INTERVIEW..KOUTOUAN Akassou (Capitaine de l’ASEC Mimosas) :

« Le titre de champion a effacé toutes nos frustrations de la saison»

Le valeureux capitaine mimosas, KOUTOUAN Akassou, parle de la saison écoulée et de son premier titre de champion de Côte d’Ivoire. C’est manifestement une saison qui restera gravée dans sa mémoire et il nous la raconte avec beaucoup de plaisir. Interview.

– Alors que vous n’étiez même pas titulaire une saison auparavant, vous avez été nommé capitaine de l’ASEC Mimosas lors de l’exercice écoulée. Comment cela a-t-il été possible?

– Lors de la saison 2015-2016, j’avais commencé la saison avec le Coach ASSOUMOU Jimmy en disputant deux matches comme titulaire. Après le départ d’ASSOUMOU Jimmy, lorsque le coach Gigi est arrivé, je ne faisais pas partie de ses plans. Je n’avais plus joué jusqu’à la 3e journée de la phase retour contre le Stade d’Abidjan. Ce jour-là, l’entraîneur m’avait titularisé dans l’axe. Je lui ai donné satisfaction. A partir de là, j’ai joué jusqu’à la fin de la saison. J’ai pu disputer au passage les matches de la Ligue des champions. A la fin de la saison, le Président Roger OUEGNIN m’a convoqué à son cabinet pour me dire qu’il me confiait les rênes de la nouvelle équipe qu’il bâtirait pour 2016-2017. Un autre jour, il m’a convoqué pour la deuxième fois pour m’informer qu’il me nommait capitaine de l’équipe parce que l’ancien capitaine, GOUA Mahan Marc, avait refusé de prolonger son contrat à l’ASEC Mimosas. Et il m’a demandé: «Es-tu capable d’assumer cette responsabilité?» Je lui ai répondu que j’ai été le capitaine d’Ivoire Académie durant 3 saisons et que je me sens capable de tenir ce rôle. Je pense l’avoir fait grâce à la confiance du Président Roger OUEGNIN, à celle du Coach Gigi et de son staff ainsi qu’à celle de tous mes coéquipiers.

 

– Comment avez-vous vécu ce rôle de capitaine de l’ASEC Mimosas?

– Je suis très heureux d’être le capitaine d’un grand club comme l’ASEC Mimosas. Pour le jeune joueur que je suis et qui suis à ma deuxième saison à l’ASEC Mimosas, ce n’était pas évident. Mais j’ai réussi à relever ce défi. Je me suis dit qu’un capitaine doit être un modèle pour ses coéquipiers et montrer l’exemple sur le terrain comme en dehors. C’est ce que je me suis évertué à faire. Cela est important au sein d’une équipe comme l’ASEC Mimosas où l’obligation de résultat est très forte. Ce fut une belle expérience parce que tout le monde, des dirigeants aux joueurs en passant par l’encadrement technique, me fait confiance et me respecte. A la fin de la saison, nous avons décroché le titre de champion de Côte d’Ivoire. Je suis vraiment content pour ce sacre.

– N’avez-vous pas eu d’appréhension lorsque vous avez appris que vous seriez le capitaine d’une équipe comprenant des joueurs comme BANCE Aristide, KOFFI Kouakou Hervé, GLOUDOUEU Ange Baresi et autres?

– Pas du tout ! J’avoue que je portais le brassard de capitaine, mais les vrais capitaines étaient les aînés BANCE Aristide et GLOUDOUEU Ange Baresi. Ils m’ont toujours soutenu. Quand je devais animer une réunion avec mes coéquipiers, je leur en parlais et ils me disaient ce qu’il fallait dire et ce qu’il ne fallait pas dire ou ne pas faire. Je profite des colonnes de notre magazine pour leur dire merci pour leur soutien.

 

– Peut-on dire que le capitaine que vous êtes a porté chance à l’ASEC Mimosas qui a attendu 7 ans après son 24e titre pour remporter le 25e?

– Ce serait trop prétentieux de ma part de penser ainsi. Je pense que c’est la volonté, le travail, l’aura de toute l’équipe, les efforts de tous les dirigeants et le soutien constant des Actionnaires qui nous ont permis d’être champions de Côte d’Ivoire. Cela dit, je suis très heureux d’être le capitaine de l’équipe qui a offert à l’ASEC Mimosas, ce grand club mythique, le 25e titre de son histoire.

 

– Quel a été, selon vous, l’impact du phénomène BANCE sur le groupe?

