Interview...KONAN N’Clomandé Ghislain (Défenseur de Vitoria Guimarães du Portugal) :

« J’ai bénéficié d’une bonne formation à l’Académie MimoSifcom »

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KONAN N’Clomandé Ghislain, le sociétaire de Vitoria Guimarães du Portugal, formé à l’Académie MimoSifcom, a été appelé récemment en sélection nationale A des Eléphants de Côte d’Ivoire. A l’occasion d’un passage à Sol Béni, le samedi dernier, il a bien voulu nous parler de sa jeune carrière et de ses ambitions sportives. Interview!

– Vous évoluez à Victoria Guimarães, au Portugal. Vous profitez de votre séjour à Abidjan pour visiter Sol Béni. Que ressentez-vous à l’idée de revenir dans ce cadre où vous avez été formé?

– Je suis très heureux de me retrouver ici à Sol Béni où j’ai été formé pendant quatre ans. C’est ici à l’Académie MimoSifcom que j’ai appris le métier de footballeur et où j’ai appris à devenir un homme.

 

– Quelles sont les valeurs que vous avez reçues dans ce centre et qui vous ont permis de vous imposer dans votre club au Portugal ?

– J’ai eu la chance d’avoir deux bons formateurs à l’Académie MimoSifcom. Le premier est Walter AMMANN qui m’a permis d’affiner ma culture tactique et ma technique de contrôle de balle, de dribble, de tir, mon jeu de tête, etc. Le second est Julien CHEVALIER. Il m’a enseigné la combativité et l’envie de réussir.

 

– Comment s’est faite votre intégration dans le club de Vitoria Guimarães qui a terminé 4e du dernier championnat portugais?

– Je suis vraiment content d’avoir réussi mon intégration dans ce club. J’y ai atterri le 27 janvier 2016. Mes débuts ont été très difficiles. J’ai connu des difficultés d’adaptation à cause de l’environnement et du froid. Mais ma solide formation à l’Académie MimoSifcom m’a beaucoup aidé. Il m’a fallu être très fort mentalement. Je suis même passé à côté de mon premier match avec l’équipe B de Vitoria Guimarães. J’avais commis deux grosses erreurs qui nous avaient coûté deux buts. Mais cela ne m’avait pas découragé. Le lendemain, je me suis donné à fond et j’ai eu le même comportement lors de tous les entraînements qui ont suivi. Malgré cela, j’ai fait des mois sans jouer, pas parce que je n’étais pas bon. Mais parce que mes entraîneurs voulaient me donner le temps de réussir mon adaptation. Quand ils m’ont ensuite tendu la perche, j’ai su la saisir. J’ai été promu de l’équipe B à l’équipe A.

 

– Comment avez-vous réussi à vous accrocher?

– J’avoue que mes entraîneurs m’ont beaucoup soutenu. Ils m’ont encouragé. Ils m’ont donné des conseils en me demandant de croire en moi parce que j’ai beaucoup de qualités. J’ai repris confiance en me disant aussi que je ne pouvais pas être mauvais parce que je viens de l’Académie MimoSifcom où, pendant quatre ans, j’avais suivi une formation corsée faite de tactique, de technique, de combativité et de renforcement du mental. Je ne pouvais donc pas échouer au haut niveau. J’ai cru en moi et j’ai réussi à m’accrocher. Cela a fini par payer. En milieu de saison, je suis passé de l’équipe B à l’équipe A de Vitoria Guimarães au sein de laquelle je suis devenu titulaire.

 

– Vos performances ne sont pas passées inaperçues puisque vous venez d’être appelé en équipe nationale A à l’occasion du dernier match amical des Eléphants contre les Oranje des Pays-Bas. Qu’est-ce qui se passe dans la tête quand les bonnes choses se succèdent dans notre vie comme c’est le cas pour vous?

– Je ne m’attendais pas du tout à cela. Un jour, j’étais dans les vestiaires quand le Vice-président de Vitoria Guimarães est venu m’annoncer que je suis sélectionné en équipe nationale. J’ai tout de suite pensé aux U23 des Eléphants. Il m’a regardé un moment et m’a dit : «Tu es appelé en équipe nationale A de Côte d’Ivoire.» C’est à ce moment-là que j’ai réalisé ce qui m’arrivait. J’ai poussé un cri de joie et j’ai coulé des larmes. Mon rêve se réalisait. A l’Académie MimoSifcom, je disais à mes coéquipiers que je porterais un jour le maillot des Eléphants A. Mais je ne m’attendais pas à vivre cela maintenant.

 

– Quels sont vos objectifs avec les Eléphants ?

– Premièrement, c’est de ne plus quitter le groupe. Deuxièmement, c’est de travailler beaucoup pour faire partie du Onze national et enfin troisièmement, c’est d’y rester le plus longtemps possible.

 

– Quelles sont vos ambitions personnelles?

– C’est de devenir un grand joueur. Mais tout dépendra de Dieu et de mon acharnement au travail.

 

– Qui est votre idole ?

– C’est Marcelo du Real Madrid. Mes amis m’appellent Marcelo. Je suis un supporter de Chelsea FC. Mais c’est grâce à Marcelo, mon idole, que j’ai appris à aimer et à supporter le Real Madrid. Je ne sais pas quel sera mon parcours sportif. Mais je souhaite qu’il me conduise au Real Madrid où j’aimerais évoluer un jour.

 

– L’ASEC Mimosas vous a donné l’occasion de rêver. Vous voilà aujourd’hui au Portugal. Etes-vous conscient que vous vivez un parcours formidable ?

– J’en suis conscient. Mais je pense que même si je dois prier pour que Dieu me permette de réussir une brillante carrière, je dois aussi travailler beaucoup comme je l’ai dit tantôt et faire preuve d’humilité. On nous disait à l’Académie MimoSifcom : «Restez humbles si vous voulez devenir grand un jour». Je n’ai jamais oublié cette belle pensée. KLE Weuly Mathias, l’intendant de l’Académie MimoSifcom, nous disait qu’il faut beaucoup de chance pour réussir dans la vie et surtout en football. Quand je vois mon parcours, je me dis que j’ai eu beaucoup de chance jusqu’ici. Je souhaite que cela continue. J’ai 21 ans. Mais quand je joue, mes coéquipiers me disent que mes prestations ressemblent à celles d’un footballeur d’expérience de 25-26 ans. Je trouve cela flatteur et encourageant.

 

– Quels souvenirs gardez-vous de l’ASEC Mimosas?

– Je garde de grands souvenirs de mon passage à l’Académie MimoSifcom et surtout de notre première victoire au Tournoi International du District d’Abidjan (TIDA) que nous avons remportée en finale face au FC Barcelone. Je garde de bons souvenirs de mes deux formateurs Walter AMMANN et Julien CHEVALIER et des enseignements qu’ils nous ont dispensés. Je n’oublierai jamais aussi les matches que j’ai disputés avec l’équipe professionnelle de l’ASEC Mimosas.

 

– Quels conseils pouvez-vous prodiguer à vos cadets de l’Académie MimoSifcom?

– Quand j’étais en classe, au centre de formation de l’ASEC Mimosas, lorsque des footballeurs professionnels des premières générations de l’Académie MimoSifcom revenaient nous rendre visite, ils nous disaient de travailler très dur pour nous donner des chances de réussir une brillante carrière de footballeur. Je dirai à mes cadets qu’il y aura toujours des moments difficiles où ils pourront chuter. Mais la force d’un homme est de pouvoir se relever après une chute. Et pour avoir cette force de se relever, il faudra regarder d’où l’on vient pour travailler d’arrache-pied et réussir dans la voie que l’on a choisie.