10e journée de la Super division 1994 : ASEC Mimosas / Rio Sport d’Anyama : 5 – 0

Chaque lundi, ASEC.CI vous fait revivre  une date mémorable de l'histoire de l'ASEC Mimosas. Cette semaine, notre rubrique retro  nous replonge au coeur de l'année 1994. 

 

Il y a 22 ans, le mercredi 23 novembre 1994, l’ASEC Mimosas fêtait son 12e titre avec faste

L’arrivée de Me Roger OUEGNIN à la tête de l’ASEC Mimosas en novembre 1989 a marqué le renouveau du club jaune et noir. Le club s’organise de plus en plus. Avec l’appui de ses nombreux supporters et des sponsors, le club recrute les meilleurs joueurs et domine le football ivoirien sans partage.

Privé du titre de champion de Côte d’Ivoire pendant neuf saisons durant la décennie 1980, l’ASEC Mimosas remporte cette compétition sans discontinuer de 1990 à 1994. Cinq titres d’affilée en cinq ans, il faut le faire. Et ce cinquième titre de champion de la D1 ivoirienne de l’ère Roger OUEGNIN, qui était aussi le douzième du club, a été célébré avec un faste extraordinaire lors du match de la dixième et dernière journée de la Super division contre le Rio Sport d’Anyama.

L’ASEC Mimosas a étrillé son adversaire (5-0), le mercredi 23 novembre 1994, au Stade Félix HOUPHOUËT-BOIGNY. Les buteurs du jour ont pour noms Sékou BAMBA (13’, 14’, 60’) et TRAORE Abdoulaye dit Ben Badi (22’ et 46’).

Cela fait bien, aujourd’hui, 22 ans et 1 jour plus exactement. Bien que le match a eu lieu un jour ouvrable, les Actionnaires avaient envahi les travées du Stade FHB pour communier avec leur équipe.

Ils s’étaient habillés en jaune et noir, avaient allumé des bougies à quelques minutes de la fin. Les Actionnaires de la tribune lagunaire étaient tous venus avec des torches qu’ils avaient allumées, pour, disaient-ils, chercher l’Africa Sports, l’éternel rival. Au coup de sifflet final, les joueurs et le PCA du club, Me Roger OUEGNIN, ont fait le tour d’honneur du stade FHB.

Les Actionnaires descendus dans la main courante ont porté leur PCA en triomphe pour faire à nouveau le tour d’honneur, quand un Actionnaire, venu avec son cheval, a pris le Président Roger OUEGNIN sur sa monture pour un autre tour d’honneur. Après cela, Mme COULIBALY Awa Claude, une Actionnaire, a offert une fleur à chacun des 16 joueurs de l’ASEC Mimosas. Mme Julie TADDÉI, au nom du Groupe Sifca, et Mme MIAN Célestine, du Comité féminin du Plateau, ont offert chacune un bouquet de fleurs respectivement au Président

Roger OUEGNIN et à l’entraîneur Charles Albert ROESSLI ; le tout sous les chants des Actionnaires à la gloire de l’ASEC Mimosas et dans une ambiance de carnaval. La célébration du 5e titre de champion de Côte d’Ivoire de l’ASEC Mimosas sous la présidence de Me Roger OUEGNIN, le 12e du club, fut une très belle fête.

 

 

Abdoulaye TRAORE dit Ben Badi (Ancien attaquant de l’ASEC Mimosas)
« Tout le monde a eu sa part de bonheur en 1994 »


Pouvez-vous nous parler de la saison 93-94 au cours de laquelle vous avez battu le record du nombre de buts marqués en championnat national de Première division avec 31 buts, ce qui fait de vous le meilleur buteur de tous les temps dans cette compétition ?
– J’ai fait effectivement une très belle saison en 1994. Toute l’équipe jouait pour moi et ensemble, nous avons passé une saison formidable avec un effectif très riche en quantité et en qualité. Notre entraîneur Eustache MANGLE venait de partir. Pour nous, le challenge était de nous montrer efficaces et finir champions de Côte d’Ivoire. Et c’est ce que nous avons fait. Je sentais tout le monde à mes côtés. Je me suis alors bien épanoui. C’est sans doute l’une de mes meilleures saisons à l’ASEC Mimosas.

Vous formiez un duo d’attaque très efficace avec Sékou BAMBA, que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?
– Feu Sékou Bamba était un grand joueur. Tout le monde sait qu’il était l’un des joueurs les plus doués de sa génération. Et évoluer à ses côtés faisait forcément plaisir. Il faisait beaucoup d’efforts pour l’équipe. J’ai passé de très bons moments avec lui et je me suis régalé à ses côtés. Je suis très fier d’avoir formé ce duo avec lui.  L’efficacité de notre duo venait du fait que nous nous entendions très bien et nous étions tous les deux buteurs et passeurs. Même les yeux fermés, nous réussissions à nous trouver sur le terrain. J’ai passé de très beaux moments à ses côtés.

