L’UNION SACRÉE

J’écris ces lignes au moment où intervient l’annonce du décès de Laurent Pokou, l’une des légendes de l’ASEC Mimosas et de la Côte d’Ivoire sportive.
Je me remémore notre dernière rencontre, à la PISAM, au début de son hospitalisation. Je lui avais rendu visite avec le président du CNACO, MESSOU Kouablan, et le rédacteur en chef du magazine MIMOSAS-LES ENFANTS S’AMUSENT, KONÉ Ismaël, pour lui exprimer le soutien de l’ASEC Mimosas.
Il m’avait accueilli d’un tonitruant « YACÉ, félicitations pour ton arrivée fracassante ». Il avait commenté ensuite l’actualité de l’ASEC Mimosas en nous confiant son souhait de voir son club de cœur renouveler son effectif, pour être plus efficace dans la reconquête du titre de champion de Côte d’Ivoire. Pour finir, il avait eu cette phrase qui prend aujourd’hui tout son sens : « Les jeunes, j’ai fini mon temps, je suis sur le chemin… C’est à vous maintenant de continuer l’œuvre. »
Je rappelle ces paroles pour mettre en relief un trait qui a caractérisé de tout temps Laurent Pokou, son attachement profond à l’ASEC Mimosas. Il a aimé ce club, cette famille, avec une passion frappée au coin d’une constance remarquable. Il a aimé l’ASEC Mimosas jusqu’au bout, jusqu’au dernier jour.
Dans l’histoire de l’ASEC Mimosas, Laurent Pokou occupait et continuera d’occuper une place à part. Il fait partie des rares élus qui ont servi le club en tant que joueur, entraîneur et conseiller des équipes dirigeantes. Il a traversé le temps avec son club et a fini par faire partie du patrimoine historique de l’ASEC Mimosas.
Pour lui rendre hommage, de son vivant, et rappeler son apport à la construction de l’ASEC Mimosas, le Président du Conseil d’Administration, Me Roger OUEGNIN, avait pris en 2006, une décision dont nous mesurons tous aujourd’hui la pertinence. Il avait baptisé le terrain principal de Sol Béni du nom de Laurent Pokou. C’était déjà l’expression de la reconnaissance de l’œuvre de Laurent Pokou et une invitation à suivre son exemple pour les joueurs appelés à s’entraîner sur ce terrain. C’était aussi une façon de faire vivre son esprit en permanence à Sol Béni, comme pour lui demander de veiller sur ses successeurs et de les inspirer.
Tous ces rappels doivent nous conduire à nous interroger sur ce que nous devons faire, chacun à notre tour, pour honorer la mémoire de notre illustre disparu. Je crois qu’il n’y a pas mille réponses possibles à cette interpellation. Je n’en vois qu’une en réalité : l’union, l’union sacrée de tous ceux qui aiment et qui vivent l’ASEC Mimosas.

L’union a été le moteur qui nous a permis de remporter nos plus belles victoires. Il n’y a pas d’autre recette pour nous aider aujourd’hui à renouer avec notre histoire glorieuse. C’est dans l’union que nous pourrons relever les défis dressés aujourd’hui devant l’ASEC Mimosas. C’est dans l’union que nous ferons régner dans la famille ASEC Mimosas la confiance et la convivialité qui sont le socle des succès recherchés. C’est dans l’union que nous rendrons éternel l’ASEC Mimosas, dans le droit fil des accomplissements réussis pour ce club par l’inoubliable Laurent Pokou. C’est dans l’union qu’en un mot, nous nous montrerons dignes de l’héritage sportif et humain de cet immense footballeur africain.
Cet appel à l’union, j’avais choisi de le lancer à notre famille avant le début du championnat national. C’est à dessein que je l’ai maintenu, alors que la disparition de Laurent Pokou s’imposait comme le sujet naturel de cet éditorial. Pourquoi ? Il me semble qu’en s’éteignant une semaine avant le premier match de la saison, Laurent Pokou lui-même nous lance un message qui n’est autre que celui du rassemblement des filles et des fils de l’ASEC Mimosas, pour lui rendre en chœur un hommage mérité.
Eh bien ce rassemblement de toutes les composantes de l’ASEC Mimosas devra se poursuivre tout au long de la saison. Il n’y a pas de meilleur hommage à Laurent Pokou que la reconquête du titre de champion de Côte d’Ivoire, dans l’union que son adieu nous permet dç e vivre déjà. C’est ainsi que nous réaliserons le souhait qu’il m’a confié avant de nous quitter.
Je ne doute pas que de là où il est maintenant, Laurent Pokou veillera sur nous et saura nous guider. Un empereur nous a quittés. Que tous ceux qui l’ont aimé et ont partagé sa passion de l’ASEC Mimosas entendent son appel. Le rayonnement de notre bien commun, l’ASEC Mimosas, nous impose de pratiquer l’union sacrée. C’est ce que nous commande également la terrible nouvelle de la disparition de Laurent Pokou.

Par Léonce YACE-Président Délégué de l’ASEC Mimosas.

Extrait de AM 1300 du 17 novembre 2016

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