Éditorial :

LA TRÊVE …

(De ASEC Mimosas Magazine N° 1358, paru le jeudi 28 janvier 2017)

En cette fin d’année civile et alors que nos joueurs disputeront demain le dernier match de la phase aller de la Ligue 1 avec comme objectif d’aligner une 11ème victoire d’affilée, une trêve sportive d’environ un mois aura lieu afin de permettre à notre équipe nationale locale de participer au CHAN au Maroc. Plusieurs joueurs Mimos devraient être sélectionnés pour défendre les couleurs nationales et, pour eux, cette trêve ne sera pas de tout repos. Nous leur souhaitons bonne chance et leur assurons tout notre soutien dans cette importante compétition.

Leurs collègues qui resteront en club connaîtront une trêve studieuse puisqu’il s’agira pour eux de bien préparer la 2ème phase de la saison au cours de laquelle d’importantes échéances se dresseront devant eux, et notamment la Ligue des Champions. Nous leur souhaitons une bonne préparation afin de démarrer 2018 comme ils ont fini 2017. 

Mais évoquons une autre trêve, celle des « confiseurs » qui traditionnellement se situe entre le jour de Noël et le jour de l’An et qui appelle tout le monde à la paix pendant cette période sainte. Elle doit être, pour chacun, celle de la réflexion sur ses actions, ses résultats, ses succès et ses échecs au cours de l’année écoulée.

En ce qui concerne le football ivoirien, on ne peut pas dire que le temps soit à la trêve mais plutôt aux hostilités. Ainsi, tentons de profiter de cette période pour appeler chacun à la réflexion avant de repartir … sur le « champ de bataille ».  Pour cela, nous conseillons aux protagonistes de s’interroger sur leurs domaines de responsabilités ainsi que sur les critères de jugement de leurs actions.

 

1) Définir les responsabilités :

Pour bien faire le bilan de ses actions, il est nécessaire de bien connaître le champ de responsabilité de chacune des entités (Etat, Fédération, Clubs) concernées dans le débat actuel. Ainsi, dans le domaine de la formation des joueurs en Côte d’Ivoire, qui est responsable de la mise en place d’une politique technique nationale et donc d’une politique de formation des jeunes joueurs sur tout le territoire ? Un club comme l’ASEC Mimosas, initiative privée qui évolue dans un cadre national où la structure fédérale ne met pas en place le cadre approprié à l’éclosion d’une élite sportive ou la fédération financée en grande partie par la FIFA et par des fonds publics pour créer ce cadre ? Au regard de la situation de l’organisation de la formation des jeunes joueurs en Côte d’Ivoire et des propos tenus par la Fédération Ivoirienne de Football récemment à la télévision, il semble que la mission qui lui a été assignée dans ce domaine ne soit pas bien assimilée par ses dirigeants. 

 

2) Définir les bons critères de réussite :

Cette étape est indispensable si l’on ne veut pas faire d’erreur de diagnostic et si l’on veut bien évaluer la situation. Ainsi, dans le domaine de la formation des jeunes joueurs, il est très dangereux de retenir les résultats sportifs comme critères de réussite ou d’échecs. Remporter une CAN U17 ou une Coupe du Monde U20 ne sont pas de bons indicateurs pour juger de la qualité de la formation dispensée dans un pays. On le voit aujourd’hui avec la Côte d’Ivoire et on l’a vu hier avec les performances des équipes de jeunes du Nigeria ou du Ghana. Des critères comme le nombre d’infrastructures disponibles pour les jeunes joueurs, le nombre d’éducateurs formés, la mise en place d’un système de catégorie des centres de formation, la qualité des compétitions de jeunes ou encore la scolarité obligatoire pour les jeunes en formation sont des critères qui permettent de mieux évaluer le niveau d’avancement d’un pays dans ce domaine. 

Pour sortir de la situation actuelle, il est indispensable de ne pas se tromper de débat. Ainsi, nous espérons que de ces réflexions individuelles et collectives en période de fêtes naîtront des échanges constructifs pour l’avenir du football ivoirien.

En souhaitant à tous les acteurs du football et à leurs familles une trêve active et des fêtes de fin d’année joyeuses, nous formons le vœu que 2018 soit l’année de la confirmation pour l’ASEC Mimosas et d’un renouveau pour le football ivoirien.

Très bonne année à tous.

 

 

Me Roger OUÉGNIN