NE DOUTONS PAS

Deux matchs depuis le début de la saison de Ligue 1. Notre équipe présente un premier bilan plutôt satisfaisant avec une victoire et un nul, pour un total de 4 points sur 6 mis en jeu. On peut se le dire, c’est encourageant pour une équipe en reconstruction. Au-delà de l’aspect comptable, les motifs de satisfaction ne manquent pas. Je vous propose de passer en revue ici les plus importants.

 Le retour du beau jeu

Ce qui a fait la renommée de l’ASEC Mimosas depuis plusieurs décennies, c’est son jeu chatoyant, agréable à regarder. L’ASEC a toujours été un plaisir pour les yeux des spectateurs et des commentateurs sportifs. Le slogan « Les Enfants s’amusent » exprime très clairement cette culture du beau jeu. On allait regarder l’ASEC comme on allait à une représentation artistique, avec la certitude d’en prendre plein les yeux et de repartir la tête pleine des images des prouesses techniques des joueurs mimos. C’est ce qui a fait dire à certains que l’ASEC a toujours eu des équipes avec des vedettes. Je peux en citer quelques-unes des plus célèbres pour confirmer cette assertion. Pour coller à l’actualité de votre magazine, je commencerai par Youssouf Falikou Fofana, le diamant noir, l’enfant de Mankono, le gaucher magique, l’ailier volant de l’ASEC Mimosas et des Éléphants de Côte d’Ivoire, qui nous raconte ses souvenirs de victoire dans les pages Rétro de ce numéro. Avec Youssouf, je veux rappeler le talent de N’diaye Sékou Aboubakar, le buteur à la tête d’or, parti trop tôt. Je n’oublie pas le toujours jeune Bakary Koné, vainqueur de la coupe nationale et de la coupe Houphouët-Boigny en 1983, qui nous livre un témoignage édifiant cette semaine.

Cette génération du début des années 80 avait succédé à celle des Pokou, Manglé, Yobouet, Jean Kéïta, Salim, Guidy Édouard dit « petit caillou », et autres Yoro Alphonse, sans rompre avec la tradition du football offensif qui constituait la marque de l’ASEC Mimosas. Des talents venus d’ailleurs ont rejoint ensuite les Mimos pour perpétuer cette culture. Parmi eux, on peut citer Lucien Kassy Kouadio dit Diego, Abdoulaye Traoré dit Ben Badi, Gadji Celi Saint Joseph, Amani Yao, Losséni Konaté, Ben Iroha, Jatau ou Sogbie. Plus récemment, les premières générations d’Académiciens ont été composées de vrais artistes du ballon rond tels que Zézé Venance dit Zézéto, Aruna Dindane, Koutouan Tony ou Baky.

Ces dernières années, l’ASEC Mimosas n’a pas été à la hauteur de sa réputation d’équipe joueuse, spectaculaire, séduisante, et cela a entraîné une forme de désamour avec les Actionnaires. Mais les premiers matchs disputés cette saison par les jaunes et noirs nous donnent l’occasion de voir du beau jeu, avec une variété de combinaisons, comme aux meilleures périodes de notre histoire. Nous avons déjà eu droit à un récital offensif lors du premier match, et à une prestation convaincante lors du second. L’équipe se déploie offensivement avec des attaques dans les couloirs, du jeu direct dans l’axe, des séquences de jeu au sol favorisant les décalages, et des gestes techniques à faire sourire l’Actionnaire le plus exigeant. Toutes ces combinaisons procurent à l’équipe beaucoup d’occasions qu’elle ne manquera pas de convertir, pour notre plus grand plaisir, une fois les réglages offensifs faits au laboratoire sportif de Sol Béni.

Il ne faut pas avoir peur de le dire, le beau jeu est de retour à l’ASEC Mimosas. C’est une des pierres avec lesquelles nous construirons l’histoire de cet ASEC nouveau.

 Une rigueur et une solidité remarquables

En plus du fond de jeu qui s’est grandement amélioré, on doit noter une rigueur tactique et une présence athlétique que nous ne connaissions plus depuis longtemps. L’équipe suit un plan de jeu précis, en respectant les consignes des entraîneurs. On la voit évoluer avec assurance et application. Pour reprendre une expression des footballeurs interviewés, on peut dire que l’équipe est bien en place. En effet, l’ASEC Mimosas présente une équipe difficile à bouger, solide sur ses bases, avec un système tactique qui est un judicieux compromis entre le besoin de faire le jeu, d’attaquer, et la nécessaire rigueur défensive sans laquelle aucune victoire n’est envisageable. L’équipe est équilibrée et présente des atouts qui peuvent rassurer les Actionnaires. Ces derniers ont pu remarquer que, même lorsque le scénario du match ne lui est pas favorable, l’équipe de cette saison ne tend pas les bras à la défaite. Les grands techniciens ont pour coutume de dire que, quand on ne peut pas gagner un match, il faut savoir ne pas le perdre. Nous avons tous constaté que l’équipe a parfaitement mis en application cette recommandation lors de son deuxième match de la saison. Elle n’a pas eu de réussite, a buté sur une défense regroupée, sans se désorganiser et sans se lancer à l’attaque de façon déraisonnable. Les joueurs de cette saison sont matures. Ils savent que la saison est encore longue et que chaque point comptera au final. Ils savent faire preuve de rigueur et de solidité pour préserver un résultat. C’est ce qu’ils nous ont démontré au cours de leur opposition à Moossou FC. Nous pouvons les féliciter pour cet effort. L’an dernier, nous aurions probablement perdu ce match. Cette évolution remarquable, nous la devons autant à la rigueur et à la solidité de l’équipe qu’à la rage de vaincre communiquée par le Président Roger OUEGNIN.

 Le dynamisme de l’encadrement technique

Dans cet inventaire des points positifs, il ne serait pas juste de passer sous silence le dynamisme de l’encadrement technique. Il faut lui reconnaître la capacité à tirer le meilleur de son groupe, le souci de ne pas s’enfermer dans des certitudes suicidaires et la volonté de ne pas subir les événements. Ce dernier point est particulièrement important. On l’apprécie notamment dans les remplacements effectués au cours des deux premiers matchs de la saison. Le staff technique a choisi de faire assez tôt les changements nécessaires pour inverser la tendance. Ces deux dernières saisons, les Actionnaires se sont souvent interrogés sur des remplacements qu’ils jugeaient trop tardifs pour avoir un impact positif sur le match. Ils semblent avoir été entendus par les encadreurs qui bénéficient, cette saison, d’un groupe plus riche en quantité et en qualité.

Les éléments mentionnés ci-dessus devraient nous rassurer et nous inciter tous à l’optimisme. Nous pouvons croire au renouveau de l’ASEC Mimosas. Pour ma part, alors que nous nous dirigeons vers le troisième match de la saison, je crois raisonnablement pouvoir dire à la famille MIMOSAS qu’il n’y a pas lieu de douter. Parce que nous sommes sur la bonne voie.

Par Léonce YACE – Président Délégué de l'ASEC MIMOSAS

Extrait du Mimosas magazine N°1302 du vendredi 2 décembre 2016

 

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