Vous avez connu plusieurs entraîneurs à l’ASEC. Qu’avez-vous retenu d’eux ?
– Chacun de ces entraîneurs avait sa particularité. Il y a eu d’abord Philippe TROUSSIER. Il a déposé sa marque. Après lui, Eustache MANGLE a continué le travail qu’il avait entamé. Ensuite, il y a eu Charles Albert ROESSLI dont le jeu était beaucoup plus offensif. Avec ROESSLI, nous nous sommes bien amusés en attaque.

Feu ZARE Mamadou lui a succédé. Avec ZARE, nous sommes allés jusqu’en finale de la Coupe d’Afrique des clubs champions. Ces années-là sont les meilleurs moments que j’ai passés à l’ASEC Mimosas. J’ai senti la symbiose entre les dirigeants, les supporters et les joueurs. C’est ce que nous aimerions voir à nouveau cette saison. Nous allons faire tout ce qui est humainement possible pour y arriver. Nous ne devons pas laisser les supporters se décourager sans rien faire car l’ASEC c’est notre club de cœur.

Quel est l’entraîneur qui vous a le plus marqué durant votre parcours à l’ASEC Mimosas ?
– Celui qui m’a le plus marqué, c’est Philippe TROUSSIER. Il nous a mis tous en confiance et nous avons passé de belles années avec lui. Il venait à peine d’arriver à l’ASEC Mimosas, mais il a tout de suite imprimé sa marque. Nous venions de rentrer d’Europe, GADJI Celi, BEDE James et moi. Nous aurions pu passer à côtés de notre carrière, mais il a su nous intégrer dans le groupe et l’environnement créé par Me Roger OUEGNIN nous a permis d’être très performants. Sa marque s’est surtout vue sur l’équipe nationale de Côte d’Ivoire lors de la CAN Sénégal 1992 que nous avons remportée.

-Revenons à la saison 1994 et au sacre célébré avec faste à la dernière journée contre le Rio Sport d’Anyama que vous avez étrillé, ce jour-là, par 5 buts à 0. Vous souvenez-vous du nombre de buts que vous avez inscrit dans ce match ?
– Je me souviens que j’avais marqué deux buts dont un que j’ai trouvé vraiment spécial. Le ballon venait de la droite du côté du monument aux morts, sur un service de Sékou BAMBA. Au lieu de le frapper instantanément, je l’ai soulevé d’abord pour le mettre sur mon pied gauche, j’ai pivoté et j’ai frappé avec précision. Le ballon est allé mourir au fond des filets. Ce but m’a beaucoup marqué.

 

Ce jour-là, la fête a été très colorée. Quels sont les souvenirs que vous avez gardés ?
– Les Actionnaires avaient été formidables durant toute la saison et ils l’avaient été plus encore, ce mercredi après-midi-là. Ils ont grandement joué leur partition. Le stade était plein à craquer. C’était la particularité de ce sacre.  On a senti les dirigeants et les joueurs faire leur part. Les Actionnaires aussi. Chacun a fait ce qu’il devait faire. On a terminé en beauté et tout le monde a eu sa part de bonheur en 1994. C’était merveilleux. Cette fête a été l’un des meilleurs moments de ma carrière de footballeur.

Quel message avez-vous à lancer aux Actionnaires aujourd’hui ?
– L’ASEC Mimosas, c’est tout une vie et une véritable histoire d’amour pour moi et pour tous ceux qui portent ce club dans leur cœur. C’est notre chose, notre fétiche que nous devons adorer pour qu’il rende notre existence agréable. Il n’est pas question que nous restions à la maison. Il faut être dans tous les stades où notre équipe joue pour lui apporter la ferveur et pousser l’ensemble les joueurs à reprendre leur dû. Leur participation physique et financière est importante pour permettre au club de revenir au premier plan et reconquérir le titre de champion de Côte d’Ivoire.

Vous venez de faire la paix avec le PCA de l’ASEC, Me Roger OUEGNIN, et avec toute la grande famille des Actionnaires. Après une interview que vous avez accordée à Fraternité Matin, dans son édition du mercredi 16 novembre dernier, vous êtes venu rencontrer le président, le samedi passé, dans l’après-midi, à Sol Béni. Que pouvez-vous en dire ?
– C’est une initiative personnelle. Il peut arriver qu’il y ait de mésententes entre le père et le fils. Tout comme il y en a parfois entre les dents et la langue. Mais en tant que fils, il était de mon devoir de me lever, d’aller vers mon père et lui demander pardon. Et c’est ce que j’ai fait. Dieu merci, j’ai trouvé en face un père aimant, compréhensif et tolérant. Ses mots m’ont beaucoup touché. Je remercie les Présidents Léonce YACE, Francis OUEGNIN, ainsi que Ami OUATTARA et tous ceux qui ont œuvré pour que cette rencontre ait lieu. Je suis très heureux de revenir dans la grande famille Mimosas. Nous ferons tout ce qui est humainement possible pour redonner au club son prestige d’antan. Mais il nous faut avant tout aider le Président du CNACO, MESSOU Kouablan, à ramener les supporters au stade afin de permettre à notre club de remporter de nouveaux lauriers.

Interview réalisée par KONE I.

Extrait de AM 1301 du jeudi 24 novembre 2016

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