mélange de Coupe et de championnat dans le sens où une partie de la compétition se déroule sous la forme d’un championnat (phase de groupe) et une autre à élimination directe.

 

Ce qui a motivé ces changements, ce sont bien évidemment des raisons financières, que ce soit pour les clubs, les confédérations, les diffuseurs ou les annonceurs. En effet, les matchs à élimination directe, si ils garantissent un spectacle unique avec de fortes émotions, comportent un risque très élevé pour tous ces acteurs pour lesquels une élimination précoce peuvent avoir de graves conséquences au regard des investissements réalisés.

 

C’est ainsi qu’en garantissant un minimum de 6 matches de groupe aux équipes qualifiées, la CAF ou l’UEFA leur assurent des retombées financières importantes. Tout le monde en est satisfait même si l’émotion est beaucoup moins grande dès lors que l’enjeu de ces matchs est moindre. Il faudra attendre la fin des matchs de groupe pour retrouver le suspens des matchs à élimination directe. En accord avec l’UEFA, les grands clubs européens réunis sous la bannière de l’ECA (Association des Clubs Européens), ont réussi à supprimer les tours préliminaires pour les clubs des grandes Ligues (Espagne, Angleterre, Allemagne, Italie, France …) afin de réduire encore le risque d’une élimination précoce en les qualifiant directement pour les phases de groupe. Ainsi, une place dans les 3 premiers dans les grandes ligues européennes garantit une qualification directe dans les poules et donc des rentrées financières certaines. Connaissant le montant minimum de leurs recettes, ces clubs peuvent s’engager sur des investissements en recrutement de joueurs et donc être plus performants.

 

L’ASEC Mimosas milite pour qu’une telle réforme soit adoptée par la CAF pour les prochaines éditions de la Ligue des Champions. Ainsi, le champion des grands pays de football africains (dont la Côte d’Ivoire) serait immédiatement qualifié pour les phases de groupe, sans avoir à passer de tour préliminaire ou de 16ème de finale toujours très périlleux. Cela leur garantirait des recettes substantielles et leur permettrait de mieux préparer cette compétition avec un recrutement de qualité. De plus, cela donnerait une valeur plus importante au titre de champion de Côte d’Ivoire qui, s’il ne permet pas d’empocher une prime conséquente de la part de la FIF, permettrait, d’empocher le pactole versé par la CAF. 

 

En attendant cette réforme et après le bon résultat obtenu à Ndola contre Zecso United, il reste à notre club à obtenir cette 11ème qualification en phase de groupe le dimanche 18 Mars 2018 au Stade Félix Houphouët Boigny, et ce, tant pour le prestige de notre club que pour sa santé financière. 

 

 

Benoît YOU