INTERVIEW…Pascal THEAULT (Directeur de l’Académie MimoSifcom) :

« Œuvrer afin que l’ASEC poursuive sa progression »

Arrivé à Abidjan, le jeudi dernier, Pascal THEAULT, le nouveau Directeur de l’Académie MimoSifcom a pris fonction le vendredi 7 avril dernier. 9 ans après sa première mission, le technicien français revient pour donner plus d’allant à la production des talents, comme il nous l’a confié dans cette interview qu’il nous a accordée.

 

Vous êtes de retour à Sol Béni en tant que Directeur de l’Académie MimoSifcom, près de 9 ans après la fin de votre première mission. Quels sont les sentiments qui vous animent ?

Je suis honoré que l’ASEC Mimosas m’ait demandé de revenir. Je remercie le PCA de la confiance qu’il m’accorde. Je suis également très sensible aux témoignages d’amitié des employés et supporters de l’ASEC à mon égard. Ces sentiments sont les signes d’un travail en commun effectué lors de ma première mission et témoignent de moments exceptionnels partagés.

 

Pouvez-vous rappeler à nos lecteurs votre parcours de joueur et d’encadreur avant d’arriver à l’ASEC Mimosas en août 2002 ?

Le parcours est très simple et très rectiligne. Un seul club : le Stade Malherbe de Caen. Je suis né dans ce club où j’y ai passé 37 ans. J’ai eu ce privilège unique non seulement d’avoir joué dans toutes les équipes du club (12 ans en équipe fanion dont 6 ans capitaine) mais aussi d’y avoir entrainé toutes les catégories (des débutants jusqu’à l’équipe professionnelle) ! J’avais 16 ans quand j’ai commencé à entrainer les jeunes joueurs. Cela fait donc 45 ans que je suis dans ce job… 

 

Après votre séjour en Côte d’Ivoire entre 2002 et 2008, vous avez participé à l’aventure de la création de l’Académie Royale du Maroc. Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience ?

C’est une belle réalisation avec, au départ, une réelle page blanche. Créer, bâtir, structurer, planifier les contenus de travail, former les encadreurs : 7 années passionnantes et très chargées. Avec l’Académie Mohammed VI, nous avons répondu à l’invitation du grand tournoi du TIDA. J’étais personnellement très heureux non seulement d’avoir réussi à présenter à Abidjan une délégation du Maghreb mais aussi d’y montrer une belle évolution. Avec, pour la première année une dernière place, puis une 3ème place la saison suivante pour finir en finale (contre l’ASEC Mimosas) à la dernière édition. Les conditions (climatiques entre autres) sont très différentes et difficiles pour les jeunes marocains ici.  Autre fierté : à la dernière CAN, nous avions 2 joueurs titulaires (19 ans) issus de l’Académie  et qui avaient joué également le TIDA deux ans auparavant : Amza mendhil et Youssef Enaciri (défenseur gauche et milieu gauche). Lors de la confrontation où le Maroc gagne et élimine la Côte d’Ivoire, mon cœur était partagé mais énorme fut ma satisfaction de voir et de constater la production de ces 2 éléments formés à l’Académie pendant 6 années. Ceci dit, le Coach Hervé Renard a eu l’audace et l’excellent « feeling » d’intégrer et de faire jouer ces 2 jeunes joueurs aussi rapidement. Les constats faits sur la qualité (ou non) du travail du formateur sont forcément dépendants des choix du coach des pros à la sortie du jeune en formation.

 

Les Actionnaires se souviennent de vous pour avoir participer à la détection et à la formation de joueurs comme YA KONAN Didier, SORO Bakary, Emmanuel KONE, GOHI BI Cyriac, Ismaël DIOMANDE, KOUAKOU Irénée qui sont ou ont été des internationaux ivoiriens. Quelles sont les motivations qui vous font revenir à Sol Béni ?

Les motivations sont toujours les mêmes qu’à mes débuts. La passion et l’amour du foot sont là, avec l’envie de me (re) mettre au service de ce grand club africain : l’ASEC Mimosas. Et ceci à travers mon métier : formateur de joueurs et formateur de… formateurs. Pour avoir énormément travaillé ensemble pendant 6 ans, je connais les gens qui ont les responsabilités actuelles du groupe professionnel ainsi que ceux, en grande majorité, de l’Académie. Il existe entre nous un grand respect mutuel. C’est important. J’ai confiance en eux.

Quels sont les grandes lignes directrices qui vont guider votre action au cours de ces premiers mois ?

Avec simplicité et humilité, ce sera d’œuvrer afin que l’ASEC Mimosas poursuive sa progression. Le contexte est sans comparaisons à mon arrivée en 2002. Là, je prends un train en route avec avantages et inconvénients. J’améliorerai ce qu’il est possible d’améliorer, en préservant et respectant avant tout le bon travail effectué lors de ces dernières années. La direction du club me demande d’optimiser les structures sportives internes, d’accompagner et harmoniser la formation des cadres techniques. Enfin, participer activement à la création du futur centre d’entrainement me motive. J’aime faire tout ça, alors : au travail !