IMPOSSIBLE N’EST PAS ASEC !

« Impossible n’est pas ASEC » : il pourrait s’agir du slogan d’une campagne de mobilisation du CNACO ou encore du titre d’une nouvelle chanson de Gadji Celi pour le club dont il a été le capitaine pendant quatre années, mais il n’en est rien. Il s’agit plutôt de l’un des enseignements, tirés par Philippe TROUSSIER, de l’exploit historique réalisé par son équipe victorieuse de l’ASANTE KOTOKO de Kumasi, le dimanche 20 septembre 1992. Il l’a rappelé dans une interview pleine d’émotion, parue dans le magazine Mimosas de la semaine dernière.

Impossible n’est pas ASEC. À la lecture de cette affirmation du «sorcier blanc», je me suis interrogé sur son fondement et sa pertinence, et ce sont les résultats de ce questionnement que je souhaite partager avec vous ici.

Pour commencer, il faut se souvenir qu’à l’arrivée de Philippe TROUSSIER en 1989, l’ASEC était habitué aux lots de consolation dans les compétitions nationales et ne brillait pas davantage dans les compétitions africaines. Battre le grand rival, l’AFRICA SPORTS d’Abidjan, et être champion de Côte d’Ivoire relevaient alors d’une mission impossible. L’équipe de Philippe TROUSSIER a remis l’ASEC MIMOSAS à la première place du championnat national, avec en sus un record d’invincibilité et de belles victoires dans les derbys de Côte d’Ivoire. Ce nouvel élan s’est étendu à la coupe d’Afrique des Clubs Champions, compétition dans laquelle l’équipe de TROUSSIER a remporté des victoires marquantes, dont la plus mémorable reste la qualification contre l’ASANTE KOTOKO de Kumasi. Le même élan s’est poursuivi après le départ de TROUSSIER et a permis à l’ASEC de collectionner les titres de champion de Côte d’Ivoire, avant de gagner la Ligue des Champions de la CAF en 1998. En se basant sur ces données sportives, il n’est pas faux d’affirmer qu’impossible n’est pas ASEC.

Cette affirmation se vérifie également au plan de la gouvernance. En effet, autrefois habitué aux changements fréquents d’équipes dirigeantes et aux putschs de toutes sortes, l’ASEC est aujourd’hui un club à la stabilité remarquable, reconnue de tous. Alors qu’il lui était impossible de travailler sur le long terme, l’ASEC est aujourd’hui doté de règles de gouvernance et d’organes de décision et de direction, qui lui garantissent la stabilité propice à la conduite de ses grands projets. Il suffit d’observer les crises qui minent certains acteurs du football ivoirien pour réaliser que, dans ce domaine aussi, l’ASEC a fait la preuve qu’impossible n’est pas ASEC.

Un dernier point a fini de me convaincre de la justesse de l’affirmation de Philippe TROUSSIER. Il concerne l’Académie MimoSifcom. Quand le PCA, Me Roger OUEGNIN, a exposé ce projet en 1994, bien des observateurs l’ont pris pour un vendeur d’illusions. La victoire de l’ASEC en super coupe d’Afrique en 1999, avec une équipe exclusivement composée des jeunes de la première promotion de l’Académie, lui a donné raison. Quand des difficultés relationnelles ont ébranlé l’édifice de l’Académie, certains ont pensé que les illusions rattrapaient celui qui les avait vendues. Avec patience et doigté, Me OUEGNIN a remis l’Académie dans le bon chemin. Pour s’en rendre compte, il faut s’intéresser à la composition de la dernière sélection cadette ivoirienne qui comprenait sept joueurs titulaires issus de l’Académie MimoSifcom. Après 22 ans, l’Académie demeure un centre de formation au savoir-faire intact. Ce qui était un doux rêve en 1994, une entreprise impossible à réussir, est devenu une réalité à Sol Béni, sous la conduite de Me OUEGNIN. Je ne saurais passer sous silence le fait que le club nomade, sans domicile fixe, qu’était l’ASEC est devenu le seul club ivoirien disposant d’un centre d’entraînement moderne et qui s’apprête à se doter d’un deuxième complexe sportif baptisé GBORO GBATA. Là aussi, la preuve est faite qu’impossible n’est pas ASEC.

À l’aube de la saison 2016-2017, et alors que le titre de champion de Côte d’Ivoire fuit l’ASEC MIMOSAS depuis six ans, les actionnaires s’interrogent et se demandent comment l’ASEC compte s’y prendre pour retrouver sa place de leader incontesté. Je veux les inviter à méditer l’affirmation de TROUSSIER et à se souvenir qu’impossible n’est pas ASEC. Et puisqu’ils se demandent pourquoi ce qui n’a pas marché depuis six ans devrait permettre à l’ASEC de renouer avec le succès cette saison, je suis tenté de leur confier que le secret du succès à venir est la persévérance, cette vertu dont Léon Trotsky disait qu’elle est « ce qui rend l’impossible possible, le possible probable et le probable réalisé ».

Je voudrais terminer en vous confiant ma conviction que la saison 2016-2017 sera celle de la reconquête de tous nos titres. Parce que, justement, impossible n’est pas ASEC.

Par Léonce YACE Président-Délégué de l’ASEC Mimosas

Extrait  du N°1298 du Mimosas Magazine paru le jeudi 3 novembre 2016