– Permettez que je l’appelle Monsieur BANCE. Car il mérite cette appellation. Il nous a énormément apporté à tous les niveaux. Il a montré qu’il est un grand joueur et un redoutable buteur. Réussir une carrière comme la sienne en Europe, être un grand international de son rang avec plusieurs CAN et une finale de cette compétition à son actif et venir se fondre dans le groupe de l’ASEC Mimosas avec des joueurs qui n’ont pas de vécu du haut niveau, il fallait le faire et BANCE Aristide l’a fait. Il l’a fait avec humilité, avec le sens du devoir, avec l’amour de son métier, le respect de ses couleurs et de ses coéquipiers. BANCE Aristide m’avait confié personnellement avant le début de la saison qu’il serait le meilleur buteur et le meilleur joueur de la Ligue 1. Il a obtenu ces deux distinctions et le Prix spécial de la Ligue Professionnelle de Football. BANCE Aristide a toutes les qualités d’un aîné. Il nous donnait beaucoup de conseils. Je vous le dis sincèrement, il va nous manquer beaucoup la saison prochaine. 

 

– Une très bonne ambiance a régné au sein de l’équipe et l’on a senti que les nouveaux étaient bien intégrés. Comment cela a-t-il été possible?

– Cela a été possible grâce aux mises au vert internes qui ont permis aux anciens et aux nouveaux de passer plus de temps ensemble pour bien se connaître. Les anciens se liaient d’amitié avec les nouveaux si bien que ces derniers disaient que l’ASEC Mimosas est une vraie famille.

 

 

– Si l’ASEC Mimosas a fini par remporter la Ligue 1 ivoirienne 2016-2017, c’est parce qu’elle a bien débuté sa saison et réussi un beau parcours durant les 13 journées de la phase aller. Comment expliquez-vous ce bon départ?

– J’expliquerai cela par notre bonne préparation physique à l’intersaison. Tout le monde a travaillé activement. Nos entraînements étaient durs. Tous les joueurs étaient concentrés et très motivés. Tous les dirigeants étaient impliqués dans la vie de l’équipe. Je pense que c’est tout cela qui avait permis à l’ASEC Mimosas de réussir un bon parcours lors des matches aller.

 

– Et puis, lors des 13 dernières journées, l’équipe a beaucoup souffert avec de grands moments de doute…

– Cela est vrai parce que nous avons mal digéré notre élimination de la Coupe de la Confédération par la formation gabonaise de Mounana FC. Cela a été un véritable coup dur pour tout le groupe. Nous avons eu du mal à nous en remettre. Cela s’est ressenti dans nos résultats dans les compétitions nationales. J’ai réuni mes coéquipiers pour leur dire que si la Coupe de la Confédération nous a échappé, il ne faudrait pas que la Ligue 1 nous échappe également. Et qu’il fallait se concentrer et mouiller le maillot pour la remporter pour nous-mêmes, mais aussi pour nos dirigeants et pour nos supporters. Le message est bien passé. Mais après, nous avons replongé dans le doute après plusieurs matches nuls en Ligue 1 et nos éliminations en Coupe de la Ligue, puis en Coupe nationale. J’avoue que même le capitaine que je suis a beaucoup douté dans ces moments-là. Mais j’avoue aussi que ce sont les encouragements du Président Roger OUEGNIN qui m’ont motivé et qui m’ont permis de croire que tout était encore possible. Il m’appelait souvent à la maison pour me dire qu’il ne fallait pas baisser les bras, qu’il croyait en nous, qu’il était convaincu que nous serions champions de Côte d’Ivoire. A partir de là, j’ai recommencé à croire en nos chances et j’ai réuni mes coéquipiers pour leur dire que si le Président qui nous paie continue de croire en nous et en nos chances de remporter le titre, pourquoi nous les athlètes baisserions les bras ? Toute l’équipe s’est remise à croire et nous avons finalement tué le suspense et remporté le titre de champion de Côte d’Ivoire lors de la 25e journée contre le WAC, notre poursuivant immédiat.

 

 

– Il semble que vous avez tenu un véritable conseil de guerre avec vos coéquipiers à la veille du match décisif de la 25e journée contre le WAC. Que vous êtes-vous dit à cette occasion?

– J’avais convoqué cette réunion avec la bénédiction de BANCE Aristide et de GLOUDOUEU Ange Baresi. Et j’ai dit à mes coéquipiers que nous allions disputer un match difficile au cours duquel la pression serait terrible. Je leur ai dit que ce match était décisif et qu’il nous opposait à notre poursuivant direct. Une victoire nous permettrait de remporter le titre de champion de Côte d’Ivoire. J’ai demandé si l’un de nous ne se sentait pas prêt pour ce match, qu’il nous le dise pour que nous demandions à l’entraîneur de le remplacer. Parce que la partie contre le WAC n’était plus un simple match de football pour nous, mais une véritable guerre et qu’il fallait gagner pour entrer dans l’histoire du club et du football ivoirien. Je pense que tout le monde s’est senti concerné par mon discours. Lors du match contre le WAC, l’adversaire ne s’est créé qu’une seule occasion. Nous avons remporté la partie grâce à la stratégie mise en place par le coach Gigi, mais aussi grâce à notre expérience.

