Éditorial :

HEUREUX RETOURS AU PAYS

La CAN Gabon 2017 arrive dans sa phase décisive. Les quatre meilleures équipes du tournoi vont se disputer le trophée et les lots de consolation. À l’ASEC Mimosas, nous suivons tout particulièrement le parcours de l’équipe du Burkina et de ses trois Étalons-Mimos. Les résultats de cette équipe sont porteurs de quelques enseignements auxquels nous devons tous accorder une réelle attention. Ils nous seront utiles en effet pour la poursuite de notre œuvre de construction.

La première leçon à retenir est relative à la présence dans l’équipe des Étalons d’un trio de joueurs évoluant en Ligue 1 ivoirienne. Koffi, Bancé et Koanda ne sont pas des figurants. Ils prennent une part active aux succès de leur sélection nationale. Leur réussite nous interpelle. Elle met en lumière le bon niveau de notre championnat national. Cette réussite bat en brèche les arguments des spécialistes qui considèrent que la CAN ne peut s’offrir qu’aux sélections composées de joueurs évoluant en Europe. Avant les Étalons, les Zambiens de Renard nous avaient déjà démontré que la clé du succès résidait non pas dans l’identité des employeurs des footballeurs, mais plutôt dans le cœur, l’envie, la passion que ceux-ci mettent à la tâche qui est la leur. Ce rappel devrait nous conduire à regarder différemment le jeu et les joueurs de notre championnat.

À chacune de ses sorties, Koffi Hervé est salué par tous et partout pour son talent. Venir en Côte d’Ivoire a été pour lui une excellente initiative. À l’ASEC Mimosas, il bénéficie des conseils d’encadreurs de grande expérience. Ce n’est pas un hasard s’il est présenté désormais comme un grand espoir du football africain. Sa présence dans les buts des Étalons met en lumière la qualité de la formation et de l’accompagnement prodigués à Sol Béni. En regardant Hervé au cours de la CAN, l’on imagine aisément le ballet à venir des agents et autres détecteurs de talents qui sillonnent le continent africain pour le compte des clubs européens. Leur intérêt légitime pour le gardien des Étalons et des Mimos sera sûrement sujet de discussions au cours des prochains mois. Nous aurons le temps d’y revenir. D’ici là, il faut seulement souhaiter à Hervé de bien terminer sa première CAN afin de connaître les saveurs d’un retour triomphal au pays.

Aristide Bancé est l’autre satisfaction de l’ASEC Mimosas du côté des Étalons. Son parcours atypique est frappé du sceau du talent, du courage et de l’humilité. L’humilité est d’ailleurs la qualité qui donne tout son sens au retour en Côte d’Ivoire de l’enfant de Williamsville. Il est venu à l’ASEC pour se relancer et se donner toutes les chances d’être à la CAN. Manifestement il a réussi son pari. Sa décision devrait servir d’exemple à tous ces joueurs partis tenter leur chance ailleurs et qui rencontrent des difficultés à l’étranger. La visibilité offerte à la Ligue 1 ivoirienne par Canal Plus est suffisante pour se faire remarquer et être retenu dans les sélections nationales. Pour les plus talentueux, l’ASEC Mimosas, avec Sol Béni, offre un cadre idéal pour exercer le métier de footballeur professionnel. Il faut prendre exemple sur Bancé et ne pas avoir peur d’initier la démarche du retour au pays. Pour ceux qui le feront, il s’agira assurément d’un heureux retour au pays. C’est d’ailleurs ce que n’ont pas hésité à faire les défenseurs de l’ASEC Mimosas N’gouan et Barési, qu’on peut également citer en exemple.

Loin de la CAN, à Ouaga, l’équipe professionnelle de l’ASEC Mimosas achève son stage de préparation. Les Mimos ont réalisé des prestations convaincantes lors de leurs trois sorties amicales. Ils ont fait le plein de confiance. Nous les attendons avec impatience pour la reprise des choses sérieuses en Ligue 1 ivoirienne et bientôt en Coupe de la Confédération. Avec ce stage, l’équipe s’est approprié le proverbe de la Légion étrangère : « Entraînement difficile, guerre facile ». Maintenant, nous pouvons leur souhaiter un heureux retour au pays.

Par Léonce YACE, Président-Délégué de l’ASEC Mimosas
Extrait du Mimosas Magazine N°1311 du 3 février 2017