Éditorial :

Arbitrage et bouc-émissaire

Il n’est pas une semaine où l’actualité du football ne soit animée par une polémique autour de l’arbitrage. Comme si le football et tout son écosystème, ne pouvait se passer de débats sur les erreurs des arbitres (rarement sur leurs bons matchs) ou sur celles des nouveaux outils d’assistance vidéo (Goal Line Technology …).

 

Chaque match connait son lot de contestation et il est logique qu’avec les avancées technologiques la question de l’assistance de l’arbitre par de nouveaux outils ait été posée à l’image de ce qui a été fait pour le tennis ou le rugby, avec des résultats très positifs.

 

Le débat a été long et il semble que l’on soit entrée dans une dynamique irréversible où l’assistance vidéo accompagnera l’arbitre dans sa tâche oh combien difficile. Les récents « bugs » de ces outils dans certains championnats européens sont assez cocasses et montrent que même les machines peuvent se tromper. Ils ne devraient cependant pas amener les responsables du football à faire machine arrière.

 

Cependant le football n’est pas le tennis et on commence à entendre de plus en plus de voix pour s’interroger sur les avantages réels de l’utilisation de la vidéo. Elle permet de réduire certaines erreurs mais son utilisation agit sur d’autres facteurs du jeu qui font la nature du football (l’émotion, le rythme du match …). Enfin, contrairement au tennis, il existe au football une grande part d’appréciation, on parle de la règle et de son esprit. Même après les matchs, il n’est pas rare de voir débattre les commentateurs sur une décision de l’arbitre et ne pas être d’accord !

 

La raison de cette violence autour de l’arbitre n’est-elle pas à rechercher sur un autre terrain ? 

 

En effet, les sciences humaines ont défini le « bouc-émissaire comme une soupape d’échappement qui détourne l’attention d’autres problèmes ».

 

L’arbitre serait donc la soupape idéale, plus facile à utiliser que les joueurs, les entraîneurs ou les dirigeants ! Cependant, sont-ils les seuls à faire des erreurs dans le monde du football ? Un attaquant qui rate une occasion « immanquable », un défenseur qui cause un penalty, un entraîneur qui fait une mauvaise composition d’équipe ou un directeur sportif qui fait une erreur de recrutement ne sont-ils pas plus responsables d’une défaite qu’une erreur d’arbitrage ?

 

Notre club s’est engagé depuis plusieurs semaines dans une campagne de sensibilisation de ses supporters afin de les encourager à respecter les décisions arbitrales, mêmes celles qui semblent injustes. Y a-t-il d’autres voies à suivre que celle de l’indulgence face à l’erreur d’un homme dont la tâche est chaque jour de plus en plus difficile, d’autant plus qu’en Côte d’Ivoire l’assistance technologique n’existe pas ? Actionnaires, joueurs, entraîneurs et dirigeants de l’ASEC Mimosas, montrons l’exemple dès la reprise de la saison !

  

Benoît YOU