La victoire du courage et de la volonté

8ème de finale de la Coupe d’Afrique des clubs champions 1995

ASEC Mimosas-Simba SC: Aller 2-1; Retour 2-1

En 1995, l’ASEC Mimosas était de retour en Coupe d’Afrique des clubs champions après une absence d’une année consécutive aux graves incidents survenus à Kumasi, au Ghana, lors de la demi-finale retour de C1 l’ayant opposé à l’Asante Kotoko en 1993. Après avoir éliminé le Petro Atletico de Luanda (Angola) en 16es de finale, l’ASEC Mimosas est opposé à l’équipe de Simba SC de Tanzanie en 8es de finale.

Les Jaune et Noir sortent vainqueurs de cette double opposition et s’imposent sur le même score de 2/1 à Abidjan puis à Dar-Es-Salaam. Cette qualification a été celle du courage et de la volonté.

Elle semblait pourtant compromise après la manche aller, à Abidjan, en raison du but inscrit à l’extérieur par les Tanzaniens.

Pour la manche retour, c’est en soldats que les Jaune et Noir, avec à leur tête le PCA, Me Roger OUEGNIN, s’étaient rendus à Dar-Es-Salaam, la capitale de Tanzanie, pour confirmer la victoire d’Abidjan. Ce succès portait un enseignement essentiel : le talent n’est rien s’il n’est pas soutenu par le courage, la volonté et la combativité. À méditer par les joueurs de l’effectif actuel.

 

KONATE Losséni (Gardien de but de l’ASEC Mimosas de 1989 à 2002)
«?C’était une qualification juste et méritée?»

– Comment avez-vous vécu la qualification face à la formation de Simba SC de Tanzanie en 8es de finale de la Coupe d’Afrique des clubs champions en 1995 ?
– La première manche à Abidjan avait été très difficile pour nous. Nous avions gagné (2 buts à 1), mais Ben Badi avait manqué un premier penalty et moi j’avais manqué le second. Nous étions passés à côté d’une large victoire à cause d’un manque de réussite. Pour le match retour, je n’avais pas fait le déplacement à cause d’un problème avec notre entraîneur ZARE Mamadou. À deux jours de notre départ pour la Tanzanie, nous avions disputé un match amical, à Sol Béni contre le Stella Club.  Durant ce match amical, ZARE Mamadou me reprochait de ne pas communiquer avec mes coéquipiers. Ensuite, il me reprochait de trop parler sur le terrain. Il disait que je pouvais faire peur à mes coéquipiers. Je ne comprenais rien. À la fin, il avait décidé de m’exclure du groupe qui devait se rendre en Tanzanie. Cette mise à l’écart n’avait pas été un problème pour moi parce que c’était une décision de l’entraîneur.

– Pour le match retour, malgré les inquiétudes des Actionnaires, le groupe était très confiant. ZARE Mamadou avait déclaré qu’il démissionnerait en cas d’élimination, Sékou BAMBA avait assuré qu’il arrêterait de jouer au football si Simba SC éliminait l’ASEC Mimosas. D’où tiriez-vous cette grande confiance ?
– Nous avions une très bonne équipe constituée de talents, de joueurs aguerris qui étaient unis comme les membres d’une famille. Je peux dire aussi que le Président Roger OUEGNIN avait été l’un des grands artisans de cette qualification que la majorité des Ivoiriens croyait compromise. Il avait su nous motiver comme lui seul en avait le secret. Il avait une manière de parler aux joueurs qui était unique. Il pouvait nous proposer aussi de fortes primes qu’il était prêt à doubler en cas de victoire. Nous les joueurs avions aussi la volonté d’entrer dans l’histoire en remportant cette compétition qui nous fuyait depuis cinq ans.

– Comment aviez-vous vécu la qualification depuis Abidjan ?
– Avec une grande sérénité. Au regard du match aller, j’étais confiant pour le retour. Je savais que nous gagnerions en Tanzanie parce que n’eût été notre manque criard de chance, nous aurions atomisé les Tanzaniens à Abidjan. Nous avions manqué trop d’occasions de but à Abidjan. Je me disais que si la chance nous souriait un tout petit peu, nous battrions Simba SC chez elle et c’est ce qui s’est produit.

– Que vous dites-vous aujourd’hui en pensant à cette qualification ?
– Je me dis la victoire et la qualification, à Dar-Es-Salaam, pour les quarts de finale, à l’issue de notre double confrontation contre Simba SC, étaient justes et méritées. Vous faites bien de rappeler cela aux nouvelles générations de joueurs mimosas. Pour remporter une Coupe d’Afrique, il faut de la patience, de l’expérience, du talent, du courage et de la volonté.

– Votre mot de fin ?
– Je n’ai pas l’occasion de suivre l’actualité de la Ligue 1 ivoirienne, mais je demande aux Actionnaires de continuer à soutenir l’ASEC Mimosas comme ils savent le faire.

 Interview réalisée par KONE I.

 Extrait du Mimosas Magazine N°1304 du vendredi 15 décembre 2016

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