Le premier sacre africain de l’ASEC Mimosas

Chaque lundi, ASEC.CI vous fait revivre  une date mémorable de l'histoire de l'ASEC Mimosas. Cette semaine, notre rubrique retro nous replonge dans la coupe UFOA, en 1990 à travers le témoignage de KASSY Kouadio Lucien, le buteur providentiel de cette finale retour.

Le dimanche 7 octobre 1990 est une date historique pour l’ASEC Mimosas. Malgré sa grande popularité, le club « maudit » à l’époque était le seul des 4 grands d’Abidjan (ASEC Mimosas, Africa Sports, Stade d’Abidjan et Stella Club) qui n’avait pas encore remporté une compétition africaine voire régionale. Mais ce dimanche 7 octobre 1990, au Stade Omnisports Modibo KEITA, face aux Rouges du Djoliba AC, à Bamako, en finale de la Coupe de l’Union des Fédérations Ouest-Africaines (UFOA), le club jaune et noir allait vaincre le signe indien et remporter son premier trophée international. Après l’avoir emporté (1-0), au match aller, au Stade FHB, le samedi 15 septembre 1990, grâce à un but de son latéral droit SORO Lohognon Jean, l’équipe de l’ASEC Mimosas est allée arracher le match nul (1-1) et le trophée au Djoliba AC au match retour, à Bamako, grâce à un but de KASSY Kouadio Lucien. Le club jaune et noir devenait ainsi le vainqueur de la 14e et dernière édition de la Coupe UFOA. 

KASSY Kouadio Lucien se souvient

Comment avez-vous vécu la finale retour de la Coupe UFOA, en 1990, contre le Djoliba AC, à Bamako ?

Ce fut une finale retour très difficile, dans une ambiance électrique. Le vendredi 5 octobre, le jour de notre arrivée, nous avons eu notre premier entraînement au Stade Omnisports Modibo KEITA de Bamako. Après la séance, les supporters du Djoliba nous ont agressés, puis ils ont caillassé notre car, brisant toutes les vitres, blessant le Président Francis OUEGNIN, notre coéquipier Dan Forster KODJO, l’entraîneur-adjoint Eustache MANGLE et le masseur SOUMAH Boukary dit Soko. C’était effrayant. Le lendemain, nous avons pu nous entraîner sous la surveillance des forces de l’ordre maliennes. Le jour du match, quand le Djoliba a ouvert la marque, nous avons continué à croire en nous. Nous avons dominé physiquement, techniquement et tactiquement les Maliens. Après mon but égalisateur, les supporters du Djoliba nous ont encore lapidés. L’arbitre a dû interrompre la partie un moment. Après le match, les violences des supporters maliens ont redoublé. Il n’était pas bon de disputer cette finale, ce jour-là, à Bamako, mais nous avions une équipe de commandos. Nous avons tout bravé pour remporter ce trophée.

 Quelles sont les qualités qui vous avaient permis de faire la différence ?

Nous étions, comme je vous l’ai dit, une équipe de commandos. Nous jouions ensemble depuis une dizaine d’années. Nous nous retrouvions sur le terrain même en ayant les yeux fermés. Nous étions des joueurs expérimentés, talentueux, techniques, physiques, combatifs, solidaires, disciplinés tactiquement et mentalement forts. Et puis, je n’oublierai pas les discours motivants du Président Roger OUEGNIN avant et pendant cette finale retour. Nous avions une grande équipe. C’est d’ailleurs la majorité des joueurs de ce groupe qui avait remporté ensuite la CAN 1992, à Dakar.

 

 

 

– Peux-tu nous décrire le but décisif que tu marques ce jour-là et ce que tu as retenu de cette finale retour ?

– Je reçois une balle de notre capitaine GADJI Céli sur le côté gauche. Je fais un une-deux avec BASSOLE Michel pour me défaire de mon vis-à-vis. BASSOLE me redonne la balle. J’entre dans la surface de réparation. Je fonce sur le gardien de but adverse. Comme je suis excentré, il pense que je vais faire un retrait à TRAORE Abdoulaye Ben Badi. Il ouvre l’angle. Je frappe puissamment au premier poteau et j’égalise. Nous arrachons le match nul qui nous permet de remporter cette coupe. J’étais fier et heureux d’avoir offert ce trophée à la Côte d’Ivoire et aux Actionnaires. Surtout que le Stade d’Abidjan, l’Africa Sports et le Stella Club avaient déjà remporté ce trophée. L’ASEC Mimosas venait d’inscrire son nom au palmarès de la Coupe UFOA. Je n’oublierai jamais la joie que nous avons procurée aux Actionnaires, ce jour-là. A notre retour à Abidjan, c’était fabuleux. Il y avait la joie et la ferveur partout. Les Actionnaires s’étaient rendus très nombreux à l’aéroport pour nous accueillir et ils nous ont accompagnés à nos domiciles respectifs. J’aimerais que les jeunes d’aujourd’hui vivent cette ambiance pour savoir ce que représente réellement l’ASEC Mimosas dans ce pays.

 

Propos recueillis par

KONE Ismaël.

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