INTERVIEW... BANCE Aristide (Attaquant de l’ASEC Mimosas) :

« Je me sens bien à l’ASEC Mimosas »

L’attaquant mimosas, Aristide BANCE, parle de sa saison à l’ASEC Mimosas, du 25e titre de champion de Côte d’Ivoire obtenu avec son club et de son avenir. Interview.

 

– BANCE Aristide, pensez-vous avoir fait le bon choix en optant pour l’ASEC Mimosas après une longue carrière professionnelle en Europe?

– Je pense avoir fait le bon choix. Ma venue à l’ASEC Mimosas a été une option sportive. Ce n’était pas pour relancer ma carrière parce que je joue au haut niveau depuis 2003. J’ai été inspiré par les joueurs brésiliens qui retournent évoluer dans leur pays après des années de professionnalisme en Europe. A la fin de la saison dernière, je me suis dit pourquoi ne le ferais-je pas aussi ? Ma décision avait fait couler beaucoup d’encre et de salive. Je suis un professionnel. Je mets beaucoup de sérieux dans ce que je fais. Cela permet de réussir dans ce que nous entreprenons.

 

– Pensez-vous que votre exemple devrait être suivi par les professionnels africains évoluant en Europe?

– Pourquoi pas ? D’ailleurs, je ne suis pas le premier à avoir évolué en Europe et à être revenu ensuite jouer dans un club africain. Avant moi, il y a eu KASSY Kouadio Lucien, durant la décennie 1980 ; GADJI Céli Saint Joseph, Abdoulaye TRAORE dit Ben Badi, BEDE James, dans les années 1990 et récemment ZEZETO qui était revenu jouer au Séwé Sport après plusieurs saisons de professionnalisme en Europe. Daniel COUSIN l’a fait aussi au Gabon après avoir évolué en Ligue 1 française. Je pense que beaucoup de footballeurs africains qui ont du mal à exprimer leur talent en Europe ne devraient pas avoir honte de revenir relancer leur carrière dans des clubs africains. Mais pour cela, il faut aider les clubs à attirer ces joueurs-là. Au Gabon, la Fédération Gabonaise de Football avait aidé le club local d’Akanda FC à faire revenir Daniel COUSIN dans le championnat gabonais pour donner de l’attrait à cette compétition. Le club payait une moitié du salaire du joueur et la fédération payait l’autre moitié. Le football ivoirien a énormément de moyens financiers pour faire la même chose et relever son niveau.

– Et plus précisément en Côte d’Ivoire dont les rencontres de la Ligue 1 sont diffusées chaque semaine sur Canal Plus dans plusieurs pays africains et européens…

– Tout à fait. Canal Plus donne une très grande visibilité au football ivoirien. Ce qui est un grand avantage pour les joueurs locaux. Les jeunes joueurs n’ont plus de raison d’émigrer en Europe, en Afrique du nord ou dans les pays du Golfe arabique. Le football ivoirien a un potentiel énorme pour devenir l’un des meilleurs d’Afrique. Il faut maintenant que l’Etat pense à construire de bons stades de football pour accompagner le projet de Canal Plus et donner les moyens aux clubs de retenir leurs meilleurs joueurs.

 

– Avez-vous trouvé les conditions pour vous épanouir à l’ASEC Mimosas?

– Absolument ! L’ASEC Mimosas est un grand club professionnel. Les joueurs travaillent dans d’excellentes conditions. Cette année, cela nous a permis de décrocher le titre de champion de Côte d’Ivoire.

 

– Que représente ce titre pour vous?

– J’ai commencé ma carrière de footballeur à la RFC Daoukro où j’ai évolué une saison. Je suis parti ensuite pour le Burkina Faso où j’ai joué également une saison avant de me rendre en Europe pour une longue carrière de footballeur professionnel. Je n’avais jamais été champion en Côte d’Ivoire ou au Burkina Faso. Ce titre est le premier que je remporte . Il nous fait entrer dans l’histoire de l’ASEC Mimosas et du football ivoirien. C’est pourquoi, il représente beaucoup pour moi.

 

– Il est vrai que le titre de champion de Côte d’Ivoire est le plus beau des lauriers nationaux. Mais n’avez-vous pas le sentiment que l’ASEC Mimosas avait les atouts pour remporter aussi la Coupe nationale, la Coupe de la Ligue et aller loin en Coupe de la Confédération?

– Nous avons un bon groupe. Nous pouvions faire mieux en remportant la Coupe nationale, la Coupe de la Ligue et réussir un bon parcours en Coupe de la Confédération. Sur ce plan, nous avons des regrets. Mais le titre de champion de la Ligue 1 est venu effacer toutes ces frustrations. Je dirai que c’est ce que Dieu a réservé pour nous, cette année. Nous devons en être fiers. Il faut penser maintenant à l’avenir.

 

– En attendant de parler de l’avenir, vous êtes en passe de devenir le meilleur buteur du championnat. Vous attendiez-vous à cela?

– Pas du tout ! En début de saison, quand on me posait la question de savoir combien de buts j’allais marquer, je répondais toujours que ce qui importait, c’était de permettre à l’équipe de gagner le maximum de points pour être championne. Cela a été fait. Je suis actuellement le meilleur buteur de la Ligue 1 avec 12 réalisations. Il reste une dernière journée. Je compte profiter de l’occasion pour augmenter mon capital but et décrocher cette distinction.

 

– Que pourriez-vous dire aux Actionnaires qui vous ont beaucoup soutenus cette année?

– Mes coéquipiers et moi leur disons merci pour le soutien constant qu’ils nous ont apporté. Nous avons souffert ensemble pour remporter ce titre. Au cours de certains matches, nous avons mal joué et gagné. Il nous est arrivé aussi de perdre après avoir bien joué. A ces occasions-là je voyais des Actionnaires qui avaient très mal. Je pense que ce titre est une belle récompense pour tous les Actionnaires.

 

– Les Actionnaires se demandent s’ils reverront BANCE Aristide dans leur équipe la saison prochaine. Que leur répondez-vous?

– Tout dépendra du PCA, Me Roger OUEGNIN. S’il veut me garder, il le fera car l’ASEC Mimosas a suffisamment de moyens financier pour garder BANCE Aristide dans ses rangs. Je vous ai dit que je me sens bien à l’ASEC Mimosas. En plus, toute ma famille vit ici à Abidjan. Mais tout dépendra des offres que l’on me fera.

 

– Comment voyez-vous votre dernier match de la saison contre l’ASI d’Abengourou?

– Nous sommes champions de Côte d’Ivoire. Mais nous voulons gagner ce dernier match pour finir la saison en beauté. Notre grand adversaire sera le manque de concentration. Si nous arrivons à jouer ce match avec beaucoup de sérieux et de rigueur, nous le gagnerons pour faire plaisir à nos supporters.

 

– Votre mot de fin?

– Je voudrais remercier les dirigeants qui m’ont fait confiance, ainsi que toute l’équipe qui m’a permis de vivre une très belle saison à l’ASEC Mimosas. Je dirai aux plus jeunes de penser à jouer dans des clubs ivoiriens avant de chercher à aller tenter leur chance en Europe. Aujourd’hui, avec la diffusion des matches de la Ligue 1 ivoirienne par Canal Plus, le football ivoirien est sur de bons rails pour aller de l’avant.

 

 

Interview réalisée par KONE Ismaël