 

– Comment avez-vous vécu ce premier sacre de votre carrière?

– J’ai pu vivre le bonheur que l’on ressent lorsqu’on remporte pour la première fois un titre comme celui de la Ligue 1 ivoirienne. J’ai pu lire également le bonheur sur les visages au Stade de la Paix de Bouaké, puis dans la ville et enfin à notre retour à Abidjan. Les gens sont vraiment heureux quand l’ASEC Mimosas gagne.

 

– Quel a été pour vous le fait marquant de la saison?

– C’est d’avoir battu, l’Africa Sports d’Abidjan, notre éternel rival, lors des deux derbies ASEC-Africa en Ligue 1. Je vais vous raconter une anecdote. Le coach AMANI Yao nous disait durant la saison qu’à l’ASEC Mimosas, être champion de Côte d’Ivoire sans avoir battu l’Africa Sports, c’est remporter un titre sans saveur et que c’est aussi être un mauvais champion. Nous avons tenu à relever ce défi pour lui prouver que mes coéquipiers et moi sommes de vrais et de bons champions en battant l’Africa Sports à l’aller comme au retour.

 

 

– Quelles ont été vos déceptions?

– C’est notre élimination en Coupe de la Confédération par CF Mounana du Gabon à cause d’un manque d’inspiration et d’une panne d’efficacité en attaque. Ce fut un coup dur pour l’équipe. Nous avons digéré difficilement cette élimination.

 

– Que pensez-vous de votre ancien entraîneur TRAORE Siaka dit Gigi?

– C’est un très bon entraîneur. Il est très humain et très humble. Il n’a jamais eu d’écart de langage avec un joueur. Gigi est un professionnel qui aime ce qu’il fait et qui respecte tout son entourage. Ce titre a été la récompense des efforts qu’il a faits durant la saison.

 

– Que pensez-vous des Actionnaires?

– Ils sont les meilleurs supporters du monde. Ils nous ont soutenus du début à la fin de la saison. Les Actionnaires sont des supporters merveilleux qui aiment leur club et leurs joueurs. Ce sont des choses qui nous ont motivés à mouiller le maillot pour leur offrir ce 25e titre de champion de Côte d’Ivoire.

 

– Que diriez-vous de votre saison?

– Je dirai qu’elle a été bonne sur le plan collectif. Le titre de champion de Côte d’Ivoire a effacé toutes nos frustrations et nos déceptions. Le fait de l’avoir obtenu dans la difficulté l’a rendu encore plus beau. En ce qui me concerne, j’ai disputé 25 matches sur 33. J’ai été le joueur le plus utilisé par l’entraîneur et je pense avoir fait une bonne saison aussi.

 

– On peut le dire puisque c’est cette année que vous avez connu votre première sélection, n’est-ce pas?

– Effectivement, je ne pouvais pas demander mieux. Etre le capitaine de l’ASEC Mimosas, remporter le titre de champion de Côte d’Ivoire et être appelé pour la première fois en équipe nationale locale pour disputer des matches du CHAN sont les meilleures choses qui pouvaient m’arriver. Maintenant, je dois continuer de travailler pour rester sur cette phase ascendante

 

– Quelles sont vos ambitions?

– Je suis toujours sous contrat à l’ASEC Mimosas. J’attends de savoir ce que l’avenir me réserve. Mais je rêve comme tous les footballeurs africains d’aller monnayer mon talent en Europe ou en Asie. En attendant, je compte donner le meilleur de moi-même pour aider l’ASEC Mimosas à demeurer au sommet du football ivoirien et à remporter de nouveau la Ligue des champions de la CAF.

 

– Quel est votre mot de fin?

– Je dédie ce 25e titre de champion de Côte d’Ivoire au PCA, Me Roger OUEGNIN, à tous ses collaborateurs ainsi qu’à toutes les personnes qui nous ont soutenus durant la saison écoulée. Je remercie ASEC Mimosas magazine de m’ouvrir ses colonnes. Je remercie également tous les autres médias du club qui se font l’écho de nos performances et qui nous soutiennent dans nos efforts de tous les jours. Je souhaite que la saison prochaine soit meilleure pour l’ASEC Mimosas que celle qui vient de se refermer.