Éditorial :

Plus qu’un match !

A quoi ressemblerait une saison sans des derbies ASEC / AFRICA ? Celui que nous avons pu vivre ce dimanche était de belle facture ! Avec de l’engagement, de l’émotion, du suspense et … un beau vainqueur !

Ces matches, comme tous les grands derbies sur la planète football, ont toujours une saveur particulière. Dès que le calendrier de la nouvelle saison est connu, on se met à le scruter, à la recherche de la date du derby et plus les jours approchent, plus la tension monte. La semaine du match voit régulièrement les supporters des deux camps s’invectiver et faire monter la pression sur les acteurs du match (Joueurs, entraîneurs, arbitres, officiels …).

 

Historiquement, un derby est tout d’abord l’histoire d’une rivalité entre deux clubs d’une même ville ou d’une même région et oppose deux visions du monde. Riches contre pauvres (à l’image du derby d’Istanbul opposant Fenerbace à Galatasaray ou du Superclasico argentin opposant les « Milionarios » de River Plate aux classes populaires de Boca Juniors), protestants contre catholiques (Celtic Glasgow contre Glasgow Rangers), capitale contre province (Paris « la hautaine » contre Marseille « la populaire ») …

 

En ce qui concerne le derby ivoirien, la rivalité qui s’est construite au fil des décennies est à la fois régionale (l’Africa Sports, anciennement Cercle Sportif Bété étant plutôt ancré dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire quand les Mimos se veulent être l’équipe du peuple sans attache régionale. C’est ainsi que l’ASEC d’Abidjan deviendra l’ASEC Mimosas) mais aussi culturelle. C’est ce que reflètent leurs slogans : « Les enfants s’amusent » pour l’ASEC Mimosas contre « du sang sur le gazon » pour l’Africa Sports ou leurs emblèmes (la fleur mimosas contre l’aigle).

 

Ces derbies représentent plus qu’un match de football et valent bien plus que les 3 points attribués au vainqueur. Une victoire permet aux supporters de l’équipe vainqueur de toiser ceux de l’équipe rivale pendant plusieurs mois, en attendant la prochaine opposition. Il n’est pas rare d’entendre les supporters des deux camps dire « qu’être champion sans battre le rival ne se savoure pas de la même manière ». 

 

C’est pourquoi, l’on dit souvent « qu’un derby, ça se gagne », comme une finale! Et pour la 6ème fois lors des 6 dernières confrontations, la fleur a renversé l’aigle. Une belle métaphore pour montrer que le meilleur n’est pas toujours celui qui crie le plus fort !!!

Vivement le prochain derby !

 

Benoît YOU